Images intégrées 1
Homélie du dimanche 12 mars 2017 - 2ème dimanche de Carême PDF Imprimer Email
Homélies 2017

Dans notre marche spirituelle vers Pâques, par la voie de la conversion, du partage et de la prière, nous avons compris qu'il fallait vivre avec Jésus une expérience du désert pour être mis face à la vérité de nous-mêmes, des autres et de Dieu. Aujourd'hui, notre marche continue : une marche de confiance qui nous demande de tout quitter et de partir vers l'inconnu, avec Dieu. Comment est-ce que possible ? Comment oser faire confiance à quelqu'un que l'on ne connaît pas bien ? Comment oser quitter tout pour aller vers l'inconnu ? Il s'agit là d'un mystère et seule la foi peut donner une explication et essayer d'apporter une réponse. Ce mystère, cette aventure sont pourtant vécus par beaucoup d'aînés dans la foi profonde... Nos aînés d'hier comme ceux d'aujourd'hui.

Le témoignage d'Abraham, dans la première lecture de ce dimanche, est interpellant ! À la demande du Seigneur son Dieu, il exprime une totale confiance et quitte tout. Le récit dit : « Abram(le nom qu'il avait avant de rencontrer le Seigneur) s'en alla, comme le Seigneur le lui avait dit. » Et pourtant, cet Abram là n'était pas gâté par la vie... et avait tout pour douter de ce Dieu et lui opposer une résistance, lui âgé et  sans descendance. Sa femme, elle aussi, au crépuscule de la vie et dont il est dit qu'elle était stérile. Cette situation pouvait faire naître chez eux un sentiment de révolte ou d'aigreur, quand on connaît la manière dont on considérait  leur condition dans leur culture et l'opprobre publique engendrée par le fait de ne pas avoir de descendance... Mais non ! Abram ose un oui qui va le transformer et changer le cours de sa vie, individuelle, familiale et sociale. Un OUI qui lui ouvrira les portes de bénédictions de son Dieu, pour lui et toute sa descendance ; et également des bénédictions de ses compatriotes.

Il fallait ainsi oser pour comprendre qu'au-delà de l'impression négative, de l'horizon sombre que l'on peut avoir de soi-même, de son entourage, des autres, de son Dieu, il y a du positif, des bénédictions, de la lumière...qui nous attendent. C'est le conseil que Paul donne à son disciple Timothée qui doit être confronté à des résistances par rapport à l'annonce de l'Évangile. « Prends ta part des souffrances liées à l'annonce de l'Évangile. Car Dieu nous a sauvés, il nous a appelés à une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce. » Autrement dit, tiens bon : tu es dans le bon ! C'est également ce que Jésus vit avec ses disciples, en particulier Pierre, Jacques et Jean, sur la haute montagne de la transfiguration. Il aura beau être défié, défiguré, sa mission et son message contredits, remis en question, non seulement par des gens, par la foule, mais  aussi par eux, ses disciples, ses intimes..., il est le Sauveur, le Fils de Dieu, la lumière qui donne sens à leur vie, les éclaire, les libère et les sauve. Dire ‘oui' à Jésus et dire ‘oui' à son projet d'amour, c'est être appelé à partager sa gloire, c'est, comme Abraham, permettre et donner accès à une source intarissable de bénédictions. Mais c'est aussi savoir que notre marche vers Dieu, vers pâques aura beau être parsemée d'embûches, de morts apparentes, au bout se trouve la victoire, la résurrection. Il nous faut oser la foi, oser la confiance. Des facilités, comme celles que Pierre souhaite dans son extase devant la transfiguration, ne sont toujours pas de nature à nous faire grandir sur ce chemin vers lequel nous engage le Christ. Il faut aller de l'avant, descendre de la montagne et ne pas rester sur place.


Abbé Wenceslas MUNGIMUR - Doyen de Saint-Martin