Formation Sud-Luxembourg  Année 2017- 2018

Révoltés d'hier au nom de l'Évangile, souffles pour aujourd'hui en des temps d'incertitude ?

Par Monsieur Jean Pirotte, Historien, Professeur émérite à l'Université Catholique de Louvain

L'année 2017 sera marquée dans le monde chrétien par la commémoration des 500 ans de la Réformation, inaugurée le 31 octobre 1517 par l'affichage public en Allemagne des 95 thèses de Luther. Cette révolte d'un moine allemand contre l'ordre établi nous amène à nous poser la question : les rebelles au nom de l'Évangile qui ont jalonné notre histoire ont-ils encore des choses à nous apporter ?

Contestataires au nom de l'Évangile et prophètes d'hier, comment se sont-ils situés face aux angoisses de leur temps ? Nous traversons une époque de mutations. Un vieux monde s'effrite et le nouveau peine à éclore. Nous vivons dans un climat d'insécurité qui génère de l'angoisse. Cette situation de fin d'un monde n'est pas neuve : beaucoup l'ont affrontée avant nous à la charnière de deux époques. Comment ont-ils réagi dans des situations de déstabilisation, aux heures où se redessinait un monde nouveau ? Leurs refus, leurs prémonitions peuvent-elles inspirer les chrétiens dans un aujourd'hui incertain ?

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homélie du dimanche 30 juillet 2017 PDF Imprimer Email
Homélies 2017

17e  Dimanche Ordinaire A.

1e Lecture : 1 Rois (3, 5. 7-12)

2e Lecture : Romains (8, 28-30)

Évangile : Matthieu (13, 44-52)


Voici une belle histoire comme on en trouve dans les contes orientaux. Un ouvrier agricole, en labourant, trouve dans un champ un trésor. Pour l'obtenir légalement, il vend tous ses biens et achète le champ. De même un amateur des perles en trouve une très rare. Il vend son fond de commerce pour l'obtenir...Comme on dit, « Le cœur a ses raisons que la raison ignore. »

On peut trouver ces deux comportements stupides ou imprudents. Mais ce sont des réactions propres à la voie du cœur et on peut aussi trouver cela merveilleux. On peut également se demander quel peut bien être ce trésor qui justifie un tel enthousiasme pour prendre un tel risque en sacrifiant pour lui toutes ses sécurités. Le champ, nous le savons depuis la parabole du semeur, c'est la parole de Dieu. Le trésor est caché dans la Parole de Dieu. Quel est donc ce trésor ? Plusieurs réponses sont possibles. De manière générale, on peut dire que c'est le bonheur recherché par tout homme. Il peut être une parole qui nous encourage et résume bien ce que nous voulons vivre comme disciples du Christ, une parole phare qui nous guide. Cela peut aussi être la vie vécue par le Christ, l'homme des béatitudes. Ce trésor peut consister en cette liberté contraire à tout instinct de possessivité et de prérogatives sur les êtres, les choses, les idées, cette liberté qui s'oppose catégoriquement à tout instinct de domination sur les autres ; ou encore cette volonté de se laisser modeler de l'intérieur par le Père.

Finalement, ce trésor, c'est le Christ lui-même. Dès qu'on l'a rencontré, on est capable de tout sacrifier pour le suivre, à l'image des saints et d tant de personnes témoins de l'amour de Dieu auprès de nos frères et sœurs aujourd'hui...À l'exemple du Roi Salomon, dans la première lecture de ce jour,  demandons à Dieu de nous donner un cœur attentif, intelligent et sage, un cœur à l'écoute de sa Parole et qui fait qui fait confiance en l'amour divin. Laissons notre cœur entrer dans l'intelligence du mystère divin pour le faire vivre dans le quotidien de notre vie, à la fois au service du bien public et de la réalisation des projets de Dieu dans l'histoire humaine. Mettons en nous un cœur capable de s'abandonner et de faire confiance, parce qu'il a trouvé son trésor et est rassuré du fait qu'il a découvert que tout est possible pour celui qui croit. Ce cœur acquiert également la patience de Dieu vis-à-vis de nous et dans la diversité que représente l'humanité.

Ce trésor est finalement là à notre portée. C'est le Royaume de Dieu, c'est sa parole, c'est son amour. Comme le dit Jésus, il est parmi nous. Le champ, c'est notre vie. Il nous faut travailler, labourer, nous dépouiller de toutes les futilités qui occupent notre cœur, pour l'obtenir et enfin connaître le chemin du bonheur.

Wenceslas Mungimur, doyen.