3 mars : journée diocésaine de la catéchèse

Catéchiste: le mot est bien connu, depuis des décennies, dans nos paroisses. Ce sont ceux - celles, surtout - qui donnent le catéchisme. Le mot sent bon la leçon, le bricolage, la prière et le goûter, le temps passé dans le salon ou la salle paroissiale... pour préparer la première communion ou la profession de foi. Le mot rappelle des souvenirs: une ''maman-catéchiste'' qui nous a marqués, des personnes ''spécialistes'' qui s'occupaient de tout... Le mot n'a-t-il pas un peu vieilli? Les catéchistes d'une paroisse - si difficiles à recruter, dit-on - seraient-ils un corps constitué, un régiment (ou plutôt une brigade) de spécialistes de la catéchèse, chargés de donner toutes les leçons qu'il faudrait aux enfants d'aujourd'hui?

On a compris que la ''catéchèse'' (plutôt que le catéchisme) nécessite des ''catéchètes'' (plutôt que des catéchistes), c'est-à-dire des personnes acceptant de s'engager un peu, conscientes du dynamisme de la foi et des exigences de leur baptême, pour travailler avec les parents et les paroissiens à l'évangélisation et à l'initiation à la foi des enfants et des jeunes d'aujourd'hui: les introduire à la richesse de la foi en Jésus-Christ. Les catéchistes deviennent des catéchètes, c'est-à-dire des hommes et des femmes porteurs du projet de catéchèse de toute la paroisse, communauté chrétienne désireuse d'enfanter de nouveaux chrétiens. ''Catéchète'': le mot peut paraître nouveau; il a le goût de l'avenir de nos paroisses...

Au programme de la journée du 3 mars

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Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes - Homélie du vendredi 9 février 2018 PDF Imprimer Email
Année 2018

A différentes reprises, dans l'Evangile, Jésus fait ce que nous appelons habituellement des miracles.  Ils sont le signe de quelque chose de bien plus important que la guérison elle-même.  Ce signe dit quelque chose du Royaume de Dieu.  Sans doute s'agit-il de celui dans lequel nous entrerons après notre mort mais il met surtout en évidence le Royaume que nous avons à construire dès maintenant.  Ce Royaume-là est de l'ordre du relationnel.  Qui dit relation, dit communication.  On peut bien sûr communiquer avec le regard et par des gestes. Mais l'ouïe et la parole sont particulièrement importantes dans la communication.  Or voici que Jésus rencontre un homme qui en est privé.

Jésus a bien conscience que cet homme se sent mal dans cette foule de laquelle il est partiellement déconnecté.  C'est pourquoi, le Seigneur l'emmène à l'écart, loin de ces gens pour entrer en relation avec lui de manière plus intense.  Et là, l'Evangile, nous décrit les gestes posés par Jésus et -fait assez rare dans l'Ecriture- on reprend les mots de Jésus en araméen (sa langue) Effata : ouvre-toi. Si l'Evangéliste a repris cette formule, c'est parce que c'est à cela que nous devons nous attarder.  Effata : ouvre-toi.  Bien entendu, Jésus lui ouvre les oreilles mais surtout, il lui ouvre les portes de la vie relationnelle.  Il va pouvoir entendre les gens de son entourage et leur parler.  Il est réintégré dans la société. Il va pouvoir communiquer. Une communication qui, aujourd'hui, malgré face book, twitter, snapchat, instagram fonctionne mal.  Le Pape François dans son encyclique Laudato Si se penche sur ces nouveaux moyens de communication.  Il reconnaît que bien employés, ils sont précieux. Mais il souligne le fait qu'ils permettent de sélectionner ou d'éliminer des relations selon notre libre arbitre. Ils nous empêchent aussi parfois d'entrer en contact direct avec la détresse, l'inquiétude, la joie de l'autre et avec la complexité de son expérience personnelle. Cela peut provoquer un isolement dommageable et une grande mélancolie (1). Il faut être conscient des dégâts causés par la mauvaise utilisation de ces outils. Et particulièrement chez les jeunes.  Que ce soit via internet ou lors de relations interpersonnelles, il  nous manque souvent quelque chose pour communiquer en vérité avec les autres mais aussi avec Dieu .  Il y a comme un grand vide.  Le thème de notre neuvaine « faites tout ce qu'il vous dira » nous renvoie à Cana où il il y avait aussi un grand vide.  Il n'y avait plus rien dans les six jarres.   Le chiffre six fait écho au sixième jour de la Création.  Jour de la création de l'Homme.  Homme-image de Dieu bien sûr. Mais homme imparfait. Un homme vide d'amour, vide d'empathie et de miséricorde.  Ces disfonctionnements relationnels sont souvent dus à notre manque d'écoute.  La jarre de Cana qui représente notre vie se vide souvent de notre capacité à écouter.  Dans l'Evangile qui nous occupe, c'est lorsque Jésus ouvre les oreilles que le muet se met à parler.  Pour bien communiquer, pour aimer, pour remplir la jarre de nos vies d'attention à l'autre, il faut s'entraîner à l'écoute.  Quand j'étais enfant, je passais mes vacances en Ardenne.  Dans ce village d'agriculteurs, il y avait pratiquement dans chaque maison, un vieil oncle, un arrière-grand-père, assis à côté du poêle.  Ces gens avaient un point commun.  Ils parlaient peu.  Ce qui les rendait mystérieux.  Mais quand ils ouvraient la bouche c'était parce qu'ils avaient quelque chose à dire avec sagesse.  C'est sans doute pour cela que l'on consulte si souvent les moines.  Leur silence à quelque chose à nous dire.

Nous aussi faisons silence pour mieux entendre Dieu et pour mieux comprendre nos frères.  Faisons silence pour mieux entendre Dieu nous inviter à prononcer des paroles respectueuses et aimantes à l'égard de nos frères et sœurs.


Marie nous invite à faire tout ce qu'il nous dira.  Et que nous dit son Fils ?  Effata. Ouvre-toi à Dieu dans la prière pour mieux t'ouvrir aux autres et à leurs  différences qui sont autant de richesses.   Il ne nous demande pas d'être tolérant.  La tolérance c'est accepter ce qu'on désapprouve.  Non, le Seigneur nous dit Effata. Ouvre-toi au dialogue qui implique égalité dans la relation.


( 1)  FRANCOIS, Pape,  Laudato Si,  47


Olivier CRUCIFIX - diacre