Homélie du dimanche 05 Janvier, Fête d'Epiphanie PDF Imprimer Email
Année 2020

Permettez-moi de commencer cette homélie par une sorte de révélation ou une vérité qui pourrait, peut-être ou certainement, choquer plus d'un parmi nous. Mais rassurez-vous...
Mon intention n'est nullement d'offusquer ni de blesser quelqu'un dans un tel lieu-dit « lieu de prière, de convivialité et de paix ! ». Non, je souhaite simplement vous inviter à regarder la réalité en face. Lorsque l'on emploie le mot « Catholique », nous pensons immédiatement à notre Église catholique. Je crois que nous sommes d'accord là-dessus, n'est-ce pas ? Et pourtant le mot « catholique » n'est pas le seul monopole de notre Église ni celui de ses membres. En fait, le mot catholique signifie « Universel » et par conséquent, il concerne tout le monde, toute l'humanité, nous y compris, bien sûr ! Mais aussi tous les autres qui ne sont pas comme nous, ceux et celles que nous connaissons, mais aussi celles et ceux que ne nous connaissons pas.

Le récit des mages venus d'ailleurs, d'origines différentes, qui surprend tout le peuple d'Israël, en commençant par leur roi, en est la preuve. Le peuple d'Israël pensait tout maîtriser, tout comprendre de la révélation de Dieu, mais il a oublié que son Dieu, ce Dieu qui s'est révélé à lui est un Dieu universel, c'est-à-dire un Dieu de toutes les nations, pas seulement de la seule nation d'Israël. Il est un Dieu qui se montre aussi ailleurs au-delà de leurs frontières. Saint Paul le dit dans son épitre aux éphésiens. Pour lui, le mystère de Dieu révélé à Jésus Christ, c'est que tous les hommes, non seulement les juifs, mais les hommes et les femmes de toute race, de toute nation, de toute religion, sont héritiers de la même promesse de Dieu, reçoivent le même héritage, c'est-à-dire qu'ils sont invités à devenir fils de Dieu. Ils sont tous invités à devenir fils de Dieu, et ils peuvent tous le devenir. C'est simple. Dieu aime tous les hommes ; tous participent au même héritage des fils de Dieu des fils de Dieu, pour autant qu'ils le désirent.

En fait, c'est dans le même sens qu'il faut comprendre l'histoire des mages décrite par Mathieu. Il a sûrement constaté à cette époque que, dans leur grande majorité, ses compatriotes juifs refusent de croire au Christ. En revanche, des païens arrivent de toute part et demandent à connaître Jésus.  Au départ, ces gens pratiquaient le culte des divinités astrales. Ils lisent dans le ciel l'avenir des individus et des nations. Ils viennent annoncer aux juifs qui, eux, attendaient le Messie depuis des siècles, que ce Messie est né. Des païens donc qui viennent annoncer cela aux juifs. On peut imaginer la stupéfaction des juifs en entendant pareille annonce ! Ces mages païens sont venus dans la capitale Jérusalem dans l'espoir d'y trouver le roi des juifs, voilà qu'ils sortent très rapidement de Jérusalem, parce qu'elle n'est plus le centre de la vraie foi ! Le roi, le Messie qu'ils recherchent se trouve dans une humble étable perdue dans un petit village. Ce petit village est, en réalité, une petite Église primitive, très pauvre comme le village de Bethléem. Et pourtant, c'est bien là qu'ils vont rencontrer le Sauveur du monde.

La fête de l'Épiphanie, c'est la fête de l'Église catholique au sens propre du terme, c'est-à-dire de l'Église universelle. C'est la fête de l'universalité de l'Église. C'est notre fête à tous, c'est la fête de chacun de nous. Notre foi est cette étoile, notre étoile qui nous guide vers la présence de Dieu en nos vies. Cette présence qui nous conduit, nous éclaire, nous interpelle et nous donne les moyens de discerner les signes du temps pour lire  et comprendre la volonté de Dieu dans notre existence et dans le monde d'aujourd'hui.

C'est notre étoile à toutes et tous qui, en ce jour,  nous  fait déplacer et nous a amené en ce lieu pour fêter ensemble la manifestation de Dieu et son salut apporté à toutes les nations. Installés parfois dans nos habitudes et nos certitudes, nous sommes invités à nous convertir, à lire les écritures et à oser repartir sur d'autres chemins, guidés par notre étoile, pour rencontrer le vrai Messie et l'adorer en vérité et en esprit.

Doyen Wenceslas MUNGIMUR.