Grande récolte de dictionnaires français et anglais
et de manuels de sciences, physique, chimie, biologie, menuiserie et électricité.

À déposer à la librairie du CDD, rue de Bastogne 46 (Arlon)

Ils seront redistribués aux élèves de Lokolama (Congo).

Merci pour eux !

Mardi 11 février 2014 - Neuvaine à notre-Dame de Lourdes PDF Imprimer Email
Année 2014

Frères et sœurs,

Nous sommes convoqués, en ce soir,  pour clôturer la neuvaine à notre Dame de Lourdes et de l'adoration paroissiale et pour célébrer ensemble dans l'action de grâce : l'eucharistie.

Depuis 156 ans, nous sommes invités à tourner « le regard vers la Vierge Sainte, dont l'immaculée conception constitue le don sublime et gratuit de Dieu à une femme ».

Sur cette merveille, le Pape Jean-Paul II a greffé sous le patronage de Lourdes le 11 février 1993  « la Journée Mondiale des Malades », d'ailleurs célébrée chaque année dans des sanctuaires différents. C'est  la 22ème journée cette année.

L'Eglise universelle a prié  à cette intention lors du « Dimanche de la Santé » le 8 et 9 février sur le thème : sur un chemin de confiance, « la confiance étant un art de vivre dans lequel Dieu se laisse découvrir compagnon de route pour qui veut l'accueillir dans sa vie. »

Sous la déclinaison actuelle de « Dimanche de la santé », c'est l'occasion de rappeler que l'accompagnement des personnes souffrantes est une priorité évangélique, merci aux nombreux bénévoles et aux laïcs spécialisés dans cet engagement, mais aussi de sensibiliser chacun, chacune pour préserver le don de la santé.

A Lourdes, le ciel vient à la rencontre de la terre. C'est le lieu où les malades et les petits ont la première place et sont consolés, car  «  sur le visage de Marie on perçoit le reflet du visage mystérieux du Père. La tendresse infinie de Dieu-Amour se révèle dans les traits maternels de la mère de Jésus. »

Ici à Arlon, que chacun se confie à Marie, en ce qu'il est, son espérance, sa vulnérabilité, du poids de sa vie. « Venez boire à la fontaine et aussi à s'y laver », à prendre le temps ce soir dans le tourbillon qu'est notre vie de tous les jours de rendre grâce à Dieu et à sa sainte Mère de toutes les grâces reçues par son intercession.

La parole de Dieu, ce soir,  (Jean 2,1-11) éclaire un aspect important sur la présence de Marie au premier "Signe" de Jésus : dans St Jean, il n'y a pas de miracle, que des signes jusqu'au grand Signe de la croix. Dans cette circonstance de mariage, Marie s'engage sans consulter Jésus, lequel prendra distance avec elle. Saisissons ensemble ces mots : distance, écart, femme et leur signification. Jésus veut signifier que sa mission est tout à fait autre. Il change ce soir-là l'eau en vin, viendra le soir du jeudi saint où il dira sur le pain et  le vin : « ceci est mon corps et ceci est mon sang versé pour vous et pour la multitude ».

Le mot femme, Jésus le répétera à la femme de Samarie, à Marie Madeleine au tombeau et juste avant à sa mère au pied de la croix. Jésus creuse une certaine distance et permet déjà à une expression de foi annonçant le monde nouveau. Ce texte est éclairant pour chacun, chacune. Si nous avons une grande dévotion envers Marie et c'est bien, allons jusqu'au bout de la volonté de Jésus. Cette femme nous met sur la route de Jésus. Son rôle, ce soir-là du mariage fut ceci : « la mère de Jésus l'enfante d'un monde à l'autre ».

Il y a dans notre foi trinitaire, grande place pour tous, de chemins différents de dévotion  pour accéder à l'affirmation principale de Dieu Père-Fils-Esprit. Laissons-nous prendre par la main et guider par elle, pour prononcer le « oui » à la volonté de Dieu (le pape Benoît XVI ajoutait ceci lors des apparitions des 150 ans de Lourdes) : « avec toute l'existence traversée de joies et de tristesses, d'espérances et déceptions, en sachant que les épreuves, la douleur et la souffrance enrichissent notre pèlerinage sur la terre. ».

Dans quelques minutes, le prêtre fait descendre l'Amour dans ses mains nues sur l'autel. Aucun moment de notre vie, la vôtre et celle du célébrant n'est plus grand que ce moment là. C'est l'heure de l'Amour. C'est l'heure de la communion entre nous, tournés vers l'autel. Tout part de là et doit s'y rassembler. Nous sommes appelés à l'amour, à la paix, à la réconciliation, à la miséricorde. Jésus entouré de ses disciples a voulu rester définitivement parmi nous.

Notre pape François dans l'exhortation apostolique « Evangelii Gaudium » écrivait : « l'eucharistie n'est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles ». Ces convictions ont des conséquences, un chemin de conversion par « le risque de la rencontre avec le visage de l'autre, avec sa présence physique qui interpelle, avec sa joie contagieuse » pour nous donner à notre tour. La conversion c'est se donner et par cet exemple vous allez saisir mon propre chemin d'homme dans la foi. J'avais entre 7 et 8 ans et notre curé de paroisse de campagne était un homme humble et très érudit. Il avait été scout jeune et aimait donc les jeunes qui voulaient inventer un avenir. Un soir de fête religieuse, il distribuait la communion et une hostie échappât  de sa main et tombait au sol. Un dame poussa un cri : oh ! mon Dieu ! et notre prêtre de dire, madame, combien à l'extérieur tombe dans la boue de la vie et là, vous ne criez pas : Oh mon Dieu ! pour les relever. A ce moment là j'ai compris le lien de l'eucharistie et de la vie. Je suis devenu religieux, prêtre, et missionnaire dans la joie de croire. A vous tous, par un événement heureux ou douloureux, cette grâce vous sera accordée pour votre fidélité.

Continuez à croire que Dieu vous aime. Aimez l'Eglise, aimez venir célébrer comme ce soir. Confiez-vous à la Mère de Jésus. Repartez de ce rendez-vous avec Jésus sur cette interrogation suivante à travers une courte histoire qui vous servira de souvenir. C'était en saison des pluies dans la mission où je faisais mon stage. Il pleuvait fort, bientôt nous connaîtrons aussi des pluies équatoriales, si cela continue dans nos régions. Le lendemain c'était le jour du marché. De loin on venait pour acheter surtout le nécessaire en vendant d'abord ses produits agricoles et se permettre d'acheter deux denrées prioritaires : le sel et l'huile de palme. Des flaques d'eau partout entre les vendeurs et les passants s'étiraient de gauche à droite. Le vendeur de sel criait : sel, sel et quand on achetait un verre de sel, il le balançait dans un cornet de papier provenant d'un sac de ciment. Quelques grains tombaient dans l'eau et se dissolvaient, rendant la flaque d'eau, salée. La vendeuse d'huile, en remplissant des bouteilles, laissaient aussi échapper de l'huile qui se mettait en petites îles, flottant de droite et de gauche au gré des pas d'un client. Chers frères et sœurs, une question : sommes-nous des chrétiens du sel ou des chrétiens d'huile dans notre Eglise qui est à Arlon ?

Dieu attend une réponse d'amour à son Amour.

Père André CONRATH - Prêtre du Sacré-Coeur de Jésus et curé dans le secteur d'Autelba