Le futur vitrail de l'église St-Martin à Arlon: une trace pour l'avenir

En 2014, l'église Saint-Martin d'Arlon fêtait ses cent ans. Parmi les projets retenus pour célébrer l'anniversaire: celui d'un nouveau vitrail sur le thème du ''Matin de Pâques''. Si la réalisation est toujours en cours, une première partie de l'œuvre a déjà été installée récemment. Etienne Tribolet, maître-verrier, poursuit le travail ''pour la communauté présente et à venir''.

Les premiers contacts entre l'abbé Jean-Marie Jadot et Etienne Tribolet - maître-verrier à Honnay, près de Beauraing - remontent à 2007. À l'époque, le doyen d'Arlon et le comité de sauvegarde de l'église Saint-Martin réfléchissaient aux possibilités de commémorer le centenaire de l'édifice. En déc

idant de remplacer le vitrail blanc situé au-dessus de l'entrée principale, les responsables de la paroisse faisaient le choix non seulement d'enrichir le patrimoine culturel de leur église mais également de laisser aux générations futures une trace du siècle en cours.
Etienne Tribolet (photo) est une personnalité bien connue dans le monde du vitrail. Il compte à son actif de nombreuses réalisations: la verrière de la pro-cathédrale  anglicane de Bruxelles, les vitraux du chœur de l'église Saint-Sébastien d'Annapes de Villeneuve d'Ascq (diocèse de Lille), ceux de la brasserie de l'abbaye Saint-Rémy de Rochefort, de l'église Saint-Materne d'Anthée ou encore de l'église Saints-Pierre-et-Paul de Thy-le-Château. Autant de références qui ont conduit la paroisse Saint-Martin à lui confier, elle aussi, son ambitieux projet.

''Matin de Pâques'', thème du nouveau vitrail

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Témoignage du mardi 7 février PDF Imprimer Email
Homélies 2017

Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes.

Témoignage du mardi 7 février 2017

Chers amis paroissiens de Saint-Martin,

Par la demande de témoignage sur mon engagement auprès des handicapés de La Petite Plante et des malades lors des pèlerinages à Lourdes, je saisi l'occasion pour mettre en évidence tout le dynamisme suscité autour de ces deux élans de solidarité. Certains déçus de l'Homme diront : « Il est égoïste et solitaire, replié sur lui-même, prisonnier de son hédonisme » ; non, je le réfute, c'est par centaines, oui, par centaines que La Petite Plante compte ses bénévoles ; c'est plus de trois cents brancardiers et infirmières qui accompagnent les malades de notre diocèse à Lourdes.

Mon histoire auprès des infirmes est identique à celle de cette multitude de volontaires.

Tout homme doit se sentir solidaire de ses semblables. Par ses fonctions cognitives, l'être humain est rattaché à tous les membres de son espèce. Il en est responsable ainsi que du reste de la Création. Les archéo-anthropologues ont trouvé des preuves de solidarité sociale et familiale dès les premiers hominidés. La déclaration des droits de l'Homme, les notions de fraternité, d'égalité, ces milliers d'ONG, toutes ces ASBL du monde laïc prouvent que la charité et l'amour du souffrant ne sont pas l'affaire des seuls chrétiens.

Mais pour nous chrétiens, il ne s'agit plus d'empathie mais d'une véritable réponse engagée aux multiples appels du Christ :

« J'étais malade et vous m'avez visité, j'avais faim et vous m'avez donné à manger, j'avais soif et vous m'avez donné à boire, j'étais nu et vous m'avez habillé ... »

La parabole du bon Samaritain le rappelle clairement à ceux qui veulent entendre. Il ne s'agit pas d'une liberté d'engagement mais, venant de Jésus, c'est une injonction : « Mets-toi au service de celui qui souffre ! »

Chacun, en fonction des hasards de ses rencontres, de ses disponibilités, de sa santé, de ses talents trouve une réponse à l'appel des affligés.

La Petite Plante à Musson héberge plus d'une vingtaine de personnes, toutes chargées d'un très lourd handicap physique et mental. En plus, la précarité sociale ne les a pas épargnées et ce sont surtout ces malades, blessés dans tous les sens, que l'institution a préféré. C'est un personnel qualifié qui accompagne les résidents dans leurs besoins vitaux mais c'est toute une équipe de bénévoles qui aident ces professionnels. Le conseil d'administration a la lourde tâche de la gestion financière, du choix des projets de vie, d'assurer la pérennité de l'œuvre, de poursuivre par tous les moyens l'extraordinaire idéal de Sœur Marie-Claire dans l'accompagnement des malades les plus déshérités. Notre rôle majeur au conseil d'administration est de trouver chaque année les 200.000 euros qui manquent pour équilibrer le budget.

La réussite du pèlerinage des malades du diocèse de Namur-Luxembourg à Lourdes nécessite un très grand nombre d'accompagnants. Chaque brancardier ou infirmière  y trouve une occupation en relation avec ses compétences et ses forces physiques. Le transport des pèlerins moins valides de l'hospitalité Saint Frai au sanctuaire mobilise l'ensemble des aidants. Mais il reste encore toute la logistique des voiturettes et du matériel, l'accompagnement aux repas et les soins d'hygiène. Très tôt le matin et jusque tard le soir, les étages de l'hospitalité grouillent d'hospitaliers attentionnés aux soins des malades. Ici, à Lourdes, on touche le malade, on l'accompagne constamment dans tous ses besoins. Les brancardiers et les infirmières concourent à ce que leur séjour à Lourdes soit des plus réussis malgré leur maladie et leur handicap. Les hospitaliers participent pleinement au pèlerinage en animant les offices et les prières. Une saine, joyeuse, chaleureuse et libératrice ambiance divertit, fait oublier les difficultés matérielles de ce rustre pèlerinage et unit tous les pèlerins dans une riche communion fraternelle. Les brancardiers y partagent les soucis des malades, leurs souffrances et leur font oublier pour le temps d'une semaine leur solitude. Lourdes est le sanctuaire de la compassion, de la joie, du partage, de la mansuétude, de la contagiosité du bonheur, du pouvoir du sourire, de l'espoir...

Ayant campé ces deux styles de combat contre la souffrance physique et l'engagement des humains pour y apporter un peu de réconfort, voici, comme on me l'a demandé, quelques phrases relatant mon trajet personnel.

Il est vrai qu'on n'entre pas « en démarche paramédicale ambulatoire » comme ça. Mon premier contact avec la maladie fut l'arrivée d'un petit frère handicapé. Mon engagement ultérieur a suivi cette prise de conscience de la tragédie qu'un tel événement produit sur les parents et sur la fratrie. L'aide aux maisons d'accueil afin que ces malades s'y épanouissent, y vivent dans la sécurité et dans la tendresse était devenue pour moi une priorité. Une des raisons d'être de ces institutions est de soulager les parents qui appréhendent à la fois les besoins grandissants de leur enfant et la peur de leur mort prochaine, l'institution prenant le relais en soulageant la fratrie d'une part de sa responsabilité. Et c'est en allant, voici 40 ans déjà, soigner la chienne Praline à La Petite Plante que j'ai fait la connaissance de cette maison naissante.

Et Lourdes, pourquoi ? Pour le service aux malades, certainement, mais aussi et surtout parce que c'est une réponse à mon atavique dévotion mariale. Né dans la paroisse Notre-Dame de l'Assomption de Behême-Anlier, toute ma jeunesse a été coloriée par les fêtes mariales et imprégnée de cette douce dévotion à la Vierge. A travers mon éducation culturelle et religieuse, les images de la Madone ont marqué ma sensibilité. La bonté maternelle et la solennité sans apprêt de Marie m'ont préparé à rencontrer à Lourdes le réconfortant couple Marie et Bernadette. La Vierge Marie a ainsi fait irruption dans mon engagement de brancardier.

Comme vous l'avez entendu, l'engagement à La Petite Plante, s'il requiert beaucoup d'empathie avec les handicapés, exige des compétences de gestionnaire à court, moyen et long terme et un large réseau de contact auprès des différents mécènes et pouvoirs administratifs et politiques. Le pèlerinage à Lourdes, lui, est essentiellement un bain de tendresse, de services, de convivialité où se mélangent les soins du corps et de l'âme.

Si j'y ai trouvé un riche épanouissement personnel humain, je dois avouer un troisième engagement dont les motivations sont un peu différentes. J'accompagne chaque année à Beauraing le doyenné de Messancy pour le Triduum des malades. Mon fils Jean-Philippe y était brancardier avant moi. A ses funérailles, je crois que c'est sa fiancée qui a dit : « Continuez ce que Jean-Philippe a commencé. »

Et puis à Beauraing, il y a ce très bel encadrement des jeunes. J'y vais avec mes petites-filles pour leur passer le témoin. Vous devriez les voir, ces petites entre 8 et 13 ans, s'occuper des malades, beurrer leurs tartines, faire leurs lits, les aimer tout simplement.

Je me pose parfois la question : est-ce cela un acte de foi ? Comment mes actions me rapprochent-elles de Dieu ?

Oui, je vais à la rencontre de Dieu là où il doit se trouver car s'il n'est pas parmi tous ces estropiés de la vie, tous ces infirmes, ces malades, ces pauvres, où peut-il donc bien être ? Cette quête d'un sens à donner à ma vie et la recherche incessante d'une réponse à l'existence de Dieu passe par ces handicapés. J'y ai appris que Dieu ne se cache pas, qu'il est bien là et pas très loin.

Mais quel Dieu est-il ? Certains jours je découvre un Dieu créateur, père, tout-puissant, bon. Mais je dois avouer que parfois, quand l'incompréhension me taraude, ce Dieu me semble bien éloigné des hommes, ce Dieu qui semble abandonner l'Homme, qui autorise la guerre, la souffrance, la mort d'un fils de 20 ans...

Chers amis, vous avez écouté mon témoignage.

Je vous souhaite de chercher votre Dieu avec opiniâtreté.

Il est partout. Il est dans votre cœur, dans votre famille, parmi vos amis et dans la Création toute entière.

Et Jésus a ajouté dans son sermon sur la montagne : « Bienheureux les miséricordieux ».

Christian DEOM