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Homélie du dimanche 7 août 2016 PDF Imprimer Email
Année 2016

"Grace à la foi"... grâce à la foi, répète une vingtaine de fois l'auteur de la lettre aux Hébreux dans une litanie qui fait défiler devant nous les "miracles" accomplis par la foi d'une multitude de témoins de Dieu dont Abraham est le premier et le plus illustre. Comme eux, conclut l'apôtre, "rejetons tout ce qui nous alourdit et le péché qui nous entrave si facilement. Engageons-nous avec détermination dans l'épreuve qui nous est proposée. Gardons les yeux fixés sur Jésus qui est à l'origine et au terme de notre foi."

"Grâce à la foi !" C'est grâce à elle, en effet, que l'on possède déjà ce qu'on espère et que l'on connaît les réalités que l'on ne voit pas. La foi éclaire et réchauffe. Elle est cette lampe allumée dont parle Jésus qu'il faut préserver des courants d'air et des vents contraires. C'est elle qui accompagne le disciple dans sa traversée ici-bas. Elle permet de tenir dans la nuit. Car des nuits et des épreuves, tous croyants en traversent. Elles font partie inhérente de l'aventure de la foi.

Mais la foi est aussi libération et délivrance car elle ouvre les portes de la véritable humanité, elle nous empêche de "voler bas". Elle vient, heureusement, déranger nos perpétuelles tentations de courir après des trésors de pacotille et nous invite à placer notre trésor "dans les cieux", là où le voleur n'approche pas, où la mite ne ronge pas. Elle nous fait entrevoir l'avenir à long terme et nous permet de boire aux sources de la sagesse. La foi engendre l'espérance.

La foi, la vraie, celle qui s'inscrit dans la grande lignée des témoins de l'histoire sainte et qui a les yeux fixés sur Jésus nous préserve des bigoteries, des intégrismes, de toutes les illusions et des supercheries de la foi en nous rappelant que le disciple, dans la diversité des situations de vie, est appelé à vivre "en tenue de service", le service de Dieu et des hommes, dans des engagements concrets qui sont autant de réponses nouvelles à des appels nouveaux.

"Jésus est le Seigneur du risque !" Le pape François, samedi soir, devant des centaines de milliers de jeunes réunis dans la banlieue de Cracovie, en Pologne, pour la veillée point d'orgue de ces 13èmes JMJ a, une nouvelle fois, rivalisé d'inventivité verbale pour convaincre les jeunes catholiques venus de 187 pays de s'engager avec le Christ pour "changer le monde". Il les a surtout provoqué en dénonçant une "dangereuse paralysie lorsqu'on confond le bonheur avec un divan !"

En effet, "le temps qu'aujourd'hui nous vivons n'a pas besoin de jeunes-divan, mais de jeunes avec des chaussures, mieux encore, chaussant des crampons. Il n'accepte que des joueurs titulaires sur le terrain, il n'y a pas de place pour des réservistes." Pour François, l'enjeu est de taille : "Si tu n'y mets pas le meilleur de toi-même, le monde ne sera pas différent". Et "l'histoire aujourd'hui nous demande de défendre notre dignité et de ne pas permettre que ce soient d'autres qui décident notre avenir."

Les grands témoins du passé et ceux d'aujourd'hui n'ont pas fait de "miracles" ni suivi leur Seigneur en restant dans divan. La vigilance, c'est une vertu active, c'est une espérance en habit de travail. Restons éveillés sans nous laisser distraire, soudoyer ou séduire. Il y a des responsabilités à assumer pour ne pas laisser mourir la terre.

L'image de Dieu elle-même demande toujours d'être évangélisée. Si nous n'y prenons pas garde, l'humanité est si prompte à refaire de Dieu un despote ou un bouche-trou. Au contraire, le Dieu de l'Évangile, celui dont nous parle Jésus aujourd'hui et qui nous attend au terme de l'histoire, c'est un Dieu Serviteur, celui qui "prendra la tenue de service pour nous faire passer à table et nous servir chacun à notre tour". C'est ce Dieu-là que je veux encore servir et en qui je mets ma foi.


Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin