La Fête de Sainte Faustine avec la Conférence sur la Miséricorde Divine et la Miséricorde à travers la libération

VENDREDI 5 ET SAMEDI 6 OCTOBRE 2018

CONFÉRENCE GUIDÉE PAR LE PÈRE PAUL MARIE DE MAUROY,

Père Paul Marie de Mauroyest frère de la Communauté StJean, philosophe et théologien,ayant exercé diverses responsabilités dans l'Eglise (surtout de prédication). Il est actuellement exorciste des Diocèses de Modène (Italie) et de Beauvais(France).

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Homélie du dimanche 22 novembre 2015 - Christ-Roi PDF Imprimer Email
Année 2015

Chaque année, à pareille époque, pour clore le cycle de l'année liturgique, la fête du Christ-Roi vient couronner la réflexion et la méditation de la Parole de Dieu que nous écoutons chaque dimanche.

Quand on regarde la reproduction du tableau du peintre Arcabaz placé en ce jour devant l'autel, un tableau qui est l'expression de l'évangile que nous venons d'entendre, on peut se dire "Quel étrange roi que celui-là !... Couronné d'épines, couvert de traces de violence, la croix du supplice comme étendard à côté de lui !" C'est lui le Roi de l'Univers dont l'évangile de Jean vient de nous parler !

Jésus est là devant Pilate, pieds et poings liés. Il vient d'être passé à tabac par les gardes, couvert de sang et de crachats, dérisoire sous sa couronne d'épines.

Quel tableau ! Nous sommes aux antipodes des gloires et des pouvoirs mondains. La gloire de Dieu et la royauté du Christ ne sont pas de ce monde.

C'est à ce moment tragique qu'est révélée la vérité sur Dieu. "Je suis venu pour rendre témoignage à la Vérité". L'heure de la croix, c'est l'heure de la vérité : le Dieu que Jésus appelle "son Père" n'est pas drapé dans une toute-puissance qui écraserait l'homme, qui agirait à notre place, un Dieu qui aurait tout pouvoir sur l'homme, de qui on aurait tout intérêt à s'attribuer les bonnes grâces. Le Dieu de Jésus a toute la fragilité de l'amour et du pardon. En entrant dans l'humanité, Dieu n'a pas fait semblant. Il s'est fait le serviteur de tous. Il se donne. Gratuitement. Le prisonnier humilié devant Pilate, le condamné à mort sur une croix : voilà notre Dieu. L'amour divin est allé jusque-là. Voilà la royauté du Christ.

En contemplant le Christ tel qu'il se présente à Pilate ce jour-là, voici que bien des visages se superposent : le visage de tous les mal-aimés, des rejetés, des montrés-du-doigt de notre temps ! "Mon Royaume n'est pas de ce monde" dit Jésus. Son Royaume ce sont les homes, les hospices, les IMP, les hôpitaux, les maisons de santé, les goulags, les mouroirs de Calcutta... mais aussi tous ces lieux aux antipodes de la productivité tels les ermitages, les lieux de prière et d'amour fraternel... Mais aussi un cœur d'enfant, un cœur de pauvre, un cœur de mère, un cœur qui fond de tendresse, de pardon ou de commisération.

Sommes-nous convaincus que ce sont là les richesses du christianisme ?

Nous sommes loin des "battants" de notre société.

Devant l'Ecce Homo, le Christ humilié, toutes les illusions, les prétentions, les décorations, les masques, "les poussants", les intérêts ne cessent de tomber les uns après les autres.

Il reste l'amour à l'état pur.

Quand nos prétentions et nos masques tombent, quand nous sommes devant les autres comme devant Dieu, quand il ne reste que notre cœur qui bat, commence alors le témoignage de la vérité : chacun peut être aimé dans sa différence ou sa pauvreté.

Alors commence le temps d'un Dieu qui n'a de puissance que dans son amour et son pardon, le temps de l'homme qui découvre sa dignité,  sa véritable grandeur : il se découvre fils du Père, follement aimé et toujours pardonné... et frère universel... poussé au vent de l'Esprit. Oui le Royaume du Christ n'est pas vraiment celui du monde ! Ce Royaume, il n'en finit pas de pouvoir naître au cœur de chacun des croyants !

C'est ce que nous venons célébrer ensemble chaque dimanche !

Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin