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Homélie du dimanche 14 Octobre PDF Imprimer Email
Année 2018

Le contraire d'un peuple chrétien, a écrit Georges Bernanos, c'est un peuple triste. L'Evangile de ce dimanche m'invite à me poser la question : « Dieu, fait-il partie de mon bonheur ? Fait-il partie de mes choix, de mes valeurs et de mes raisons de vivre ?

Il faut reconnaître que les chrétiens, au cours de leur histoire, n'ont pas toujours donné l'impression de faire le rapprochement entre Dieu et le bonheur. Heureusement que quelques grandes figures emblématiques ont sauvé la mise et tout  « racheté » tel François d'Assise ou Thérèse d'Avila que nous fêtons en ce mois d'octobre ...ou encore Mère Térésa de Calcutta qui a marqué le 20ème siècle.
Combien de nos ainés ont entretenu avec Dieu une relation de peur jusqu'à penser que le bonheur sur cette terre (et notamment le plaisir) lui faisait injure !
Par ailleurs, la peur de l'enfer ne tenaille plus guère aujourd'hui les jeunes générations de chrétiens ! Pourtant, nos contemporains ne sont pas - loin s'en faut - plus réconciliés avec la conviction que Dieu est à la source de leur bonheur. Pour beaucoup, Dieu est perçu comme celui qui fait obstacle à ma liberté. Celui qui m'empêche de faire ce que je veux. Celui qui dérange nos idoles modernes.
Pas plus que le jeune homme riche de l'Evangile, nous n'aimons vendre nos possessions pour acquérir la Vie éternelle.
Mais regardons d'un peu plus près cette page d'Evangile. Que nous apprend-elle de Dieu ? Tout d'abord que Dieu aime cet homme gratuitement. Il aime sa démarche « authentique », la vérité simple de celui qui reconnaît « vivre tout cela depuis son enfance ». Il l'aime AVANT même sa réponse. « Il le regarda et il l'aima ». Ce regard amoureux de Jésus qui précède notre réponse...
Ensuite Jésus invite cet homme à prendre du recul par rapport à ses richesses, à prendre conscience de ses idoles, de ce qui l'enferme en lui-même.
Jésus propose de « vendre et de donner aux pauvres ». Ainsi, c'est en vivant le partage qu'on construit le monde et qu'on hérite de la vie éternelle, qu'on passe le chas de l'aiguille pour entrer au pays de l'amour où abondent, dès ici-bas, « maisons, frères, sœurs, mères, pères,... ». « Le bonheur du lâcher prise, de ne plus être esclave de l'avoir, du pouvoir et du paraître est, à la portée de tous, même des pire chameaux, puisque tout est possible à Dieu ». (cfr. M. Sauquet, La Vie, 9 octobre 2003) C'est un bonheur également partagé. La justice et le partage nous conduisent ainsi au pays d'un autre monde à créer et à accueillir autour de soi, décrispé de toute possession, de toute course insensée à l'argent et aux richesses qui met en péril la seule chose essentielle et éternelle de notre vie : aimer.
Faire comme tant d'autres avant nous cette découverte et cette expérience libératrices et génératrices de joie, voilà la proposition de Jésus que l'évangile nous rappelle ce dimanche.
La joie d'aimer et d'être aimé... c'est le bonheur du monde aujourd'hui.
Au soir de notre vie, ce sera un bonheur pour l'éternité !


Abbé, Jean-Marie JADOT.