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Homélie du dimanche 30 août 2015 PDF Imprimer Email
Année 2015

Aujourd'hui, c'est la journée mondiale de la sauvegarde de la création. De manière générale, les lectures nous parlent de la loi de Dieu que nous sommes appelés à observer et à mettre en pratique. Le pape François, dans sa lettre encyclique ‘'Laudato si'' (Loué sois-tu), parle, lui aussi, de la loi de la création, qui est aussi la loi de Dieu, la loi humaine. Les textes de ce dimanche nous rappellent l'importance de cette loi divine et comment elle doit être vécue et transmise de génération en génération. Nous pourrions, d'ailleurs, intituler ce dimanche, dimanche de l'accueil, de la charité ou de la fraternité.

Même si une phrase de Jésus dans l'Evangile peut nous bousculer : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites. Vous m'honorez du bout des lèvres mais votre cœur est loin de moi. Vous n'enseignez que des préceptes humains. »Une phrase qui peut trouver écho en chacun de nous : si c'est bien vrai que la parole de Jésus est une parole qui m'est adressée, ne devrais-je pas être dans un certain malaise. Jésus pense-t-il vraiment cela de nous, de moi ?Pour entrer dans le thème de la liturgie d'aujourd'hui, partons du refrain du psaume : « Seigneur, qui séjournera sous ta tente ? »La tente c'est le lieu d'un habitat... provisoire. Nous pensons bien sûr au camping et aux séjours de nos jeunes sur leurs lieux de camps. Mais au temps de Jésus c'était aussi l'habitat quotidien de ceux qui étaient des nomades. Aujourd'hui ils sont ici et demain là-bas en fonction des pâturages. Dieu nous demande de ne pas nous installer dans nos certitudes et nos prescriptions...Se laver les mains avant de manger va de soi, mais quand cela devient le prétexte pour juger les autres, les traiter d'impurs, parce qu'ils ne le font pas, devient un abus contre lequel Jésus s'insurge. Tous les préceptes sont des inventions de l'homme et ne doivent pas se confondre avec le commandement de Dieu. Le Deutéronome nous rappelle que nous ne devons rien ajouter à ce que Dieu ordonne. Rappelons-nous la réponse de Jésus à celui qui lui demande quel est le plus grand commandement : Tu aimeras Dieu et ton prochain comme toi-même.
Aussi, le rêve de Dieu n'est-il pas de nous voir sous la même toile de tente, sous le même toit ? Le toit qui peut être celui de la communauté paroissiale, de nos groupes de partage ou de nos familles ou de nos communautés religieuses, etc. Et n'ayant comme loi que celle de l'amour réciproque.Et ici aussi, nous ne pouvons ne pas penser à toute cette foule immense de réfugiés, fuyant les lieux de guerre ou de crise et qui cherchent cette tente accueillante pour eux et pour leurs enfants. Qui peut rentrer sous cette tente ? Ceux dont on est sûr qu'ils ont leurs mains lavées ?
A travers tous ces textes d'aujourd'hui, nous sommes invités à revisiter les rites qui rythment notre vie. Les rites sont importants et nous ne pouvons vivre sans eux. Ils donnent du relief à la vie. Rites religieux ou rites familiaux, rites scolaires ou rites culturels donnent du goût à la vie. Mais Jésus nous rappelle que le rite pour le rite est stérile ou même néfaste. C'est ce qui sort de l'homme qui rend les choses impures. Nous voilà donc face à nos responsabilités : laissons-nous de côté le commandement de Dieu au profit d'une tradition juste humaine c'est-à-dire sans perspective divine ? Et n'y a-t-il pas des rites à repenser comme les sacrements ou les temps sacrés en famille comme la prière familiale. Nous savons que les rites humains d'aujourd'hui se vivent autour des écrans. Les écrans nous séparent-ils ou bien ils nous donnent plus d'opportunités de fraternité et de donation de soi-même ?
Concluons par cette parole de la première lecture : « Il n'y a pas un peuple sage et intelligent comme cette grande nation ». De nouveau il s'agit de nous. Non pas pour nous gargariser et nous complaire dans ce jugement tellement satisfaisant mais plutôt pour prendre toute la mesure de la grandeur que nous avons face à Dieu et face à l'humanité. Dans ce monde tellement déshumanisé, tellement bafoué, tellement en souffrance, nous, peuple chrétien,  avons une parole à dire et à vivre au nom de Dieu. Voilà notre vocation à chacun, vocation de prophète, de porte-parole de Dieu pour mes frères en humanité. Et travailler en faveur de la création, c'est, à mon avis, soigner l'équilibre entre trois relations au coeur de votre, à savoir la relation avec Dieu, la relation avec les autres et celle avec la nature. Il s'agit de les vivre non seulement de manière extérieure, mais au for interne.

Abbé Wenceslas MUNGIMUR