Le nouveau vitrail de St Martin : "Matin de Pâques"

Essai d'interprétation

Donnons-nous la peine de nous avancer vers le chœur de l'église et retournons-nous pour avoir une vue d'ensemble du vitrail. Le regard est ébloui par la magnificence de l'œuvre et par le chatoiement des couleurs. Le vitrail est non-figuratif et laisse à chacun la liberté d'interprétation qui lui convient.

Essayons de le détailler quelque peu et laissons le regard le parcourir de bas en haut.

Le bas du vitrail frappe d'abord par son bleu nuit, qui forme une masse énorme et occupe toute la surface du bas. Il évoque dans mon esprit le monde des abysses, avec des ondulations qui font penser à des courants sous-marins.  Serait-ce le monde des enfers, dont il est question dans le credo chrétien ?

Ou encore les ténèbres de la nuit profonde après la mort en croix du Christ ?

On sent très bien que ce bleu traduit quelque chose d'inquiétant, qui a de quoi faire frémir.

Il faut distinguer dans cette masse deux zones :

-        celle du dessous, d'un bleu profond, avec au centre une tache multicolore qu'il me paraît difficile d'interpréter. Cette zone est soulignée d'une bande rouge qui fait le lien avec les bandes rouges latérales et semble encadrer tout le tableau.

-        celle du dessus, avec déjà des tons d'un bleu plus clair, où apparaît au centre une tache verte qui tranche sur le bleu. Signe d'espoir ? Évocation du tombeau où repose un corps dans une mort qui n'est que provisoire ?

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Homélie du 21 juillet 2019 PDF Imprimer Email
Année 2019

Homélie 16e dimanche ordinaire, année C

Frères et sœurs, l'accueil, l'hospitalité sont au cœur de notre méditation de ce dimanche. Nous connaissons bien l'importance de cette attitude qui traduit notre amour pour les autres, les plus pauvres ou l'étranger de passage. Il est question aussi d'écoute, cette marque de respect de l'autre qui lui donne toute sa place. Abraham offre l'hospitalité à Dieu lui-même qui se présente sous les traits de trois voyageurs étrangers. Dans l'Évangile, c'est Jésus qui s'invite chez Marthe et Marie, dans leur maison de Béthanie. Dans les deux cas, c'est Dieu lui-même qui rend visite à l'humanité, que ce soit au chêne de Mambré ou à Béthanie, la visite est une source de bénédiction, et l'hospitalité procure autant de bienfaits.

Comme par le passé, l'accueil reste un enjeu majeur de nos sociétés où les gens sont en perpétuel mouvement, en constants déplacements. L'accueil, c'est comme le miroir d'une personne, d'une société, d'un pays, d'un monde. En effet, c'est la qualité de l'accueil qui fait la beauté ou non, l'attractivité ou non d'une personne, d'une région, d'une société, d'un pays.

L'accueil, ce n'est pas seulement les structures dans lesquelles vous êtes accueillis, c'est aussi et surtout les personnes qui vous accueillent. On n'est pas seulement accueilli par des maisons, mais aussi par des regards, des comportements, des cœurs...

Frères et sœurs, l'hospitalité, la vertu de l'accueil de l'autre a-t-elle encore aujourd'hui un sens dans notre monde, dans notre culture, dans notre pays, dans nos familles ? Quand on voit à ce qui se passe dans notre monde, en occurrence, avec la crise migratoire, il y'a de quoi s'interroger. On a l'impression que l'hospitalité se vend de plus en plus aujourd'hui. Elle est en perte de vitesse où tout se mesure en calculs économiques et financiers. L'hospitalité est plus fréquente chez les plus démunis, ceux qui ont tout juste le minimum pour vivre, que chez ceux qui possèdent tout, en surabondance. L'hospitalité a pris un nouveau visage : l'hostilité. On refuse de recevoir, d'accueillir comme il se doit. Cette tentation de bien s'installer, d'organiser, d'occuper les espaces pour mieux les marquer de nos empruntes demeure si bien que les plus vulnérables trouvent difficilement leur place.

Frères et sœurs, ne sommes-nous pas invités à la conversion ? À un changement de comportement, de mentalité dans notre façon de concevoir l'accueil ou l'hospitalité ? Une chose est certaine, le Seigneur passe et souhaite nous visiter. Quel accueil lui réservons-nous ? Serons-nous serviteurs fidèles, comme Abraham? L'essentiel sera de ne pas lâcher la meilleure part. L'apôtre Paul écrit aux Colossiens : « Le Christ est au milieu de vous, lui, l'espérance de la gloire ! » Il nous faut l'accueillir comme il se doit, dans l'action et la contemplation, sans se préoccuper de se faire valoir ni dans l'une ni dans l'autre.  L'accueil du Seigneur comporte inévitablement une part d'écoute du message d'amour qu'il nous confie pour le mettre en pratique. La foi se vérifie aux actions qu'elle engendre. L'hospitalité nous met donc dans une posture spirituelle. L'auteur de l'épître aux Hébreux dit : « Aimez vos frères. Sachez recevoir les autres, vous savez que certains ont ainsi reçu des anges sans s'en douter. » (He 13, 1-2) Qui aime son frère, sa sœur, les reçoit bien, se met à leur service, à leur écoute, leur ouvre la porte de sa maison, de son cœur, de ses mains, se fait solidaire en leur partageant ce qu'il est, ce qu'il a, a reçu une grâce inestimable, un ange de Dieu. Comprenons bien que l'hospitalité est une révélation de la présence de Dieu et de son amour pour nous. Toute visite vécue dans le sens de l'amitié, de partage, de fraternité est une bénédiction de Dieu. Si nous sommes venus à l'église, c'est justement pour apprendre à accueillir, à aimer et à servir à la lumière de la Parole écoutée. Sommes-nous une Église qui accueille ? Adoptons l'attitude du disciple, imitant à notre tour Marie de Nazareth, la mère de Jésus, humble servante du Seigneur, disponible et attentive à la Parole de Dieu.

Quelle belle coïncidence avec ce jour de la fête nationale. Prions pour que la Belgique soit toujours cette terre d'accueil, ce pays hospitalier où bon vivre se fait sentir.

Que Marie, Notre Dame de l'hospitalité, celle qui a accueilli le Verbe fait chair, nous aide à comprendre ce que Jésus nous demande de faire.

Abbé Jean-Claude Bambele, vicaire, saint Martin, Arlon