Mgr Warin, nouvel évêque du diocèse de Namur-Luxembourg

Ce mercredi matin, le Vatican a rendu public le nom du 31e évêque du diocèse de Namur.

Le pape François a désigné, pour succéder à Mgr Rémy Vancottem, Mgr Pierre Warin. Le cardinal De Kesel président de la Conférence épiscopale s'est fait le porte-parole du Vatican en présentant, à la presse, Mgr Warin.

C'est le dimanche 30 juin prochain, à 15h, que Mgr Pierre Warin sera installé comme évêque de Namur en la cathédrale Saint-Aubain. Nous y reviendrons.

Pour plus de renseignements relatifs à cette actualité, consultez le site internet du diocèse (www.diocesedenamur.be) ainsi que la page Facebook (www.facebook.com/catholique.namur).


Homélie du dimanche 8 juillet 2018 PDF Imprimer Email
Année 2018

On disait de lui : « N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie ? », un constat qui laisse transparaître une certaine déception ; on s'était fait une autre idée du Messie attendu depuis des siècles !  Certes, l'homme de Nazareth est rempli de sagesse, il parle au nom de Dieu, il accomplit des gestes étonnants ... mais il n'est que charpentier ! « Ce n'est quand même qu'un ouvrier de chez nous !  Ses parents, on les connaît bien, ce sont des petites gens du pays ! »  Dans la tête des concitoyens de Jésus, c'est difficile de mettre ensemble un charpentier et un envoyé de Dieu !

Oh ! Il n'est pas le premier en Israël à qui cela arrive : Amos, le vacher en a entendu pour son compte le jour où il a quitté son troupeau de vaches pour aller faire la leçon aux possédants et aux nantis !  Même qu'il avait osé leur dire que leur Dieu était du côté de leurs ouvriers exploités !  Et Jérémie, qui ne fut guère mieux accueilli ... !  Et cela a continué : Paul, le persécuteur des chrétiens.  Méfions-nous de lui disaient certains !  C'est lui, pourtant, qui a compris avec le plus d'intensité la force déroutante du message de Jésus, exprimé dans la béatitude : « Heureux les pauvres de cœur ! »  Qui de nous oserait dire à son enfant où à un ami : « Je te souhaite d'être pauvre ! » ?  Dans l'émouvant passage de la lettre aux Corinthiens que nous venons d'entendre en deuxième lecture, Paul écrit : « C'est lorsque je suis faible que je suis fort ! »

L'écharde dans sa chair dont il parle avec pudeur sans s'appesantir sur les détails, c'est, selon lui, sa chance pour ne pas basculer dans l'orgueil, l'intolérance, les jugements sans appel.

Ce que nous dit l'apôtre Paul à la suite de Jésus est une vérité déconcertante et, avons-le, pas toujours facile à assumer : notre fragilité reconnue et acceptée est notre garantie pour rester disponibles au message d'amour proposé par Jésus.  Nos limites personnelles, nos faiblesses à chacun - qu'elles soient de santé, affectives, caractérielles, morales, matérielles... -, au dire de l'Evangile, peuvent être notre chance, notre salut pour faire le saut de la foi et aussi de comprendre les autres, ne pas les juger et accepter leurs propres fragilités.  « Le riche », « le parfait », « le sûr de lui », « celui qui a tout »... au fond, n'a pas besoin des autres, il n'a pas envie de les comprendre.  C'est ce qui fera dire à Jésus, avec tristesses : « Malheureux vous les riches... »

Devenir prophètes de l'amour de Dieu (un amour préférentiel pour ce qui est faible), c'est à certains jours ramer à contre-courant de ce que fait, dit et pense la majorité autour de nous.  C'est pouvoir assumer la critique des autres, parfois de ses proches, de ses amis... « Nul n'est prophète en son pays ! »

Frères et sœurs, laissons le Seigneur nous dire à chacun : « Ne crains pas, ma grâce te suffit ! » c'est dans l'inattendu et l'humilité qu'Il nous rejoint... et nous envoie comme prophètes pour nos frères...


Jean-Marie JADOT