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Homélie du dimanche 7 septembre 2014 PDF Imprimer Email
Année 2014

"Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux." On peut dire que cette parole est la clé de la vie de l'Église du Christ depuis deux mille ans ! On n'est pas chrétien tout seul ! On l'est avec d'autres. Ces paroles nous sont offertes aujourd'hui pour relire notre vie, réajuster la qualité de nos relations fraternelles et de notre vie communautaire dans toute sa diversité.

Dans le mot d'envoi du Ressuscité à ses apôtres, cette promesse était faite à tous les disciples : "Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde". Cette promesse est déjà réalisée dans l'envoi du plus petit nombre, de la communauté minimale, deux ou trois réunis... sans grande structure.

C'est par le fil de la Parole échangée et de la prière partagée que se tisse la plus simple expression locale de l'Église. C'est également vrai, au dire de Jésus, dans le pardon et la correction fraternelle. C'est là que se vit en vérité le lien le plus fort entre prière et charité. N'est-ce pas dans la prière que nous puisons la force de dépasser nos rancunes, nos jalousies, nos mesquineries.

Voilà des mots d'autant plus importants à entendre que les prêtres se font rares... et que certaines paroisses deviennent bien maigres, peu "porteuses", peu vivantes. Il faut croire à la force de la parole de Jésus. Quand deux ou trois se réunissent en son nom, l'Église existe, le Christ est vivant, le mystère de sa charité peut être manifesté, rendue visible. Alors, même à deux ou à trois, croyons à la force de Dieu !

Oui, voilà des mots qui donnent du poids à des réalités aussi simples et belles que nos familles, ces petites cellules d'Église. Quelle belle mission que la leur : faire exister l'Église, rendre le Christ présent dans la prière partagée tout simplement, dans l'encouragement et la correction fraternels, ainsi que dans le pardon toujours redonné.

Si je pense tout particulièrement à nos familles, en résonnance à l'évangile de ce dimanche, d'autres petites communautés sont aussi indispensables pour partager l'Évangile et aussi vivre le pardon et la fraternité. Je veux parler de tous ces groupes de réflexion et les équipes de foyers dont beaucoup parmi nous font partie.

Parler de correction fraternelle, cela nous met sans doute mal à l'aise. De quel droit, moi qui suis aussi faible et pécheur, je puis aller trouver mon frère pour le reprendre. Délicat ? Oui, sans doute... et pourtant quelle catastrophe plus grande encore quand on laisse les communautés s'étioler dans l'indifférence, quand on se tait face au mal, quand on n'ose plus parler de péché, le dénoncer... et laisse Dieu le pardonner.

La charité fraternelle va jusque-là : aider son frère à rester fidèle, l'aider à se redresser si nécessaire, à retrouver la joie de Dieu. Ici encore, le rôle et la mission des familles sont irremplaçables.

Je fais de toi, dit Dieu à Ezéchiel, un guetteur pour la maison d'Israël, celui qui prévient du danger. Aujourd'hui encore, Dieu interpelle son Église, même les plus petites cellules et il fait publier cette annonce : il engage des portiers de nuit pour baliser la route du monde. Pour cette mission, Dieu engage. Qu'est-ce que tu en dis ?

Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin