Fête nationale du 21 juillet

Célébration interconfessionnelle à 10h à St-Martin

Homélie du dimanche 18 septembre 2016 PDF Imprimer Email
Année 2016

La parabole du gérant habile et malhonnête ressemble à un mode de vie qui est souvent d'actualité dans notre société d'aujourd'hui. Elle fait suite à celle entendue dimanche dernier sur le fils prodigue.

Il existe une similitude entre les deux situations, celle du fils prodigue et du gérant malhonnête. Ces deux personnages sont victimes de leur choix : ils sont dans une situation intéressée et ne pensent qu'à leurs propres intérêts. Ils cherchent tous deux les moyens pour sortir de la situation embarrassante dans laquelle ils se trouvent. Le gérant trompeur cherche à se faire des amis une fois renvoyé de son travail car il lui est reproché une mauvaise gestion de l'argent de son patron. Le fils prodigue, lui, cherche une solution pour retourner chez son père, parce qu'il n'a plus rien et crève de faim après avoir dilapidé tout son argent.


À ces deux personnages s'ajoute un troisième, le fils aîné de la parabole du dimanche dernier. Celui-ci est dans la logique de la fidélité et du travail bien fait, dans la relation d'équité et du « donnant-donnant » et trouve injuste la logique de son père qui les traite comme égaux. Or, lui, a toujours été fidèle au poste pendant que son cadet gaspillait tout l'argent de son père. Il trouve l'attitude de son père inadmissible et, de ce fait, se sent incapable d'accueillir une telle bonté et une telle miséricorde paternelles.


Tous ces remue-ménage ressemblent à ceux que dénonce le prophète Amos dans la première lecture. La société de son époque reflète la réalité d'aujourd'hui où les différents rapports aux biens matériels, à l'argent, aux relations humaines... sont inversés. L'argent, par exemple, est roi, un dieu, une idole qui dirige et commande tout... Il devient une fin et non un moyen d'améliorer la condition humaine. Par cette vision mercantile et injuste, les relations entre les humains sont en quelque sorte instrumentalisées et manipulées... L'homme devient un ‘outil', ‘une machine' et sa dignité est rejetée et piétinée. On le constate avec toutes ces misères sociales, tous ces calculs, ces programmes, ces manœuvres développés par les sociétés multinationales. On le constate avec toutes ces entreprises qui ferment ou qui font faillite, qui délocalisent... Ces fermetures ne sont pas seulement causées par une mauvaise gestion, mais aussi et surtout elles sont guidées par un appât de gain, par les spéculations sur l'évolution des cours des monnaies ou d'autres intérêts financiers de groupes ou privés. Et pour se défendre, les arguments et prétextes de bonne volonté ne manquent pas. Et parfois aussi, les dirigeants de ces sociétés ont recours au chantage à l'emploi pour justifier les réductions de personnel, les fermetures ou les sacrifices des travailleurs. En évoquant ces fermetures d'entreprises ou d'usines, nous pensons bien sûr à toutes celles annoncées tous les mois, toutes les semaines..., Mais aujourd'hui, nous pensons particulièrement à celle de Caterpillar qui a provoqué tant d'émois ces jours-ci à Charleroi et déclenché un véritable cataclysme social et humain dans toute cette région.


Jésus est étonné par toutes ces habilités développées par les hommes pour sortir d'un mauvais pas et se tirer d'embarras dans la gestion de leur argent, de leurs avoirs ou leurs liens sociaux. Il constate la capacité des hommes pour mettre en place des stratégies ou des stratagèmes qui leur permettent de s'en sortir ou d'atteindre leurs objectifs. Il souhaiterait que tous les biens dont nous disposons soient utilisés pour la bonne cause et que chaque réalité soit mise en place et considérée à sa vraie valeur. Il sait que les biens matériels, l'argent, nos relations... sont utiles et nécessaires, qu'ils ne sont pas mauvais en soi, mais il veut surtout qu'ils soient au service des vraies relations humaines et du bien commun, loin de toute cupidité, de tout égoïsme et de tout calcul d'intérêt personnel. Il veut que nous devenions des fils de lumière et non des fils de l'ombre.


Jésus nous invite aussi à utiliser notre inventivité et notre habilité  au service de notre foi et de notre salut, dans notre engagement comme chrétien, dans notre écoute de la Parole de Dieu et sa mise en pratique, dans notre prière quotidienne.

Comme le dit saint Paul, notre prière doit s'ouvrir à l'universalité de l'amour de Dieu, à l'exemple de Jésus qui s'est offert en sacrifice pour le bien de toute l'humanité.


Abbé Wenceslas MUNGIMUR - Vice-Doyen de Saint-Martin

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