Des nouvelles du projet  de solidarité avec Lokolama au Congo

C'est en 2007, à l'occasion du centenaire du début de la construction de notre église Saint-Martin, qu'est né, à l'instigation de notre Doyen Jean-Marie JADOT, le projet de solidarité "PARTENARIAT IBANGA" dont l'objectif était de construire un Centre de Santé à Lokolama. Lokolama se trouve en pleine forêt tropicale de la République démocratique du Congo, dans l'actuelle province de Mai-Ndombe, province dont le chef-lieu est Inongo sur le lac Léopold II.

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Homélie du dimanche 31 juillet 2016 PDF Imprimer Email
Année 2016

Je commence cette homélie par évoquer un message de sagesse que j'ai entendu, il y a plus d'une semaine, prononcé par un des membres de notre communauté à son domicile.
Un jour, devant l'admiration des passants qui le félicitaient pour la beauté de sa maison, le bel emplacement de celle-ci, le bel environnement..., il leur donna cette réponse : « Oui, c'est bien, mais je ne suis que de passage. » « De passage ! Répliquèrent les passants ! » « Oui, de passage, puisque je ne suis pas éternel ; je passerai et tout ceci restera... »

Cette parole m'interpella beaucoup et au plus profond de moi-même...
C'est un peu le thème de l'évangile aujourd'hui. Ce qui y est mis en cause,  ce ne sont ni les riches ni la richesse, mais plutôt l'égoïsme qui renferme l'homme dans une espèce de  super « je » qui s'identifie à son argent, à ses avoirs, ses richesses éphémères qui sont pourtant appelés à disparaître, au lieu de s'attacher à ce qui demeure éternellement. Pour Jésus, la vie d'un homme ne dépend pas de ses richesses. Au fond, il rejoint les propos de l'Ecclésiaste qui parle de la fragilité de l'homme en termes de vanité en nous invitant à évaluer nos actions et nos entreprises à la lumière de l'essentiel qu'est la Sagesse d'en haut. C'est à partir de là que peut s'expliquer ce cri de psaume : « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours ; que nos cœurs pénètrent la Sagesse. » Également dans l'évangile de st Luc, où Jésus, à partir de cette parabole du riche insensé, nous redit qu'il faut fixer notre regard sur le but dernier de nos vies qui est notre filiation divine. C'est comme s'il nous disait une fois de plus : « Ne vous fatiguez pas pour ce qui n'en vaut pas la peine. »
On peut dire qu'au  fond de tout être humain, il y a un réflexe instinctif, qui consiste en cette volonté de s'approprier des biens, de l'argent  pour se sécuriser... Jésus, lui, déclare que par cette envie d'accumuler, nous faisons fausse route. Pour lui, le seul vrai bien, le seul bien vraiment durable, c'est notre vie fondée sur cette Sagesse d'en haut, sur un Amour qui crée en nous une réalité spirituelle éternelle. Un Amour qui fait que nous nous détachions de nous-mêmes, de notre ego, pour devenir ainsi une communion de vie, de partage et d'entraide. Ce comportement ne peut naître que de  notre mort intérieure, par laquelle nous comprenons que la vie ne s'arrête pas seulement aux biens de consommation ; elle relève aussi d'autres niveaux faits de relations avec les autres, avec notre société. Vivre, c'est aussi se créer, c'est-à-dire se relier, communiquer, recevoir et donner. Pour cela, il faut considérer les biens qu'on possède d'une autre manière. Les biens nécessaires à la vie ne doivent pas s'accumuler, se mettre de côté, s'entasser. Si l'on veut que la vie soit bonne, nos biens doivent devenir instruments de relation ; ils doivent se partager.
Comme notre vie humaine,  notre vie quotidienne est faite de beaucoup de choses : richesse, plaisir, douleur, pauvreté, joie, maladie, santé, religion, le temps..., à nous de voir le sens que nous donnons à ces choses et comment nous y privilégions l'essentiel qu'est la vie. Une vie qui nous libère de toute forme d'esclavage ou d'enfermement et qui nous fait participer à la victoire de la résurrection avec Jésus.  Créé à l'image de Dieu qui est communion, partage et générosité, l'homme est appelé à la conversion, au retournement, pour vivre pleinement sa vocation humaine.
Que nos cœurs pénètrent cette Sagesse qui vient d'en haut pour que nous sachions évaluer ce que nous sommes et ce que nous avons aidés par cette Lumière venant d'en haut. Que celle-ci nous éclaire dans le discernement que nous avons à faire face aux événements qui bouleversent notre monde, pour que notre réponse soit une participation au dessein de Dieu qui est celui de bâtir un monde fraternel, d'amour et de paix, respectueux de la vie.


Abbé Wenceslas MUNGIMUR - Vice-Doyen de Saint-Martin