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Homélie du dimanche 10 juillet 2016 PDF Imprimer Email
Année 2016

« De qui suis-je le prochain ? »

Le prêtre, le lévite ou le Docteur de la loi... connaissaient bien la loi. Selon cette loi, ils ne pouvaient pas toucher du sang considéré comme impur lorsqu'ils devaient officier au Temple. Et c'est un peu à dessein que Jésus met en scène un prêtre et un lévite, car il sait très bien qu'il leur est interdit de célébrer au temple en ayant touché le sang. La loi est ainsi appliquée à la lettre et vécue d'un point de vue rituel. Autrement dit, la loi est un précepte extérieur dont l'observation se fait également de manière extérieure et formaliste.

C'est plus dans la tête, avec l'intelligence, la raison et la mémoire que cette stricte observance est vécue et sollicitée plutôt que dans le cœur et la compassion. Or, comme il est dit dans le Livre du Deutéronome, la loi de Dieu est inscrite dans le cœur même de l'homme. Elle n'est pas au-dessus de ses forces, ni hors de son atteinte : elle est tout près de lui, elle est dans sa bouche et dans son cœur... pour qu'il la mette en pratique.  Cette loi de Dieu est celle inscrite dans le cœur du Samaritain, qu'on pourrait qualifier d'un « hors la loi », et considéré comme tel par les juifs. Ce samaritain est saisi dans ses entrailles et il agit poussé par l'élan de son cœur dans lequel se trouvent gravés cette loi du Seigneur et l'amour même de Dieu.  Pour lui, agir selon cette présence de Dieu, c'est en priorité opter en faveur de l'humain, peu importe ses convictions, ses origines, sa couleur, ses moyens, ses rites et coutumes...

Le Samaritain ne demande pas si l'homme blessé est un compatriote, un ami, un homme de même religion que lui. C'est une personne qui a besoin d'aide et cela lui suffit.

Jésus donne le coup de grâce au légiste en le mettant au défi d'agir de la même façon : « Va et fais de même. » Tu as donné la bonne réponse, tu sais maintenant ce qu'il faut faire. Agis comme le Samaritain et tu vivras...

Jésus veut nous signifier par- là que Dieu attache plus d'importance à notre pratique de la charité et du service des autres dans la vie quotidienne qu'à notre pratique du culte et de la prière. Cela veut aussi dire qu'un  Amour vrai de Dieu conduit nécessairement à un Amour du prochain.

« C'est la miséricorde que je veux et non les sacrifices. » dira-t-il ! On ne sert pas Dieu dans l'Eglise si on ne le sert pas d'abord dans la famille, au travail, dans les loisirs, dans la rue et sur la route...

C'est un Dieu a faim et soif dans les pauvres et il considère ce que nous faisons aux miséreux, à nos frères et sœurs, qui sont les membres de son Corps en Église, comme si nous le faisons à lui-même.  Ceci nous interpelle sur l'attitude que nous pouvons prendre vis-à-vis de toutes ces personnes qui souffrent, qui s'interrogent, qui doutent ou qui se sentent exclues de la loi, comme abandonnées sur le bord du chemin. Et ceci en commençant par celles qui nous sont proches, celles que nous côtoyons sur nos routes. Ce sont par exemple, des personnes seules, abandonnées, des personnes âgées qui vivent la solitude, des jeunes en recherche d'emploi et de sens, des familles séparées, des divorcés remariés, des couples homosexuels...
A chacun de nous, Jésus dit, comme au légiste de l'évangile : « Fais de même... et tu auras la Vie. » Ce sera pour nous une meilleure traversée de la porte de la miséricorde et aussi notre participation aux soins de cette Église que le pape François compare à un « hôpital de campagne ».


Abbé Wenceslas MUNGIMUR - Vice-Doyen de Saint-Martin