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Homélie du dimanche 13 septembre 2015 PDF Imprimer Email
Année 2015

En méditant encore une fois cet évangile, je me suis fait cette réflexion : aujourd'hui, si Mr le Doyen me posait la même question : « Pour toi, qui suis-je ? ». Quelle réponse pourrais-je lui donner ? Ou si je lui posais à mon tour, comment me répondrait-il ?

Ou encore, dans notre assemblée, où nous sommes les uns à côté des autres, si l'on s'amusait à le faire entre voisins, quelles seraient nos réactions ? Quelle écoute profonde avons-nous de nous-mêmes, des autres, de la Parole de Dieu ?

En effet, Jésus pose cette question aux disciples après une série de controverses sur sa divinité, où il est non seulement aux prises avec ses contradicteurs, mais où il assiste aussi à la défection de certains de ses disciples... Il sait par ailleurs que l'opinion des gens et de ses disciples divergent sur sa personne. Il voudrait amener ses disciples à la connaissance de sa vraie identité de Fils de Dieu.

Une connaissance qui est le fruit d'une rencontre intérieure et non d'accumulations de savoirs sur sa personne. Ce qui engendre une réponse qui relève de l'action de l'Esprit-Saint plus que de notre intelligence. La réponse de Pierre, suivie de ses remontrances à Jésus, en est la preuve.

Bien que Jésus salue cette réponse, il ne tarde pas à traiter Pierre de Satan, c'est-à-dire d'obstacle pour l'action de Dieu, parce que Jésus parle de la souffrance sur sa route. Pierre rêve d'un autre Messie ! Il ne comprend pas que suivre la route du Christ n'a rien à voir avec les vainqueurs, la gloire, le succès, l'affirmation de soi, mais simplement avec l'obéissance de mettre sa Parole en pratique, avec notre capacité d'aimer, de servir et d'être solidaire. Ceci n'est possible que lorsqu'on se laisse habiter et guider par le Christ lui-même. Or même si la route qu'il nous propose est parsemée d'embûches, d'épreuves, de persécutions, elle aboutit au salut, à la libération et à la victoire.

Aujourd'hui, le Christ nous a promis d'être avec nous tous les jours jusqu'à la fin du monde. Comment accueillons-nous ce message ? Cette présence est-elle limitée à l'Eucharistie ou bien dans chaque lieu de notre vie ?

La reconnaissons-nous, cette présence, dans chaque être vivant, dans chaque être humain, en commençant bien sûr par ceux qui nous sont les plus proches ? Pouvons-nous, par exemple, reconnaître le Christ souffrant chez les malades, chez ceux qui vivent la précarité sociale ou économique, chez les migrants ou encore chez les musulmans écrasés par une grue en Arabie Saoudite ces derniers jours ? Aujourd'hui, le Christ nous invite à le reconnaître présent et vivant en ces différents lieux et à le suivre pour marcher avec lui sur les chemins du monde. Il a donné sa vie pour les autres et nous invite à faire comme lui. C'est à nous de découvrir les occasions de réaliser ce rêve. La question que Jésus nous pose est de savoir si nous voulons, nous aussi, le quitter ou prendre chaque jour notre croix et marcher avec lui.

Nous savons que notre monde est plus beau parce que Mère Teresa a donné sa vie pour les pauvres en Inde ; parce que sœur Emmanuelle a consacré sa vie à aider les chiffonniers du Caire ; parce que le franciscain Maximilien Kolbe a offert sa vie aux SS pour sauver un père de famille ; parce que le Père Damien a partagé sa vie avec les lépreux de Molokaï ; parce que Mgr Romero a appuyé les plus pauvres de son pays par des positions courageuses qui lui ont coûté la vie, tué par balles durant l'Eucharistie ; parce que Nelson Mandela a combattu l'Apartheid ; parce que Martin Luther King a fait un rêve et l'a payé de sa vie ; parce que le cardinal Martini a eu le courage de critiquer certains dirigeants de l'Eglise qui refusaient d'aller de l'avant et de proclamer le message du Christ pour les gens d'aujourd'hui.

Le monde est plus beau parce qu'une mère de famille passe des nuits blanches à soigner un enfant malade ; qu'un père travaille dix heures par jour pour nourrir les siens ; qu'un couple se prive d'un voyage à l'étranger pour venir en aide à un voisin en difficultés financières ; que des amis supportent un homme malade d'alcoolisme ou un jeune sous l'emprise de la drogue ; que des parents prennent soins d'un enfant handicapé ; que des enfants s'occupent de leurs parents âgés. Aux jeune ou à ceux qui possèdent un compte Facebook, je pose deux questions : Quelle raison vous pousserait à inviter Jésus comme ami ? Ou si vous l'invitez, pensez-vous qu'il vous accepterait comme ami ?

Abbé Wenceslas MUNGIMUR - Vide-Doyen de Saint-Martin