Formation Sud-Luxembourg  Année 2017- 2018

Révoltés d'hier au nom de l'Évangile, souffles pour aujourd'hui en des temps d'incertitude ?

Par Monsieur Jean Pirotte, Historien, Professeur émérite à l'Université Catholique de Louvain

L'année 2017 sera marquée dans le monde chrétien par la commémoration des 500 ans de la Réformation, inaugurée le 31 octobre 1517 par l'affichage public en Allemagne des 95 thèses de Luther. Cette révolte d'un moine allemand contre l'ordre établi nous amène à nous poser la question : les rebelles au nom de l'Évangile qui ont jalonné notre histoire ont-ils encore des choses à nous apporter ?

Contestataires au nom de l'Évangile et prophètes d'hier, comment se sont-ils situés face aux angoisses de leur temps ? Nous traversons une époque de mutations. Un vieux monde s'effrite et le nouveau peine à éclore. Nous vivons dans un climat d'insécurité qui génère de l'angoisse. Cette situation de fin d'un monde n'est pas neuve : beaucoup l'ont affrontée avant nous à la charnière de deux époques. Comment ont-ils réagi dans des situations de déstabilisation, aux heures où se redessinait un monde nouveau ? Leurs refus, leurs prémonitions peuvent-elles inspirer les chrétiens dans un aujourd'hui incertain ?

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Homélie du dimanche 1er octobre 2017 PDF Imprimer Email
Homélies 2017

L'évangile de ce dimanche, comme celui des deux prochains dimanches, révèle le climat polémique qui ne cesse de se développer autour de Jésus.

Grands prêtres et anciens du peuple veulent pousser Jésus à justifier son autorité : de quel droit Jésus agit-il ainsi ? (Mt 21, 23-27). Mais Jésus ne cherche plus à convaincre ses adversaires ; il utilise une parabole pour mettre face à leurs contradictions ceux-là mêmes qui veulent le perdre. "Un homme avait deux fils..." : l'un refuse d'obéir à son père, mais ensuite, s'étant repenti, il accomplit la mission qui lui avait été confiée ; l'autre acquiesce à la demande du père et cependant est évidente. Les adversaires de Jésus le savent très bien : "Il ne suffit pas de dire "Seigneur, Seigneur" !" Les publicains et les prostituées, autrement dit ceux qui avaient transgressé la loi, se sont reconnus pécheurs à l'annonce de la Parole, tandis que ceux qui ont toujours défendu scrupuleusement la loi n'ont pas entendu la prédication de Jean le Baptiste, l'Envoyé de Dieu venu appeler à la conversion. Déjà six siècles avant lui, le prophète Ézékiel invitait "à ouvrir les yeux" sur le mal et à changer très concrètement sa manière de vivre (première lecture).

"Aujourd'hui", l'appel à travailler à la vigne du Seigneur c'est-à-dire à s'engager pour Dieu dans la construction de son Royaume, retentit en nous.  "Aujourd'hui" comme hier, les bonnes paroles seules ne suffisent pas ; il nous faut mettre en pratique notre foi en la Parole : c'est ainsi que nous cheminons humblement avec le Christ.

C'est aujourd'hui que le fils est envoyé par son père travailler à la vigne. Oui, c'est aujourd'hui que Dieu nous envoie nous engager dans son Royaume d'Amour qui est toujours à construire et à reconstruire. La Parole qu'il nous adresse est toujours à mettre en pratique dans le contexte de vie qui est le nôtre à chacun.

Réjouissons-nous d'être interpelés et encouragés à chaque eucharistie !


Abbé Jean-Marie JADOT (largement inspiré par Le Missel des Dimanches)