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Homélie du dimanche 14 Juillet. 15ème semaine du temps ordinaire. PDF Imprimer Email
Année 2019

Frères et sœurs, notre Dieu, le Dieu que nous célébrons n'est pas une divinité invisible, cantonnée quelque part dans les cieux et insensible au devenir de l'humanité. À la différence, Il se fait proche, Il est dans nos cœurs, où sa Parole résonne et nous donne vie. Il est dans notre histoire, prenant un visage humain en Jésus Christ. Il est en tout homme, Il est en toute femme, notre prochain.

À l'exemple de Jésus, la liturgie de ce dimanche nous invite à vivre au quotidien l'amour et le service. Le moment est venu de témoigner, de donner corps et solidité à la Parole accueillie et annoncer l'Évangile en actes, afin que le monde croie.

Avec le bon samaritain, pour notre salut, s'ouvre une porte toute large, celle de la vie éternelle. Qui est mon prochain? demande le légiste. Mon prochain c'est chaque être humain avec qui je crée un lien fraternel, qui n'existait pas avant, sans distinction de proximité socio-géographique, de religion, de race, de parenté, de culture. Le samaritain, un étranger, se fait proche de l'homme blessé, tombé à terre. Il ne cherche pas à savoir si le blessé est juif ou non, compatriote ou étranger, migrant, ami ou ennemi. Il lui suffit d'ouvrir son cœur en présence d'un homme en difficulté pour s'approcher de lui, le relever et lui redonner la force de vivre.

Jésus invite le légiste à faire de même : «Fais ainsi, et tu auras la vie.» Faire vivre l'autre, l'inconnu c'est ce qui nous rend vivants, vraiment heureux. Enseigner la Loi, c'est bien; mais la vivre, c'est encore mieux.

Quelle bonne nouvelle pour notre humanité d'aujourd'hui ! Une bonne nouvelle qui contredit tout esprit de clanisme et de nationalisme étroit.

Derrière la figure du samaritain se profile le visage de Jésus, le visage de Celui qui a voulu se faire proche de tout homme, de toute femme. N'est-il pas, pour nous tous et toutes, l'étranger par excellence, celui qui vient d'ailleurs, de Dieu même? Il vient du Père, il se déplace pour nous rejoindre dans notre humanité blessée, se faire notre prochain, se charger de nos blessures, maladies, douleurs, péchés... par le don de sa vie. À travers les sacrements, signes qu'il nous donne, il se révèle comme notre thérapeute par excellence, versant sur nos plaies l'huile et le vin. L'auberge, où il accompagne le blessé, nous fait penser à celle d'Emmaüs où il a rompu le pain, cette auberge que symbolise l'Église où nous venons refaire force et reprendre courage chaque dimanche.

Plus encore, dans la posture de l'homme blessé, tombé à terre se cache le visage de Jésus abandonné, symbole de tout homme, de toute femme qui souffre, qui est abandonné au bord de la route. «J'ai eu faim, j'ai eu soif, j'étais nu...vous m'avez donné à manger, à boire, habillé...» Je suis blessé, abandonné dans le fossé et vous m'avez assumé, je suis crucifié, transpercé et vous avez tourné les yeux vers moi. Jésus s'identifie à toutes nos victimes, à tous les blessés de la vie quels qu'ils soient. Nous faisant prochains d'eux, nous nous faisons prochains de Jésus. Et aussi, c'est Jésus qui se fait proche de nous, nous faisant découvrir nos propres faiblesses et blessures, et surtout sa miséricorde. Il vient nous la faire partager.

Ainsi donc, si je demande à Jésus aujourd'hui: « Qui donc est mon prochain?», il me dira tout simplement: « À toi de décider du fond du cœur jusqu'où tu trouves bon de te faire proche.»

Frères et sœurs, à tous celles et à tous ceux qui, comme le légiste, cherchent le chemin de la vie, du bonheur, Jésus catéchise une route toute simple. La route qui descend de Jérusalem à Jéricho passe devant chez nous, c'est la route de notre travail, de nos responsabilités, de nos préoccupations quotidiennes, la route où cheminent les hommes, les femmes, les jeunes, les enfants, où se côtoient ceux et celles qui passent, qui sont blessés et tombés à terre. Suis-je, si souvent enclin à me dérober, à détourner les yeux et à passer outre, comme le prêtre et le lévite de l'Évangile, devant l'inertie d'une personne blessée ou en difficulté, et à oublier qu'elle ne peut rien peut-être sans mon aide, ma charité, mon service gratuit ?

Aujourd'hui, apprenons à nous arrêter et à donner un peu de notre temps. La vie éternelle n'est pas au bout de la route, elle est là, présente, parmi les hommes nos frères, parmi les femmes nos sœurs. C'est maintenant que nous pourrons aimer vraiment comme Jésus aime, d'un amour sans frontières.

« Va et fais de même. » L'amour, effectivement, est dans l'ordre du faire, de l'action et de l'être : en famille, dans un couple,  dans les multiples attentions, soins et services que l'on reçoit et rend à autrui.

Chaque fois qu'un bon samaritain se manifeste dans notre existence, chaque fois que nous nous montrons bons samaritains à l'égard d'autrui, tout particulièrement à l'égard d'inconnus qui sont dans le besoin, nous entrons dans la vie, nous vivons, nous sommes en vie, une vie plus forte que la mort. La vie éternelle est déjà en nous.

Abbé Jean-Claude Bambele, vicaire, saint Martin, Arlon.