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Homélie du dimanche 8 avril 2018 - 2ème dimanche de Pâques PDF Imprimer Email
Année 2018

"Shalom", « La paix soit avec vous ! » Voilà le premier souhait que le Christ ressuscité nous adresse, le premier don qu'il nous fait en ce dimanche de Pâques qu'on appelle aussi dimanche de la Divine Miséricorde. Cette paix n'est pas de ce monde. Ce don de paix vient avant tout de sa vie et de son cœur : la paix intérieure. Et, la paix intérieure que le ressuscité donne à ses disciples est le fruit d'un combat mené avec acharnement contre le Mauvais, tout ce qui se dresse contre la volonté du Père. C'est la paix de la victoire qui triomphe des puissances du Mal, des autorités et persécuteurs, des violences subies, jusqu'au dernier ennemi qu'est la mort.

Frères et sœurs, quand on nous regarde vivre, quand on voit nos attitudes et comportements d'aujourd'hui, on déduit facilement que nous ressemblons à des personnes qui ne sont pas en paix. Notre société ou notre humanité n'est pas en paix. Le manque de paix ne se situe pas au niveau des détonations d'armes lourdes, des pris en otage, des violences, des assassinats, des attentas... L'absence de paix, comme nous pouvons le constater dans l'évangile de ce dimanche, se manifeste avant tout dans notre attitude, notre comportement. Comme le cas des apôtres après la mort de leur Maître, nous sommes toujours en train de nous enfermer, à veiller à ce que nos portes se soient bien fermées, parce que nous avons peur. On a peur de tout le monde ou parfois de rien, la peur d'un cadeau qu'on m'offre, la peur de consommer la nourriture d'un inconnu, la peur de venir à un malheureux, à une personne en danger, la peur d'accepter l'argent qu'on donne, la peur de s'approcher de l'autre... Nous vivons dans une société qui porte des stigmates de la violence, en proie aux injustices, à la haine, au mensonge, à l'hostilité, à la jalousie, à la méchanceté, à la vengeance, aux règlements de compte, à la mort. C'est vrai, nous baignons dans un climat de peur. Et pour se protéger, on s'enferme. Et quand nous portons la peur au ventre, nous ne sommes pas vraiment en paix. Les signes de nos enfermements sont nombreux. Les portes de l'amour fraternel, de la solidarité, de l'hospitalité, de la paix, du pardon se ferment subitement devant nous. Les portes des cœurs, des pays, des frontières, des centres d'accueil, (Jean-Marie Jadot dans son homélie de Pâques soulignait la fermeture du centre d'accueil des immigrés à Stockem), des emplois sont fermées et s'ouvrent difficilement, et même quand elles s'ouvrent, c'est pour une minorité, ceux qu'on connaît, ceux qui sont avec nous, de nous. Ceux qui les fermes vivent dans la peur, la peur d'être envahis, d'être dominés, de mourir. Et parmi eux, se trouvent parfois ceux qui déclarent être chrétiens. Comment un chrétien peut-il s'enfermer ou fermer la porte de son cœur à son frère, à sa sœur ?

Mais aujourd'hui, Jésus ressuscité nous redit, à chacun (e) : « La paix soit avec vous ! » Une façon de nous dire : sortez de vos peurs ; ouvrez largement vos portes ; vivez votre foi comme des personnes libres ; n'ayez plus peur ; ayez confiance en moi. J'ai vaincu la pire des peurs : celle de la mort. Si je suis vraiment disciple du Christ qui proclame sa résurrection, que mon attitude et mon comportement témoignent que la résurrection de Jésus m'a vraiment libéré. Aujourd'hui, de quelle peur la résurrection de Jésus m'a-t-elle libérée ?

Une autre caractéristique d'une personne qui a peur, c'est la méfiance, le doute qui est illustré par l'attitude de Thomas. Thomas résume en sa personne toutes les objections de notre nature humaine. Il veut voir pour croire mais oublie qu'il faut commencer par croire avant de voir. Celui qui se méfie et qui doute le plus à ce qu'on lui dit sur le Christ, une parole de vérité, se ferme à la lumière de la résurrection. Il est le moins en paix. « Heureux ceux qui croient sans avoir ! », déclarent Jésus à Thomas. Cette dernière béatitude de Jésus est nôtre aujourd'hui. La grâce de la foi nous permet d'entrer dans le mouvement de la résurrection. Sommes-nous vraiment en paix, nous qui doutons, qui nous méfions des autres?

Pour témoigner concrètement de notre foi en Jésus ressuscité, prenons pour modèle le plus beau témoignage de la première communauté chrétienne sur le sens de la mise en commun des biens, caractérisée par le partage aux plus démunis. « Personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre. » Hier, le bien individuel était bien commun. De nos jours, le bien commun est devenu individuel. S'il y a plus de pauvres, de chômeurs, de marginalisés, aujourd'hui, c'est parce que ceux qui possèdent plus, les riches ont décidé de verrouiller les portes de leur cœur. C'est plutôt la mort de Jésus que nos comportements annoncent.

Frères et sœurs, nous célébrons aujourd'hui le dimanche de la Divine Miséricorde. La Miséricorde Divine, c'est le cœur de Dieu qui refuse de se fermer devant la misère, la souffrance de ses enfants, de l'homme pécheur. Et cette fête ne sera la nôtre que si véritablement, à l'image de notre Père de Miséricorde, notre cœur s'ouvre devant la misère des autres. Je peux fréquenter assidument un groupe de prière pour Miséricorde Divine, prêcher brillamment sur la Miséricorde Divine, réciter le chapelet de Miséricorde Divine trois fois par jour, faire des neuvaines à la Miséricorde Divine, mais si je ferme mon cœur devant la misère, la souffrance de mon frère, de ma sœur, je ne suis pas un instrument de Miséricorde. C'est peut-être l'occasion pour moi de voir tous ceux et celles à qui j'ai fermé la porte de mon cœur, de ma maison, de mon amour, de mon pardon, de ma miséricorde, de ma paix, de la réconciliation véritable ... Je ne pourrai réellement vivre la résurrection de Jésus que si je  décide d'ouvrir mes portes et de sortir à la rencontre de mes frères et sœurs en humanité. Alors, la paix du Christ sera vraiment avec moi, dans mon cœur, dans ma maison, dans notre société et dans notre monde.

Demandons au Seigneur, qu'il nous donne un cœur qui sache demander et accueillir sa Miséricorde. Qu'il fasse de nous des témoins de sa Miséricorde pour un monde de miséricorde. Merci Jésus, j'ai confiance en toi.


Jean-Claude Bambele, vicaire Saint Martin, Arlon