Des nouvelles du projet  de solidarité avec Lokolama au Congo

C'est en 2007, à l'occasion du centenaire du début de la construction de notre église Saint-Martin, qu'est né, à l'instigation de notre Doyen Jean-Marie JADOT, le projet de solidarité "PARTENARIAT IBANGA" dont l'objectif était de construire un Centre de Santé à Lokolama. Lokolama se trouve en pleine forêt tropicale de la République démocratique du Congo, dans l'actuelle province de Mai-Ndombe, province dont le chef-lieu est Inongo sur le lac Léopold II.

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Homélie du dimanche 6 mars 2016 - 4ème dimanche de Carême PDF Imprimer Email
Année 2016

En écoutant la parabole de l'enfant prodigue, je vous invite à comparer l'image que nous avons de Dieu avec celle que Jésus nous donne de son Père. Le premier but de cette parabole est de nous apprendre à connaître et comprendre enfin « qui est Dieu ? ». En réalité, un Père qui veille, qui attend, qui ouvre ses bras, qui pardonne et organise une grande fête pour le retour de son fils. Un père qui donne tout, et qui va jusqu'au bout du don : il pardonne. Non Seulement il pardonne, mais il trouve sa joie à pardonner, avant tout geste de repentir du fils.

Durant toute sa mission terrestre, Jésus n'a cessé d'annoncer un Dieu dépouillé de tout pouvoir, un Dieu qui n'enferme pas l'homme sous une étiquette ; il respecte toujours nos choix, même celui de le mettre de côté. Il espère le retour de son jeune fils, mais il ne force rien. Si celui-ci décide de revenir, ce sera la fête.
Dans l'Apocalypse, une belle image de ce respect de Dieu nous est offerte : « Voici que je me tiens à la porte ; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui... » (Ap3, 20). Dieu ne force jamais la porte, il reste un père plein de tendresse qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » (Mt5, 45). Il paie de la même monnaie les ouvriers de la première heure et les ouvriers de la dernière heure (Mt20, 1-16). Il refuse de séparer trop vite le bon grain et l'ivraie (Mt13, 24-30). Il aime tellement le monde qu'il envoie son propre fils pour vivre et mourir nous.

Jésus fut le premier à incarner cette image d'un Dieu humble et dépouillé de tout, vivant libre vis à vis de toute oppression. Il a ainsi traversé son parcours sur terre et nous appelle à devenir profondément humains à sa suite. Ce qui lui valut d'être condamné et mis à mort par ceux qui avaient une autre image de Dieu, celle d'un Dieu juge, sévère et puissant.

Le fils prodigue lui-même avait cette image du Père et préférait se séparer de lui pour vivre une vie « libertaire » et s'orienter vers ses dieux à lui, c'est-à-dire, ses idoles. Quand il demande à recevoir sa part d'héritage pour profiter d'une vie de plaisir, il oublie totalement l'existence de Dieu. Face à une telle révolte, Dieu demeure patient et manifeste l'ampleur de sa miséricorde à l'égard de ce fils ingrat.

Peut-être vivons-nous une telle attitude à l'égard de Dieu ! Attitude du fils prodigue qui consiste à refuser la réalité d'un Dieu humble, pauvre et dépouillé, attitude qui fait oublier son visage de Père et son cœur miséricordieux, voyant Dieu comme une entrave, un empêchement à vivre une liberté totale pour courir après chimères et illusions. Ou peut-être un Dieu qui récompense nos mérites, notre fidélité, mesure nos efforts, comme le voyait le fils aîné.
Étant tantôt l'un, tantôt l'autre, tournons notre coeur vers ce Dieu tendre et miséricordieux et apprenons de lui ce regard qui relève, qui remet debout. Laissons-nous accueillir et pardonner dans notre péché par ce Père qui nous serre contre son cœur de toute la force de son Amour, ce Père saisi de compassion qui nous couvre de baisers.
Nous avons, nous aussi, à prendre l'initiative du pardon lorsque nous nous croyons lésés ou offensés. Nous pouvons aussi demander la grâce de faire les premiers pas dans cette démarche de pardon et aller vers l'autre avant qu'il n'exprime ses regrets. Toutes les paroles de repentir sont noyées dans le flot de la tendresse du Père qui a depuis longtemps accordé son pardon et oublié toutes nos offenses. Ce passage d'Evangile nous invite à faire la fête parce que Dieu est miséricorde et nous donne de partager son bonheur, d'entrer dans un chemin de vie.

Abbé Wenceslas MUNGIMUR - Vice-Doyen de Saint-Martin