Connaissez-vous la newsletter bimensuelle du diocèse : elle contient des informations sous forme d'un éditorial, de reportages et d'un agenda ?
Pour  vous y inscrire, il suffit des surfer sur  http://www.diocesedenamur.be et de cliquer dans le menu de gauche sur « Newsletter : inscription ».

Homélie du vendredi 25 décembre 2015 - Jour de Noël PDF Imprimer Email
Année 2015

Cousins et cousines à la mode de Judée, ils sont arrivés de partout pour se faire recenser, selon ce que l'occupant romain avait décrété. C'est fou le monde qu'il y avait "en ce temps-là", dans ce trou perdu de Bethléem. Bethléem, un nom de bourgade qui est sans nul doute une clé symbolique pour entrer dans le mystère de Noël. En hébreu, Bethléem signifie "la Maison du Pain".

C'est là que Joseph arrive, au pays de ses ancêtres "pour se faire recenser avec Marie son épouse qui était enceinte". Comme la grande salle de la ferme-auberge était déjà pleine à craquer, ils n'ont d'autre choix que de se réfugier à l'étable. C'est là, qu'au cours de la nuit, Marie va mettre au monde son tout-petit qu'elle déposera dans la mangeoire.

En faisant ce geste (dans l'urgence de la situation), mesure-t-elle Marie, le rapport mystérieux entre la naissance insolite de son premier-né dans une étable de "la Maison de Pain" et le Pain de la Vie qu'il deviendra, au soir de sa vie, pour toute l'humanité toujours en attente d'un pain qui comble la faim la plus fondamentale de l'homme ? Mesure-t-elle que son geste de boulangère annonce un autre pain et un autre repas ? Mesure-t-elle qu'en recouvrant son petit trésor pour qu'il dorme, comme le boulanger recouvre la pâte pour qu'elle lève, elle anticipe cet autre geste qu'elle posera 33 ans plus tard lorsqu'elle enveloppera  ce même fils d'un linceul et le déposera au tombeau... pour qu'il dorme et qu'il lève ?

Frères et sœurs, mes amis, en ce jour, Pâques déménage à Noël, Jérusalem se déplace à Bethléem. Les boulangers de la capitale s'installent à la campagne. Le repas pascal se célèbre à l'étable. Cette nuit-là, ce sont les pauvres petits bergers qui accourent les premiers pour manger le pain de la maison de Dieu !

Quelle chance, mes amis, si dans votre cœur, en ce jour de fête vous redécouvrez, ici à l'étable de la Maison du Pain, la richesse infinie du signe de l'Eucharistie qui depuis 2000 ans est le haut-lieu du rassemblement du peuple des croyants. Sans l'Eucharistie, notre foi en Jésus se vide de toute substance, la faim de Dieu est bien vite remplacée par la faim de bonheurs éphémères et illusions...

Saint Jean, à la première page de son évangile que nous relisons chaque année aux eucharisties du jour de Noël a une toute autre approche du mystère de l'incarnation, de l'irruption de Dieu dans l'histoire des hommes. Mais sa vision à lui est aussi très riche et très complémentaire de celle de saint Luc entendue à la messe de Minuit. Jean ne raconte pas ce qui s'est passé de nuit à la Maison du Pain, mais il annonce que Dieu s'est fait Parole, que la Parole divine s'est faite chair, qu'elle est venue habiter parmi nous. Noël, pour saint Jean, c'est Dieu qui entre en dialogue avec l'homme.

Le Pain partagé et la Parole dialoguée... n'est-ce pas ce dont l'humanité a le plus besoin ? Mourir de faim et mourir d'absence de dialogue, n'est-ce pas les plus grands maux qui nous menacent ? N'avoir plus rien à manger, n'avoir plus rien à se dire, c'est être au seuil de la mort...

"Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous..."

A cette annonce de Jean, puisse chacun de nous répondre de tout son cœur avec les derniers mots du livre de l'Apocalypse qui sont aussi les derniers de la Bible : "Ô oui ! Viens Seigneur Jésus !"

Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin