Les JEUDIS du temps pascal*

nous vous proposons une lecture méditée et partagée

de l'évangile du dimanche suivant

à 9h à la sacristie de St-Martin.

Bienvenue à tous !

Aucune connaissance de la Bible n'est requise...

* du 16 avril au 4 juin (sauf le jeudi de l'Ascension)

Homélie du vendredi 3 février PDF Imprimer Email
Homélies 2017

Ouverture de la Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes

Vendredi 3 février 2017

1 Corinthiens 1 (22-31)
Luc 1 (39-56)

Ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort. Ce qui est d'origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n'est pas, voilà ce que Dieu a choisi pour réduire a rien ce qui est.

Voici un passage très fort que Paul adresse à la petite communauté de Corinthe constituée pour une bonne part d'ouvrier dockers du port. Ces gens simples, modestes  souvent méprisés par le gratin intellectuel de l'époque.

Une description qui colle parfaitement à Bernadette Soubirous : analphabète, fille d'un meunier ruiné, accusé de vol, pauvre de santé, exclue du catéchisme de la paroisse au motif qu'elle est incapable de suivre ces leçons... Vivant dans la misère noire, dans un ancien cachot minuscule et insalubre... et si Bernadette, le 11 février tôt le matin, demande la permission de sortir avec sa sœur Toinette et une voisine, c'est en partie pour échapper à ce refuge de misère, mais aussi pour contribuer à faire bouillir la marmite en allant chercher du bois et des os... Une opération de survie en quelque sorte... de l'ordinaire plus qu'ordinaire sans grands élans spirituels.

Bernadette, dans ce lieu mal famé de Massabielle, va vivre une rencontre inattendue avec celle qu'elle appellera « Aguéro Bella » ou la Belle Dame « une jeune fille aussi jeune et aussi petite que moi , qui me regardait et me souriait ». Elle me parlait comme une personne parle à une autre personne et me disait « vous » !

Marie a rejoint Bernadette dans sa vie cabossée et sans avenir pour lui révéler qu'elle était aimée, infiniment aimée et passionnément quel que soit son parcours personnel. Et Bernadette découvre qu'elle existe pour quelqu'un.

Au cœur de sa souffrance et de sa misère, elle découvre une lumière et une espérance qui vont faire d'elle un témoin de la Bonne Nouvelle

Nous l'avons bien compris, c'est Marie qui a pris l'initiative de la rencontre... comme elle l'a fait à Cana où elle a montré à Jésus cette famille en désarroi... Elle a montré à Jésus le besoin des hommes (ils n'ont pas de vin) et elle sait montrer aux hommes le chemin de Jésus (faites tout ce qu'Il vous dira).

Marie ne revendique jamais la première place, elle montre, elle indique le chemin comme sur ces icônes byzantines où elle montre du doigt son fils (Hodigitria :celle qui montre le chemin).

Elle accompagne Jésus discrètement... tout au long de son ministère... Et à certains moments, elle a dû ramer elle aussi pour s'ajuster au message et aux comportements de Jésus...

« Ta mère et tes frères sont là qui te cherchent... Qui sont ma mère qui sont mes frères... sinon ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique... » Mais aussi la descente à Capharnaüm pour reprendre Jésus car on pense qu'il est devenu fou !

Jusqu'au pied de la croix comme une présence offerte où elle reçoit le disciple comme fils... « Toute souffrance avec elle devient douleur d'enfantement. Elle est la mère qui accueille et transmet le don de l'amour de Jésus crucifié » écrit le Père André Cabes, recteur du sanctuaire de Lourdes.

A la suite de Marie, Bernadette va pouvoir entrer petit à petit dans la joie du Magnificat... Non pas une joie factice et superficielle, mais la joie de celles et ceux qui ont fait l'expérience que le « Seigneur fait pour eux des merveilles », au creux même de leur vie qui, aux yeux des hommes ne vaut pas grand-chose. « Le Seigneur s'est penché sur son humble servante. Il comble de bien les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles. » Voilà l'expérience que vit Bernadette. Ce monde à l'envers, mais certes selon les valeurs du monde ! Mais le monde remis à l'endroit selon les valeurs du Royaume...comme Jésus le proclamera dans les Béatitudes.

Je souhaite qu'au cours de cette neuvaine, vous puissiez entrer plus avant encore dans cet esprit du Royaume en mettant tout simplement vos pas dans ceux de Bernadette et, si vous venez à Lourdes,(pub), c'est en communauté diocésaine, dans nos paroisses, secteur, doyenné que nous la vivrons... pour que naisse et grandisse ce royaume que le Seigneur nous confie ... Amen.

Philippe Goffinet