Dimanche 26 mars à la fin de la messe d'11h,
nous avons remercié Rita De Wachter pour ses 22 années de service
en tant que sacristine de St-Martin.

Nous sommes à la mi-carême : le dimanche de la « laetare » ! En français : « Réjouissez-vous ! ».

Chère Rita, l'anniversaire que tu as vécu mardi dernier t'a fait franchir le pas d'une nouvelle étape de ta vie : remettre ton tablier de service à St-Martin et commencer ta retraite !

Plus de vingt ans de travail et d'amitié vécus ensemble ! C'est avec émotion et un gros pincement de cœur que je te dis « merci Rita ! » à l'heure où tu passes la main comme sacristine de St-Martin à Olga et à Claudine. Enfin, tu vas pouvoir te reposer un peu ! Mais tu vas nous manquer avec tout le dynamisme et la compétence que tu as déployés dans ta fonction... tout autant pour entretenir notre belle église que pour la décorer, y chanter les mariages et les enterrements et d'abord en faire un lieu d'accueil !  Ils sont nombreux ceux qui ont été boire une tasse de café à la sacristie !

Tout ce que tu as rayonné durant 22 ans a largement contribué au dynamisme de notre chère communauté de St-Martin ! Toi aussi, à ta façon, tu as partagé ton manteau !

Encore merci... et bonne retraite toujours active dans le bénévolat... particulièrement à St-Martin où je ne doute pas qu'Olga et Claudine seront toujours heureuses de te voir venir les épauler !

Ce merci, je te le dis du fond du cœur au nom de toute notre chère communauté et particulièrement de notre nouveau doyen Wenceslas !

Pour que tu ne te sentes pas seule à l'heure de la retraite, je signe « Ton vieux doyen Jean-Marie » !


Homélie du dimanche 5 mars 2017 - 1er dimanche de Carême PDF Imprimer Email
Homélies 2017

Après quarante jours de jeûne... il eût faim.

Jésus a faim. Il rejoint le milliard d'hommes et de femmes souffrant de malnutrition. Il rejoint aussi chacun de nous au cœur de toutes nos faims les plus essentielles. Jésus, compagnon de nos souffrances, de nos envies, de nos attentes... Ces épreuves, il les subit juste après avoir vécu le temps du désert, temps de jeûne, de solitude et de remise en question, librement consentie. Il nous rejoint ainsi dans tous nos dépouillements. Les tentations qu'il a connues alors, nous les connaissons aussi : l'appât du gain, la recherche du pouvoir et l'adoration des idoles. Que de fois nous sommes tentés de faire de notre humanité une marchandise et par le fait même, nous défions Dieu...

En fait, ces tentations remontent à nos origines, à la nuit des temps de l'humanité, ce que le livre de la Genèse, à la première page de la Bible appelle le jardin d'Eden ou  le Paradis. Dans ce livre plein d'images et de poésie, le bonheur et la vocation de l'homme nous sont proposés comme un partenariat à vivre avec le Dieu créateur que Jésus nous révèlera aussi amoureux de sa créature. C'est dans un dialogue toujours renouvelé avec son Dieu, que l'homme trouve son épanouissement.

Mais, depuis les origines, à travers toutes les péripéties de l'histoire, aujourd'hui encore, la tentation de l'homme est de rompre sa relation à Dieu, d'aller chercher ailleurs ses satisfactions, de se tourner vers d'autres dieux séducteurs : l'Argent, la Puissance et la Jouissance égoïste.

Ah ! Les choses sont divinement faites dans le jardin d'Eden. La création est marquée par la générosité et l'abondance. Un vrai paradis ! Mais elle comporte un interdit : au milieu du jardin, il y a un arbre réservé. Pourquoi ?

La stratégie perfide du serpent va être de dire à l'homme : tu vois bien que Dieu veut te cacher des choses ! Il a peur que tu deviennes aussi fort que lui ! Transgresse, vas-y ! Toi aussi tu seras Dieu !

Le serpent pratique l'insinuation. Alors que l'homme jusque là vivait dans la confiance envers son Créateur, il est maintenant tenté par la méfiance. Le paradis, c'était le temps de la confiance. Le drame arrive avec la méfiance. Des choses que nous pouvons encore vérifier dans notre vie de tous les jours. Hélas !

En se laissant séduire par le mirage de devenir comme des dieux - sans Dieu - et en mangeant le fruit défendu, l'homme casse le fil de la confiance et met fin à la situation paradisiaque des origines. Il découvre alors sa nudité, sa pauvreté radicale.

L'arbre réservé n'est-il pas là pour rappeler aux premiers parents que le jardin et la vie leur  sont donnés et qu'ils n'ont pas à les traiter en propriétaires, oubliant le don et surtout le donateur ?

Tout péché de l'homme brise à chaque fois le lien de confiance qui nous relie à Dieu dans la foi. Il nous ramène toujours à la volonté de pouvoir et de domination, à l'orgueil. Etre Dieu, sans Dieu. Etre son propre dieu.

Vivre le Carême comme un temps de purification essentielle et de conversion, c'est faire ou refaire une place dans sa vie à la confiance. C'est retrouver la joie d'avoir Dieu comme vis-à-vis et cette humilité du cœur qui permet aux autres de reprendre place dans notre vie.

La mort et la résurrection du Christ nous offrent la chance de retrouver la clé du jardin du bonheur. Consentir à aller au désert avec Jésus, c'est vaincre avec lui les tentations du malheur et acquérir cette liberté intérieure pour placer la source de notre bonheur en Dieu.

Je vous souhaite à tous une montée vers Pâques et un Carême riche en redécouvertes du Bonheur !


Abbé Jean-Marie JADOT