La Fête de Sainte Faustine avec la Conférence sur la Miséricorde Divine et la Miséricorde à travers la libération

VENDREDI 5 ET SAMEDI 6 OCTOBRE 2018

CONFÉRENCE GUIDÉE PAR LE PÈRE PAUL MARIE DE MAUROY,

Père Paul Marie de Mauroyest frère de la Communauté StJean, philosophe et théologien,ayant exercé diverses responsabilités dans l'Eglise (surtout de prédication). Il est actuellement exorciste des Diocèses de Modène (Italie) et de Beauvais(France).

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Homélie du dimanche 13 mars 2016 - 5ème dimanche de Carême PDF Imprimer Email
Année 2016

Comme l'évangile de la semaine dernière, l'évangile de ce 5ème dimanche de carême est une lumière magnifique que la valeur de la miséricorde que l'Église nous invite à approfondir ou à redécouvrir en cette année jubilaire.

C'est que la miséricorde bouscule bien des habitudes religieuses ! En plaçant la miséricorde au-dessus de la loi, Jésus faisait une révolution. Il nous confiait aussi un trésor à partager, une source de salut et de liberté à offrir à toute l'humanité. Oui, vivre et offrir la miséricorde au monde, voilà bien la mission que l'Église reçoit aujourd'hui encore de son Seigneur.

Aujourd'hui, les sciences humaines nous ont permis de faire un peu mieux la différence entre culpabilité et péché, et ont jeté quelques lumières sur le tréfonds de nos passions. Cependant, parallèlement à cela, l'homme moderne, en croyant pouvoir se passer du regard de Dieu sur sa vie, connaît de nouvelles sources d'angoisse face à la découverte de lui-même et de ses faiblesses.

Et dans ces débats intérieurs que nous pouvons tous connaître un jour ou l'autre, seule une parole d'amour a la puissance de l'amour divin peut relever l'homme et lui rendre un avenir. C'est la puissance de la parole de Jésus à la femme : "Va, et ne pèche plus".

Nous avons besoin de cette parole libératrice, de cette miséricorde inconditionnelle. C'est bien là tout le don gratuit, toute la grâce "du sacrement du pardon". Au fil des siècles, nous l'avions quelque peu dénaturé en le transformant en tribunal de la pénitence, en ramenant l'homme sous la tutelle de la loi.

Qu'à certaines époques, il  y ait eu des dérapages, il ne faut pas le nier. C'est que le domaine est sensible. Et l'Église reste humaine.

Mais à notre génération, nous sommes bien plus menacés par la disparition pure et simple du sacrement du pardon de la vie de beaucoup de croyants.

Les consultations parfois bien nécessaires chez le "psy" ne dispensent pas les chrétiens du "signe" fort de la parole de la communauté chrétienne qui nous dit par le ministère du prêtre de la part de Dieu : "Ton péché est pardonné". Non pas ta névrose, ou ta faiblesse mais bien "ton péché", c'est-à-dire ce que dans ta vie, consciemment, tu as refusé à Dieu. De grâce, n'appelons pas péché "toutes les fragilités de notre condition humaine" ! Le péché, c'est un acte manqué de croyant. Et en un sens, plus nous sommes croyants, plus nous avons conscience d'être pécheurs.

Et Dieu se sert de la parole du frère-prêtre pour nous dire : "Je te libère, relève-toi ! Tu es toujours aimé".

Cette parole-là est irremplaçable. Elle est d'un tout autre ordre que la consultation psychologique ou le traitement psychanalytique aussi utiles soient-ils !

C'est sans doute une chance de pouvoir dépoussiérer et à la fois approfondir et rajeunir une démarche de notre vie de croyant aussi essentielle et vitale pour notre relation à Dieu. Le Pardon divin, c'est le trésor que la communauté chrétienne a reçu de jésus pour le transmettre à toutes les générations, et cela malgré la propre fragilité des hommes qui en sont les serviteurs.

Accepter de recevoir le pardon de Dieu, c'est aussi devenir pour nos frères témoins de cette même miséricorde. C'est pouvoir, comme Jésus, dissocier le péché et le pécheur, prendre sur soi la faiblesse de l'autre et l'aimer davantage.

"Faire ses Pâques" pour reprendre la belle expression des anciens, c'est recommencer sa vie en se découvrant aimé et pardonné. C'est s'entendre dire d'un autre : "Va et ne pèche plus !"

Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin