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Homélie du 22 juillet 2018 PDF Imprimer Email
Année 2018

16e Dimanche ordinaire B 2018

Trois idées maîtresses traversent les lectures de ce dimanche. La première se trouve dans le livre de Jérémie et est en lien direct avec une deuxième idée reprise dans l'évangile. Ces deux idées ont également une liaison avec une troisième reprise dans la lettre de Saint Paul aux Ephésiens.

Dans la première lecture, le prophète Jérémie fait un bilan lucide de la situation à un moment crucial où le peuple se trouve en déportation à Babylone. Les rois, les notables, les chefs religieux, tous ceux qui avaient mission de guider le peuple ont failli à leur tâche. Ils se sont conduits comme des mauvais bergers. Et le prophète annonce de la part de Dieu qu'un jour viendra où le troupeau sera de nouveau rassemblé et, sous la conduite d'un vrai berger, il reviendra habiter la terre d'Israël.

Dans l'évangile, ce vrai berger, dont la venue est attendue par tout Israël durant des siècles ; c'est Jésus. Celui-ci a dû assister à toutes ces misères de son peuple ; il a dû avoir de la compassion pour son peuple, qui était comme des brebis sans berger...Lui qui était si proche de ce peuple, qui partageait sa vie quotidienne, qui côtoyait régulièrement son écrasement par l'occupant...Une population qui se trouvait dans une situation économique et politique lamentable. Même les chefs religieux pratiquaient la collaboration avec l'occupant et la situation religieuse était si lamentable, parce que les gens étaient écrasés par des obligations mesquines d'une loi qui, à l'origine, devait en faire des hommes libres.

Jésus a réagi mais pas - il aurait pu - de façon musclée pour dénoncer toutes ces situations et se dresser, avec toute son équipe,  en un libérateur de son peuple en refusant le pouvoir temporel. Mais, au contraire et bien sûr comme rédempteur, il adopte  une stratégie de repli. Après les avoir envoyés en mission, Jésus invite ses disciples à prendre du recul et à se reposer, loin de la foule. Mais celle-ci, à la recherche sûrement d'un libérateur, s'est mise à les suivre. Les gens venaient de partout, dit l'évangéliste... Les disciples ont besoin de repos, mais la foule ne leur donne pas ce temps-là, parce qu'elle est là comme un troupeau sans berger. Et Jésus pris de pitié, invite les disciples à se mettre au travail, lui qui auparavant avait compassion d'eux. Maintenant, c'est vers la foule qu'il doit se tourner. Elle est en manque de bonnes nouvelles, de repères et de sens à donner à leur vie.

Jésus comprend d'une part que la moisson est abondante, le travail est énorme et d'autre part, il sait qu'il est nécessaire de former ses disciples à cette tâche, une formation humaine en ce temps (avec des temps de repos) de vacances, mais aussi une formation d'intériorité et de spiritualité profondes et authentiques. Cette formation est indispensable avant qu'ils ne commencent à instruire cette foule qui les suit partout, parce qu'elle a besoin de la bonne Parole, de la Bonne Nouvelle. C'est fort de ce ressourcement nécessaire que les disciples sauront discerner les besoins et l'urgence de leur mission C'est aussi fort de cette formation qu'ils pourront être des disciples selon le cœur et la volonté du Maître en étant des vrais bergers qui mènent les brebis vers un très bon pâturage.

Nous vivons aujourd'hui les mêmes réalités que celles du temps de Jérémie, du temps de Jésus. Des bergers discutables et douteux pour une humanité de plus en plus dispersée, divisée et malheureuse..., des idéologies qui n'aident toujours pas les gens à trouver un sens à leur vie ni à suivre une bonne voie, mais qui engendrent des guerres meurtrières, des oppressions des peuples. C'est à ces hommes que le Christ s'adresse aujourd'hui, à vous, à moi.... Hier comme maintenant encore, il est saisi de pitié pour notre monde. Il veut que nous puissions, nous aussi, à l'exemple des disciples, prendre du recul, nous retirer pour nous ressourcer. Il veut nous instruire longuement par sa Parole qui est toujours là à notre disposition, comme une alternative, une autre voie et une critique radicale de toutes les idéologies dominatrices. Sa Parole aide à remettre en question tout ce qui dresse l'homme contre l'homme. Comme dit saint Paul, nous qui étions autrefois loin, nous sommes devenus proches par le sang du Christ. C'est lui le Christ qui est notre salut, notre paix. Il veut que nous soyons debout pour dire non à tous les totalitarismes et clamer haut et fort que l'homme est premier et que là est la seule chance de salut pour notre monde. Son message suscite également et encore de nombreuses solidarités nouvelles que nous devons soutenir.

Wenceslas Mungimur