Grande récolte de dictionnaires français et anglais
et de manuels de sciences, physique, chimie, biologie, menuiserie et électricité.

À déposer à la librairie du CDD, rue de Bastogne 46 (Arlon)

Ils seront redistribués aux élèves de Lokolama (Congo).

Merci pour eux !

Homélie du dimanche 14 juin 2015 PDF Imprimer Email
Année 2015

« Silence, ça pousse ! » et Confiance au Grand Jardinier...

C'est le titre que je propose qui, à mon avis, résume un peu le thème des lectures de la messe d'aujourd'hui. Une de mes sources est, entre autres, une émission de France 5 intitulée : « Silence, ça pousse ! »


Dans l'extrait du livre d'Ezéchiel, il est dit : « À la cime du grand cèdre, je prendrai une tige ; sur la haute montagne d'Israël je la planterai. Elle portera des rameaux et produira du fruit, elle deviendra un cèdre magnifique. En dessous d'elle habiteront tous les passereaux et toutes sortes d'oiseaux, à l'ombre de ses branches, ils habiteront ». Des paroles qui décrivent, au départ, la vocation d'Israël, petit peuple au milieu des nations. En exil, il semble voué à la destruction. Seuls quelques croyants demeurent fidèles au vrai Dieu.  Le Prophète Ezéchiel ne perd pas confiance. Pour lui, la minuscule bouture germera et deviendra un grand arbre qui abritera tous les hommes de la terre...
Aussi Israël est-il appelé à réaliser la grandeur de l'amour de Dieu qui le porte, pour qu'il grandisse, porte  du fruit et, en même temps, permette aux nations païennes (symbolisées par les oiseaux) de s'abriter sous son ombre, sans distinction de race ni de religion, puisque le prophète parle de toutes sortes d'oiseaux. C'est aujourd'hui la mission de l'Eglise appelée à être un grand arbre sous lequel toutes les sortes  d'oiseaux, que nous sommes, peuvent trouver refuge, se reposer, se ressourcer, se nourrir, discuter, se rafraichir. La réalité quotidienne prouve que nous sommes confrontés, en nous et autour de nous, à des multiples points d'interrogations, à des situations désespérées, qui surgissent chaque fois nous sommes dans l'épreuve, le désarroi... : « Où donc est Dieu dans notre monde? Où est son Royaume? »...Ce sont là deux des questions que nous pouvons nous poser, un peu comme le peuple d'Israël en exil !
Les textes de la Liturgie de ce jour nous exhortent à la confiance et nous invitent à reconnaître la germination de la Parole de Dieu dans le monde. À travers d'étranges détours, elle fait naître une réalité d'Amour qui n'est pas visible aux yeux de tous mais qui apparaîtra un jour comme la seule réalité authentique et durable. La parabole nous rappelle aussi que pendant que la vie éclate de toutes parts autour de nous, nous devons apprendre à être calme, à ne pas nous agiter, à dormir tranquillement...Rien à voir, bien sûr, avec une quelconque paresse, que s'amuse à stigmatiser notre société d'agitation et d'activisme...
Saint Paul disait qu'au lieu de se construire soi-même, le chrétien doit se laisser façonner par la grâce de Dieu. Le Seigneur est comme le sculpteur qui n'empile pas pierre sur pierre mais qui enlève ce qu'il y a de trop dans le bloc de marbre qu'il travaille. Ainsi le chrétien doit se laisser modeler en toute confiance.  Il doit aussi s'en remettre à Dieu pour le développement de la foi autour de lui. «J'ai semé, affirmait-il, Apollon a arrosé, mais c'est Dieu qui donne la croissance.». Nous comprenons ainsi que l'évangile n'est pas d'abord une leçon de morale. Elle est révélation de Dieu qui nous a créés et a donné à la nature ses lois de développement et de croissance. C'est, malgré tout, une leçon d'humilité, d'abandon et de confiance dans la toute-puissance Dieu.

Abbé Wenceslas MUNGIMUR