Célébration de la réconciliation Jeudi  20 à 19h à St-Martin

Confessions individuelles Samedi 22 à 16h à St-Martin


Homélie du dimanche 20 septembre 2015 PDF Imprimer Email
Année 2015

1ère lecture : du livre de la Sagesse (2,12.17-20)
2ème lecture : de la lettre de saint Jacques (3,16-4,3)
Evangile : selon sain Marc (9,30-37)

"Qui est le plus grand ?" ... Ah ! l'éternelle question qui, depuis l'aube des temps, oppose les hommes entre eux, suscite la jalousie et les rivalités qui mènent au désordre"!

"D'où viennent les guerres ? D'où viennent les conflits entre vous ?  N'est-ce pas de tous ces instincts qui mènent leur combat en vous-même ? Vous êtes jaloux et vous n'arrivez pas à vos fins alors vous entrez en conflit  et vous faites la guerre."

Sur le chemin de Capharnaüm, les propres disciples de Jésus n'échappent pas à la pesenteur de l'humanité. Besoin de se comparer, de s'évaluer, de se classer pour mieux se rassurer... Comme si, pour savoir qui nous sommes, nous avions besoin de mesurer ce que les autres ne sont pas ! Eternelle répétition du meurtre d'Abel par Caïn, éternel désir de domination qui, toujours, mène à l'écrasement de l'autre.

Nos relations sont empoisonnées par cette pernicieuse interrrogation : suis-je le meilleur ? Nous voulons nous savoir plus riches, plus forts, plus intelligents, plus performants, plus brillants que ceux que nous côtoyons. Jusqu'au tragique parfois, l'orgueil et l'esprit de compétition semblent bien être le levier de commande de nos sociétés. Ils sont le talon d'Achille de nos entreprises économiques, de bien des activités sportives et ludiques, du style de vie de "l'homme moderne".

De la première génération des disciples déjà, jusqu'à maintenant, l'Eglise elle-même n'y échappe pas. Tous ces conflits menacent, à chaque époque, sa vie et son dynamisme.

Face à cette logique fratricide et suicidaire, Jésus propose, aujourd'hui, une autre voie, contestataire, étonnante, radicale. "Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. (Il place un petit enfant au milieu d'eux.) Celui qui accueille un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. "L'enfant, le petit... qui devient une parabole du Royaume des cieux, qui devient le "double" de Jésus...

Dans ce même évangile dominical, le Christ annonce déjà sa Passion : manière de nous rappeler que le Royaume de Dieu ne s'entrouvre qu'à ceux qui, à son exemple, acceptent de mourrir à leur volonté de puissance. "Père, non pas ma volonté mais ta volonté." Les vrais combats, les vraies compétitions ne sont pas à mener contre les autres mais contre soi. Ils sont intérieurs, spirituels. Il s'agit bien d'évangéliser "nos profondeurs".

Frères et Soeurs, bien des souffrances de nos vies, de nos relations, bien des drames familiaux, bien des conflits entre les gens et les peuples pourraient s'apaiser et trouver des chemins de solution si l'homme d'aujourd'hui - c'est à dire aussi nous-mêmes -  négligeait moins sa vie intérieure.

L'évangélisation des profondeurs suppose une vie spirituelle et une vie de prière soutenues qui seules nous feront échapper au rouleau compresseur d'une société qui écrase l'homme en ne flattant que son orgueil et son instinct de domination. Nous avons intensément besoin d'une vie de prière qui nous permettra de passer de la pesenteur à la grâce.

C'est le grand mystique russe Séraphin de SArov qui disait : "Acquiers la paix intérieure et des milliers autour de toi seront sauvés." J'ai envie d'ajouter: la paix du monde, elle commence dans ton coeur.

Jean-Marie Jadot, doyen.