Connaissez-vous la newsletter bimensuelle du diocèse : elle contient des informations sous forme d'un éditorial, de reportages et d'un agenda ?
Pour  vous y inscrire, il suffit des surfer sur  http://www.diocesedenamur.be et de cliquer dans le menu de gauche sur « Newsletter : inscription ».

Homélie du dimanche 26 mars 2017 - 4ème dimanche de Carême PDF Imprimer Email
Homélies 2017

L'attitude de Jésus vis-à-vis de l'aveugle-né est à la fois un message et une interpellation par rapport à notre manière de considérer les personnes marginalisées de notre société, celles qui sont victimes des guerres, des injustices sociales, des attentats, de la crise économique... A ce sujet, les évêques de Belgique ont publié une lettre pastorale, s'inspirant de cette attitude de Jésus et faisant en même temps écho à l'Encyclique du Pape Paul VI sur le développement des peuples, « Populorum progressio », publiée il y a 50 ans. Dans leur message, les évêques reviennent aussi sur le traité de Rome, signé, il y a de cela 60 ans.

Les évêques relèvent dans l'attitude de Jésus, quatre éléments, à savoir le regard, le geste, la communion et la mission.

1.       Le regard de Jésus sur l'aveugle-né est celui de la compassion face à la souffrance de ce dernier. A travers son regard, Jésus pénètre le cœur du malade et comprend son désir intérieur. C'est ce regard compatissant qui nous interpelle par rapport à la réalité de notre monde d'aujourd'hui et nous invite à ne pas rester indifférents à la misère de l'autre... Il s'agit là d'un appel à l'écoute en profondeur du cri de détresse de nos semblables.

2.       Quant au geste, Jésus s'approche de l'aveugle, le touche et le guérit de sa cécité. Il l'établit dans sa dignité humaine, et par conséquent, le malade guéri sort de sa dépendance. C'est une invitation à poser, à la suite de Jésus, des gestes qui sauvent, qui relèvent et qui rétablissent les nécessiteux dans leur dignité au sein de la communauté. Il est vrai que les efforts dans ce domaine sont louables, quand nous voyons toute la mobilisation des individus, des associations, des mouvements d'entraide qui, sur terrain, travaillent dans ce sens. Mais le temps de carême est là, il nous invite à revisiter nos engagements et nos convictions en vue d'un rendement beaucoup plus efficace.

3.       La communion : Après sa guérison, l'aveugle-né n'est plus en marge de la communauté. Il s'élève et prend la parole devant tout le monde pour témoigner de Jésus. Désormais, il trouve sa place au sein de ladite communauté. Pour notre part, Jésus nous demande d'accueillir fraternellement nos frères et sœurs refugiés et immigrés, et de les intégrer dans notre espace social. Car, le monde prend de plus en plus le visage d'une communion des peuples, comme le disent encore les évêques de Belgique. Et pour y arriver, les échanges interculturels et les entraides entre les nations, selon les potentialités et les ressources locales, sont indispensables. C'est la tâche que Dieu confie à tout homme et, en particulier, à chaque chrétien, de veiller et de travailler à la réussite de cette communion des peuples, construisant ainsi des ponts qui unissent et non des murs qui séparent.

4.       La mission : Par la suite, l'aveugle-né guéri reconnait en Jésus le Fils de Dieu, il témoigne de cette identité et la défend dans sa communauté. C'est la mission qui est la nôtre aujourd'hui, celle d'œuvrer tous ensemble pour la propagation de la foi dans notre société.

Regard, geste, communion et mission, voilà les quatre paroles qui vont encore nous accompagner dans notre marche vers la Pâques du Seigneur. Chacun de nous va se considérer comme l'aveugle-né de l'évangile guéri par Jésus pour devenir, à la suite du Christ lui-même, témoin et missionnaire. Prions ensemble les uns pour les autres, pour que notre engagement comme chrétiens dans la société soit un témoignage éloquent qui édifie nos contemporains, en même temps qu'il glorifie le Seigneur.


Abbé José Marie Kalombo T.
Vicaire à Arlon