Laurent Voulzy sera en  concert à St-Martin le jeudi 18 octobre (complet) et  le jeudi  8 novembre à 20h30.

Les billets sont en vente sur internet à la Fnac et   au Parc Music rue de la Poste à Arlon

Homélie du dimanche 07 octobre 2018 PDF Imprimer Email
Année 2018

Frères et sœurs, l'Évangile de Marc est une Bonne Nouvelle dans le but de nous amener à mieux comprendre et à connaître qui est Jésus. Lire Marc, c'est faire un itinéraire catéchétique, une marche à la suite de Jésus afin de devenir un annonceur de la Bonne Nouvelle du salut.
Ces derniers dimanches, Marc nous invite à suivre Jésus dans sa montée vers Jérusalem et nous l'écoutons nous parler sur l'importance du vivre ensemble comme ses disciples, comme chrétiens (es). Dans l'évangile de dimanche passé, Jésus nous demandait de n'exclure personne quel que soit son appartenance. À la logique d'exclusion, il substitue une logique d'inclusion. Aujourd'hui, l'évangile de Marc revient sur la question de l'exclusion, cette fois, sous l'angle des relations humaines, à travers la famille, le couple, les enfants. Encore une fois, Jésus se porte garant de la défense des exclus. Ma méditation de ce jour porte sur trois types d'exclusion.

En premier lieu, l'exclusion de l'homme et la femme. « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme? » (Mc 10,2). La question, telle qu'elle est posée pour piéger Jésus, fait montre d'injustice et d'inégalité entre l'homme et la femme, puisque seul l'homme a le droit sur sa femme et peut la répudier n'importe quand et pour n'importe quelle raison, surtout en matière d'adultère. Et la loi juive admettait cela. Aujourd'hui, on parle de l'infidélité comme la cause principale des divorces ou des séparations.
Comment expliquer la réponse de Jésus? « C'est en raison de votre endurcissement (sclérocardia, la sclérose du cœur) que Moïse a formulé cette loi. » Pour Jésus, l'amour est fondé sur la tendresse du cœur et non sur des liens de force. A l'opposé de la dureté du cœur, la tendresse construit et sauve l'amour. « Au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. » Jésus revient au commencement, parce que dans chaque histoire d'amour, il est bon de revenir à la source de l'amour. L'amour qui vient de Dieu est le moteur de l'humanité ; il est plus fort et ne peut se vivre que dans la réciprocité, la complémentarité, l'égalité de l'être humain qui est, à la fois, homme et femme (Ish et Isha), deux mots qui expriment la même réalité : côte-à-côte, vis-à-vis. La passion de Dieu, c'est le bon, le bonheur de l'être humain, car il l'aime et veut le faire entrer dans son projet d'amour, d'alliance avec l'humanité. L'amour qui unit un couple est comme le feu ardent. Si l'on ne veut pas qu'il s'éteigne, meure, il faut l'entretenir, le construire, le renouveler au jour le jour. D'où l'importance des gestes d'affection, de respect, de délicatesse, du dialogue, de fidélité, de confiance, de pardon, de miséricorde, de compassion, des cadeaux, des mots de tendresse. Dans une vie de famille, de couple, la souffrance ne manquera pas. Il n'existe pas d'amour sans souffrance, ni épreuve. Quand on aime vraiment, on accepte de courir toujours le risque de la souffrance. Et, c'est l'amour qui sauve, libère et guérit.
En deuxième lieu, l'exclusion des enfants. « On présentait à Jésus des enfants pour les lui faire toucher; mais les disciples les écartaient vivement. » Comme les femmes, les enfants aussi n'ont aucun droit. Raison pour laquelle Jésus se porte garant de leur défense. « Jésus se fâcha et leur dit : Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. » Les enfants sont donc présentés aux adultes comme modèles, non pas seulement à cause de leur douceur ou de leur innocence, mais surtout pour leurs pauvreté, petitesse, docilité, dépendance, relativement aux adultes qui en ont la responsabilité, l'éducation. En les embrasant et en leur imposant les mains, Jésus leur donne leur dignité et leur octroie la place qui leur revient dans le Royaume de Dieu. Tous les enfants, quelles que soient leurs conditions de naissance, sont tous des enfants de Dieu. Nous sommes invités à nous identifier à eux, car ils nous montrent le chemin du Royaume. Dans le Royaume, c'est la hiérarchie de l'amour qui compte et non celle de domination, de grandeur, d'exclusion.
En troisième lieu, l'exclusion pour l'aujourd'hui. Face à l'appel évangélique de Marc, comment actualiser la Parole de Dieu en touchant du doigt d'autres formes d'exclusion dans notre Église, dans notre société ? Si Jésus se porte garant de la défense des petits, des faibles, des marginaux, des laissés pour compte, des non-ayants droit à l'amour et à la tendresse de Dieu, que dire aujourd'hui sur les situations nouvelles que connaissent nos sociétés contemporaines? Tels que les familles monoparentales, recomposées, les mariages brisés, les couples divorcés et remariés, le mariage "multiculturel"... Ces réalités nouvelles peuvent-elles exprimer l'amour de Dieu pour l'humanité ? Dieu se reconnaît-il à travers elles ? Notre Église d'aujourd'hui est-elle plus ouverte, plus accueillante envers les minorités dont la dignité est bafouée ? Comme chrétiens, comme Église, nous devons répondre à ces questions, avec le même comportement de non-exclusion que le Jésus de l'évangile de Marc. Face aux problèmes de ses contemporains, Jésus n'a pas parlé en légaliste, en casuiste. Son regard de bonté vient de plus haut et va plus loin.
Je termine avec la lettre aux hébreux qui formule bien la dignité de tous les humains, disciples du Christ : « Car celui qui sanctifie, et ceux qui sont sanctifiés doivent tous avoir même origine ; pour cette raison, Jésus n'a pas honte de les appeler ses frères » (Hb 2,11). Oui, ils sont nos frères en Christ, selon le pape François. Qui que tu sois, importe peu. Dieu t'a fait ainsi et t'aime ainsi. Tu dois être heureux (e) de ce tu es. Qui suis-je pour juger, exclure ?
Frères et sœurs, comme disciples du Christ, luttons contre toute forme d'exclusion de l'être humain et soyons signes de la tendresse, de l'amour de Dieu dans nos familles et pour notre monde. Notre foi en Jésus s'appuie sur l'agapè, amour don de soi.
Le message de Jésus est encore aujourd'hui une Bonne Nouvelle pour toutes et tous. Réjouissons-nous.
Que Notre Dame du Rosaire intercède pour nous, pour nos familles afin qu'elles redécouvrent, malgré les doutes, les crises, la beauté et la grandeur de l'amour.

Abbé Jean-Claude BAMBELE, vicaire, Saint Martin, Arlon.