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Homélie du samedi 4 février PDF Imprimer Email
Homélies 2017

Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes

Homélie du samedi 4 février

Is 58, 7-10 ; I Co 2, 1-5 ; Mt 5, 13,14

Lorsque j'ai lu le thème sur la base duquel je suis amené à prendre la parole aujourd'hui -Aider les jeunes à reconnaître la joie et le bonheur qui sont à leur portée- et que j'ai médité l'Evangile du jour, je me suis rappelé le chant  Le Sel de la Paix que nous reprenions souvent lors des camps du MEJ, le Mouvement Eucharistique des Jeunes.  Ce chant s'adresse sans doute à toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté mais j'ai l'impression qu'il concerne particulièrement les jeunes.  Ce chant dit qu'ils sont le sel de la terre parce qu'ils portent en eux l'espoir de vivre en hommes libres, parce qu'ils sont invités à être un peuple de vivants et à briser les armes.  Pour arriver à mener ce projet à bien et donc à trouver le bonheur, le chant ajoute : Osez l'Evangile.

Personnellement, c'est au cœur du MEJ dont la pédagogie de l'engagement invite à se mettre au service des autres au cœur du monde et cela au nom de l'Evangile que j'ai trouvé un chemin de sens.  Avouons que la société dans laquelle les jeunes doivent se frayer un passage propose une multitude de chemins de sens, qu'il est difficile de s'y retrouver et très facile de s'y perdre.  C'est dans un monde en pleine mutation, où le virtuel prend peu à peu le pas sur le réel qu'ils vont devoir trouver la joie et le bonheur.  Pour y arriver ils ont besoin de côtoyer, dès aujourd'hui, des adultes qui proposent de solides chemins de sens, des chemins de foi.  Notre mission est de les rassurer face à un avenir qui peut faire peur. Peur de ne pas trouver l'amour véritable et durable ; d'être laissé pour compte dans un monde économique impitoyable ; peur d'être dépassé par des technologies toujours plus complexes, peur de la guerre ou encore de catastrophes écologiques.  Nous, parents ou éducateurs chrétiens au sens large, avons à être le sel et la lumière du monde d'aujourd'hui pour que les jeunes qui nous sont confiés deviennent le sel et la lumière du monde de demain.

Le sel est utile car il met en évidence la saveur des aliments.  La lumière est utile car elle éclaire les personnes et le monde.  Sel et lumière existent pour ce qu'ils mettent en évidence et non pour eux-mêmes.  Cela signifie que nous n'existons pas pour nous-mêmes mais pour mettre en évidence dans la vie des jeunes ce qu'ils ont de meilleur.   Lorsque nous regardons le jeune avec le regard de l'Evangile, comme la lumière met en valeur ce qu'elle éclaire, nous mettons la personnalité de ce jeune en valeur.  Il se sent alors reconnu, il existe, trouve que sa vie a de la saveur et mérite d'être vécue car le bonheur y a sa place.

Ce que je dis, je le tiens des jeunes dont je m'occupe. Je leur ai demandé ce qu'était le bonheur pour eux.  Certains m'ont bien entendu parlé du dernier Iphone ou de faire fortune.  Mais tous ont dit que ce qui les rendait heureux ou les rendrait heureux, c'est l'amitié, l'amour, un bon travail qui permet de faire vivre sa famille, prendre le temps avec les gens qu'on aime, dire à ses proches qu'on les aime avant qu'ils ne soient plus là ou encore une famille unie.   Une de mes élèves a écrit qu'elle a failli perdre sa sœur et que dans ces moments d'angoisse, elle a découvert l'importance de dire tout l'amour qu'elle avait pour sa sœur.  Il y a quelques années, un de nos internes a été hospitalisé pendant un an.  Pendant cette période, il a été soutenu par beaucoup de ses copains.  Les mails et les visites se succédaient. Lorsqu'il est revenu à l'internat, spontanément plusieurs jeunes sont devenus de véritables auxiliaires de vie.  En juin dernier, quatre internes ont été victimes d'un accident de voiture.  J'ai vu naître autour d'eux une magnifique et émouvante solidarité.

Ces quelques exemples ne constituent pas des statistiques scientifiques mais ils veulent montrer que nos jeunes en agissant de la sorte constituent, comme le disait le chant dont je parlais il y a un instant, un peuple de vivants.  En agissant ainsi, ils deviennent des hommes et des femmes libres du repli sur soi, libres de la peur du différent, libres de la peur de l'avenir.   La saveur du Royaume de Dieu est là dans tous ces gestes d'amour.  En agissant ainsi, ils apportent du bonheur aux autres.  Ce qui les rend heureux eux-mêmes.  Celui qui est heureux rend les autres heureux.  En connaissance de cause ou non, ils osent l'Evangile.

Olivier Crucifix