L'Avent coïncide cette année avec les 70 ans
de la Déclaration universelle des droits humains .

Souvent oubliés, remis en question, les droits humains ne sont ni un luxe ni un acquis : ils sont un combat de chaque jour, notamment pour vaincre l'exclusion sociale et la pauvreté. Pour le chrétien, ils font écho au message de l'Évangile.

La pauvreté est à la fois une atteinte aux droits humains et la conséquence du non-respect de ces droits. En cette année anniversaire, plus que jamais, nous sommes invités à regarder autrement les exclus de la société, celles et ceux dont on oublie les noms et auxquel-les on appose des étiquettes : sans-abri, sans-emploi, sans-papiers... Comme si ces personnes n'existaient qu'à travers ce dont elles et ils sont dépourvus, au mépris de leurs potentialités.


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Homélie de la Veillée Pascale - 4 avril 2015 PDF Imprimer Email
Année 2015

La première lecture extraite du livre de la Genèse vient de nous inviter à retourner dans le jardin de nos premiers parents, le jardin d'Eden, ce jardin des origines jadis perdu parce que, dès le début de l'humanité, l'homme a laissé de doute et la méfiance s'installer dans sa relation à Dieu. Il s'est pris à douter que son bonheur puisse se trouver dans sa relation à Dieu. C'est un doute qui, depuis la nuit des temps n'a cessé d'habiter le cœur de l'homme. Ce récit est bien sûr symbolique mais il nous questionne toujours aujourd'hui.

Le temps du Carême proposé aux chrétiens comme un itinéraire spirituel pour reprendre pied dans le jardin de Dieu... pour retrouver la fraîcheur des sources, la joie de recevoir son bonheur d'un Autre... et ainsi, laisser renaître la confiance.

Cette nuit, nous sommes au terme de cet itinéraire, revenus aux portes du jardin de Dieu et de la confiance retrouvée. De ce jardin, Jésus s'est laissé voir tour à tour, comme le portier et comme le jardinier, celui qui va bouleverser le cœur de Marie-Madeleine et des apôtres.

Cette nuit, toi ma sœur, toi mon frère dans le Christ, Jésus se tient à la porte du jardin de ton cœur... et voici qu'un ange nous redit à chacun, au creux de notre oreille : "Sois sans crainte ! Je sais que toi aussi tu cherches Jésus le crucifié ; Il n'est pas ici car il est ressuscité comme il l'avait annoncé. Viens voir toi aussi l'endroit où il reposait... et puis, courre dire à tes frères : "Il est ressuscité d'entre les morts. Il vous précède dans votre Galilée. C'est là que vous le verrez !"

La grâce des grâces, c'est de voir Jésus vivant dans notre Galilée à nous, dans notre propre jardin intérieur, dans le jardin de nos blessures et de nos humiliations, de nos reniements et de nos trahisons. Car c'est de cela aussi, hélas, que nous sommes capables, comme Judas et comme Pierre... parfois jusqu'à la tentation d'en finir avec la vie.

Ami, cette nuit, Jésus parle à ton cœur. Il parle le langage de la renaissance, du pardon et de la grâce. A chacun, il répète : "Je viens habiter ta vie parce que j'ai vaincu la mort et le péché ; en toi, je peux faire l'impossible... si tu me fais confiance et si tu risques ta foi en moi. Et si cette foi et cette confiance, tu es prêt à les traduire en choix de vie, en amour et en fidélité, alors toi aussi tu peux devenir passeur de lumière et porteur d'espérance pour ce monde qui n'en finit pas de se battre avec les démons de la nuit.

Comme un enfant qui court à la chasse aux œufs, au matin de Pâques, dans vos jardins, dans la belle assemblée que nous formons ici ce soir, une petite fille court entre ses deux sœurs ! Elles ont pour nom "la foi" et "la charité". Et la petite s'appelle "espérance". Elle ne sait pas encore grand-chose de ce monde, de ses blessures et de ses tourments. Elle est encore radieuse d'innocence !

Mais cette petite, mes amis, laissez-la courir aujourd'hui dans le jardin de votre vie, en messagère du Dieu de Pâques ! Qu'elle grandisse et s'épanouisse dans le jardin de votre cœur ! Comme l'écrivait le poète Charles Péguy : "qu'elle puisse entraîner ces deux grandes sœurs !"

Le miracle de Pâques, il se produit quand la foi, l'espérance et l'amour saisissent des vies d'hommes, de femmes, de jeunes et d'enfants jusqu'à les rendre rayonnantes d'un bonheur contagieux, témoins émerveillés du Christ ressuscité !

Je vous souhaite à tous d'être des miraculés de Pâques !

Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin