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Homélie du dimanche 26 avril 2015 - 4ème dimanche de Pâques PDF Imprimer Email
Année 2015



Ce quatrième dimanche de Pâques, où nous fêtons Jésus bon Pasteur, bon Berger, l'église nous invite à prier pour les vocations. Des vocations à l'image du Bon pasteur.

L'image du bon berger était fort répandue dans l'ancien Orient et désignait les rois et chefs de clans. Dans la Bible, cette image s'applique aussi à Dieu, pasteur de son peuple.

Isaïe le dit si bien : « Voici votre Dieu qui vient : comme un berger, il fait paître son troupeau ; il rassemble les brebis égarées, il porte les agnelets, il procure de la fraîcheur aux brebis qui le suivent ». Ou dans le psaume 22 : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien » et Jésus lui-même se présente comme « le bon Pasteur ».

La comparaison était facile à comprendre pour un peuple de nomades en marche vers la Terre Promise. Ses plus grands chefs étaient des bergers : Abraham et ses troupeaux de petit bétail ; Moïse, berger dans le désert recevant la révélation du buisson ardent ; David gardant les moutons de son père. Le berger n'était pas un personnage romantique comme nous le représentons souvent aujourd'hui, mais plutôt un homme courageux, qui savait défendre ses brebis des animaux sauvages et des voleurs.

Dans 1 Samuel 17, 34-36, David dit au roi Saül qui voulait l'empêcher de combattre le géant Goliath : « Quand je faisais paître les brebis de mon père et que venait un lion ou un ours qui enlevait une brebis du troupeau, je le poursuivais, je le frappais et j'arrachais celle-ci de sa gueule. Et s'il se dressait contre moi, je le saisissais et je le frappais à mort ».

Dans le monde chrétien, l'image du Christ Bon Pasteur se retrouve dans certaines de nos maisons. C'est une des premières représentations du Seigneur ressuscité qui inspire beaucoup de nos pratiques pastorales. Aujourd'hui encore, les évêques utilisent la crosse du berger comme symbole de leur ministère pastoral.

Pour Jésus, comme dans les textes de l'Ancien Testament, le Bon Pasteur, c'est celui qui permet à ceux et celles qui lui sont confiés de « vivre pleinement ».

D'ailleurs, en Jean 10, 10 Jésus dit clairement : « Je suis venu pour qu'ils aient la vie, et qu'ils l'aient en abondance ».

Dans l'évangile de saint Jean, l'accent est mis sur l'individualité de chacun et l'importance que chaque humain a pour Dieu : « Je suis le bon Pasteur. Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent ». Entre gens qui se connaissent bien et s'aiment, s'institue une sorte de complicité qui fait que l'on se reconnaît au son de la voix et que l'on peut se comprendre à demi-mot. De plus, appeler une personne qui nous est chère par son nom ou son prénom fait vibrer le cœur selon la densité de la relation vécue. Si quelqu'un est important pour nous, nous connaissons son nom. La connaissance de cette personne nous permet de l'aimer et de la respecter.

Par contre, la haine et les préjugés détruisent les relations et peuvent réduire un groupe humain à une étiquette, une abstraction. Les personnes n'ont plus de visage et il est extrêmement dangereux de regrouper les gens dans des catégories ciblées : « les Juifs », « les Musulmans », « les Catholiques », « les Protestants », « les intégristes », « les blancs », « les noirs », « les homosexuels », « les prostituées »,  etc...

Le danger commence là où l'homme devient un numéro, une catégorie, une espèce à craindre et à éliminer. Nous sommes devenus les témoins impuissants de meurtres et tortures perpétrés dans beaucoup de pays.

Dans l'évangile d'aujourd'hui, Jésus refuse cette négation de la personne. Il insiste sur la connaissance de ses brebis et il les appelle par leur nom. Le bon Pasteur est le Dieu des Juifs, des Samaritains, des Musulmans, des Hindous, des Chrétiens, de tous les hommes sans exception : « J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ». Le bon Pasteur est celui qui se préoccupe, qui prend le temps de connaître, qui répond aux besoins spécifiques d'une personne à la fois : Marie-Madeleine, Zachée, la Cananéenne, le bon larron, le paralytique, la Samaritaine, le lépreux, Nicodème, l'aveugle de Jéricho, la femme adultère, etc...

En ce dimanche du bon Pasteur et des vocations, nous sommes invités à marcher dans les traces du Seigneur, à être de bons pasteurs pour les gens que nous rencontrons.

Espérons que l'on puisse dire de nous, à la fin de notre vie, ce que l'on disait du Christ : « Il a passé sa vie à faire du bien et à aider les autres à avoir la vie en abondance ».

Dans la maison du Seigneur, la moisson est abondante. Prions pour que chacun perçoive l'urgence de l'appel du Seigneur à avoir d'authentiques vocations.

Abbé Wenceslas MUNGIMUR