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Homélie du dimanche 18 Août. 20ème semaine du temps ordinaire. PDF Imprimer Email
Année 2019

À entendre les paroles de Jésus dans l'évangile d'aujourd'hui, on pourrait croire que Jésus est un homme de violence ou un instigateur de  violence. Et pourtant, à travers toute sa mission et au travers de ses actes, il demeure profondément un homme de paix. Mais pourquoi donc utilise-t-il un tel langage terrifiant ? Pourquoi parle-t-il avec un ton aussi dur ? Avant d'aller plus loin, commençons d'abord par comprendre que le feu dont il parle symbolise à la fois l'Esprit-Saint, l'amour et la purification. Et quand Jésus parle d'un baptême qu'il recevoir, il parle de sa propre passion. Et le glaive qu'il utilise désigne la Parole de Dieu qui est efficace et plus incisive, comme un couteau à double tranchant, qui pénètre jusqu'au point de division de l'âme et de l'esprit.

Jésus veut nous apporter la paix, mais il sait que le chemin pour l'atteindre n'est pas facile...Il suffit de regarder sa propre vie pour s'en convaincre. En parlant du feu qu'il est venu apporter, alors qu'en réalité il n'est venu apporter que la paix, Jésus fait le constat  de sa propre expérience : lui-même divise, malgré son message d'amour universel. C'est un constat amer qu'il fait, auquel il ne devait peut être pas s'attendre. Alors fidèle à sa façon d'être, il dit la vérité, même si celle-ci peut faire mal, Il dit ce qu'il a au fond du cœur, tout simplement, peut-être pour bousculer, faire réagir ses auditeurs....

Et nous qui sommes à sa suite, notre chemin vers la paix et nos décisions personnelles sont souvent marqués par des moments de lutte, en nous et autour de nous. Même ceux qui sont proches et familiers ne nous comprennent pas toujours et nous rejettent parfois.

Pour bien comprendre cela, revenons sur le cas de Jérémie dans la première lecture. Il a une mission difficile qui consiste à dénoncer les exactions des princes d'Israël, à leur dire la vérité, même au prix de déranger leur projet d'alliance avec le roi de Babylone. Il va, pour cela, être persécuté et menacé d'être éliminé. Jérémie, lui, doit son salut à un étranger, un éthiopien, Ébed-Mélek, haut dignitaire de la cour royale. C'est lui qui montrera au roi que le fait d'autoriser la mort de Jérémie est un mal, comme si le roi ne voyait plus le mal autour de lui, peut-être parce qu'il était courant et normal de tuer les personnes qui dérangeaient à cette époque.

On peut dire que cet étranger joue un rôle d'éclaireur auprès du roi : il lui ouvre les yeux et du coup, permet à Jérémie d'avoir la vie sauve et de préserver la vie du roi par la suite. On peut dire que la vie l'a emporté grâce à une parole de vérité et au courage de la prononcer. Car il ne devait pas être évident pour un étranger de s'opposer au roi d'Israël. Comme quoi une parole de vérité, lorsqu'elle est prononcée, permet de sortir de la vase de l'ambiguïté, du gouffre de la nuit et de la boue que sont nos aveuglements dans lesquels on risque de s'enfoncer.

Nous pouvons voir dans Jérémie, comme dans beaucoup d'autres prophètes de l'Ancien Testament, les lanceurs d'alerte d'aujourd'hui un peu partout dans le monde. Eux aussi, comme Jérémie, sont souvent écartés parce qu'ils osent dire la vérité qui dérange. ..

Voilà la lecture d'aujourd'hui est pour nous une grande interpellation par rapport à l'authenticité de notre foi, à la sincérité de nos engagements respectifs vis-à-vis de la vérité de l'évangile face à nos prises de position dans beaucoup de sujets qui concerne notre société. À chacun de bien méditer au fond de lui-même ...

Doyen Wenceslas Mungimur.