Homélie du dimanche 26 juin 2016 PDF Imprimer Email
Année 2016

En ce dimanche qui peut être intitulé « dimanche de l'engagement en réponse à l'appel du Christ à le suivre » ou « dimanche des vocations », Jésus insiste sur l'essentiel et la radicalité de l'appel de Dieu, et cela, à son exemple. Il nous montre comment il vit sa mission avec détermination jusqu'au bout, sans découragement ni regret.


Il la vit, entre autres, dans sa marche vers Jérusalem, où l'attend la mort. Mais il s'y rend sans crainte, il doit entreprendre ce passage douloureux et difficile de son existence et il est certain que par ce passage il réalisera l'aboutissement de sa mission terrestre dans la gloire de son Père et son intimité parfaite avec lui.

Jésus vit cette mission avec détermination et dans une grande lucidité devant les épreuves qui sont des entraves et des contraintes sur son chemin. Il subit l'hostilité des Samaritains et l'incompréhension de ses disciples. Il sait très bien que le fait d'aller jusqu'au bout de son destin entraînera chez ses disciples et ses amis les plus chers une réaction de refus parce qu'ils ne partagent pas la même vision que lui.

A ses disciples, en particulier à Jacques et Jean, Jésus demande la patience ou les patiences nécessaires dans la vie. Lorsque Jacques et Jean pensent qu'il faut triompher par la violence ou la vengeance face à ces Samaritains qui refusent de les accueillir, Jésus répond, presqu'en se moquant d'eux, par la non-violence. Comme s'il voulait dire qu'il ne leur appartient pas de juger ceux qui les accueillent ou les rejettent.
Nous aussi, nous devons faire preuve de patience dans la vie quotidienne, la nôtre par rapport aux autres, comme celle des parents vis-à-vis des enfants, par exemple !
Ou encore devant cette envie d'avoir tout, tout, tout de suite proposée par notre société de consommation. Même dans la vie chrétienne, il y a des étapes à ne pas brûler, des moments d'attente, de réflexion à accepter, des peines et des contradictions à assumer.

C'est aussi le message que Jésus adresse à tous ceux qu'il invite à le suivre. Il les soumet à la radicalité du choix par le renoncement, comme nous le voyons dans le récit du prophète Elisée qui doit laisser ses champs et ses bêtes, brûler ses attelages pour se focaliser sur  l'essentiel de sa mission.
Très souvent dans les passages de la Bible, Dieu, par la bouche des prophètes comme Elie, utilise des paroles très fortes, très dures qui peuvent choquer et nous secouer(comme c'est le cas pour le prophète Elisée) pour mieux faire comprendre les exigences indispensables demandées à ceux qui veulent assumer leur vocation.
Jésus aussi emploie ces mêmes paroles dures dans l'évangile pour ceux qui veulent le suivre. En même temps, il les met en garde contre les risques et les insécurités qu'ils rencontreront sur leur route. Il nous donne ainsi une belle leçon de patience pour chacune de nos vocations respectives dans notre monde d'aujourd'hui où nous sommes si peu sécurisés.
Le chemin que Jésus nous propose n'est pas une voie paisible, mais une route parsemée d'embûches et d'obstacles à surmonter pour trouver la vraie vie, celle qui libère.
Comme nous le rappelle saint Paul, Jésus vient nous rendre libres de toute contrainte, de toute idolâtrie ou de tout autre esclavage...

Comme chrétiens, il arrive que nous soyons montrés du doigt, ridiculisés, insécurisés et pour certains même martyrisés. Mais Jésus vient nous inviter au pardon, à la paix, à la réconciliation et à l'amour des ennemis. Il nous déconseille vivement d'être des hommes et des femmes nostalgiques, de regarder en arrière en regrettant le « bon vieux temps », de traîner les pieds, mais des gens dignes en rupture avec le malaise et le pessimisme ambiants et qui marchent résolument vers lui, vivant le présent et regardant l'avenir avec confiance et lucidité.


Abbé Wenceslas MUNGIMUR - Vide-Doyen de Saint-Martin