Nous avons le plaisir de vous communiquer le lien vers la vidéo du spectacle « En Chemin » à l'église Saint-Martin sur YouTube (version complète - 1h10)
Homélie du dimanche 7 décembre 2014 - 2ème dimanche de l'Avent PDF Imprimer Email
Année 2014

Par la bouche du prophète Isaïe, Dieu lui-même annonce le pardon et la délivrance de son peuple dans cette parole : « Consolez, consolez mon peuple ».

Consoler en hébreu signifie : « Provoquer un profond soupir de soulagement ».

Quelle Bonne Nouvelle ! Être assuré de la présence de Dieu auprès de son peuple.

L'Evangéliste Marc, en ce 2ème dimanche de l'Avent nous invite à entendre cette Bonne Nouvelle, qui est la venue de Dieu en la personne de Jésus-Christ, son Fils bien-aimé. « Voici votre Dieu {...} Voici le Seigneur Dieu... ». Et Jean surnommé le Baptiste en est le premier témoin.

Jean Baptiste, grand prophète, charnière entre l'Ancien et le Nouveau Testament, original et farfelu, excentrique, habillé comme Elie d'une peau de bête...ce prophète s'inscrit dans l'histoire du peuple élu en préparant les cœurs à accueillir plus puissant que lui : « Voici venir derrière moi Celui qui est plus puissant que moi ! »

Attirant les foules, il proclame un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Il n'a d'autre préoccupation que d'orienter les gens vers l'Emmanuel, Dieu-parmi-nous. Il ne garde pas pour lui le succès dont il jouit auprès des foules, allant jusqu'à dire qu'il n'est pas digne de défaire la courroie de ses sandales.

Dieu vient à notre rencontre, se lier d'amitié avec nous, nous faisant l'honneur d'être ses partenaires. « Notre foi nous ouvre à une heureuse, extraordinaire et joyeuse nouvelle : le Seigneur vient, il nous ouvre dès maintenant les portes de la vie, nous sommes en train d'être divinisés. Nous sommes faits pour vivre toujours, en Christ, comme fils et filles bien-aimés du Père. » (Commentaire, Feu Nouveau, 2ème Dimanche de l'Avent, 2014).

Cette Bonne Nouvelle annoncée par Jean, avec un accent de sincérité, invite ses contemporains à une véritable conversion du cœur, à un retournement, à un changement en profondeur. Nous détourner de ce qui n'est pas Dieu, préparer nos cœurs à accueillir la Bonne Nouvelle qui est vie, amour et vérité, Bonne Nouvelle qui est Jésus lui-même.

Il y a urgence, Jean Baptiste ne plaisante pas, il ne joue pas au démagogue. Et aujourd'hui, plus que jamais, sa voix qui crie dans le désert, interpelle, dénonce, invite à tracer le chemin à un Autre.

Il aurait pu jouer au Messie, incarner le personnage dont rêvaient ses contemporains. Non, il a été fidèle à sa mission d'envoyé, pour préparer le chemin du Seigneur.

Il a accepté l'ombre, la nuit, la mort dans l'oubli de soi et dans les oubliettes d'Hérode... pour que la Bonne Nouvelle soit annoncée au monde, pour que l'Autre, le Messie croisse pendant que lui, Jean, diminue.

Ce temps d'Avent nous invite, à l'appel de Jean Baptiste, à nous laisser habiter par la Bonne Nouvelle, à nous convertir en entrant dans la vérité de cette Bonne Nouvelle. Ainsi nous pourrons devenir d'autres Jean Baptiste, des précurseurs qui accueillent la Bonne Nouvelle, qui donnent le goût de Dieu, qui indiquent le chemin, qui proposent la joie de l'expérience intime du Christ, non pour les retenir pour nous, mais pour leur désigner l'Autre à découvrir, à aimer, à suivre.

Que la joie et l'attrait de la Bonne Nouvelle nous incitent à nous mettre en route, à ouvrir nos cœurs pour faire place à l'Emmanuel, Dieu-avec-nous !

Abbé Wenceslas MUNGIMUR - Vide-Doyen de Saint-Martin