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Dimanche 9 février 2014 - Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes PDF Imprimer Email
Année 2014

Le sacrement du pardon, signe de Dieu dans notre histoire pour que notre baptême redevienne sans cesse lumière du monde

Introduction

Le sacrement de la confession a parfois mauvaise presse, comme s'il entretenait les personnes dans une culpabilité maladive, ou dans le scrupule, lorsque les mêmes fautes sont sans cesse confessées. Les multiples noms de ce sacrement en montrent les différentes facettes, l'action de Dieu et la nôtre : sacrement de la conversion ou de la pénitence, sacrement de la confession, sacrement de la réconciliation avec Dieu et les frères et sœurs, sacrement du pardon. C'est peut-être ce dernier titre qu'il faut retenir, car il souligne que Dieu est l'acteur principal de la rencontre, c'est lui qui nous pardonne.

Que serait la famille et la société si le pardon venait à disparaître ?

- Les couples ne peuvent tenir et grandir dans l'amour sans le dialogue et le pardon mutuel. Un réel pardon suppose l'amour mutuel. Le pardon demandé et le pardon reçu sont un même acte de liberté, une démarche qui ouvre un chemin de vie. Aimer, c'est vouloir qu'autrui vive et se développe. Donner et « par-donner », c'est vouloir le bonheur d'autrui. Par le dialogue et le pardon, les époux ouvrent une nouvelle séquence de leur vie. Le pardon consiste moins à « liquider » un passé qu'à inaugurer un nouvel avenir. Ainsi le pardon est un geste d'espérance.

Que serait la société sans le pardon ? Au plan du voisinage, de la commune ou de la paroisse. Au plan international aussi. Nous faisons mémoire cette année du centenaire de la Première guerre mondiale. La province du Luxembourg a connu bien des massacres, notamment dans les villages gaumais. Après deux guerres mondiales où les Européens se sont affrontés de manière sauvage, deux hommes inspirés, le français Charles de Gaulle et l'allemand Conrad Adenauer ont décidé d'en finir avec les vielles rancunes et d'avancer pour construire la paix et susciter la collaboration entre les états. L'Europe allait naître !

Dieu vient guérir les cœurs divisés !

- Il y a en chacun de nous une grande capacité de faire le bien, de susciter la vie. Qu'on pense à ce que font les parents et les éducateurs pour les enfants et les jeunes. Qu'on pense aussi à tous ceux qui travaillent pour le développement, la paix, la justice dans le monde. La générosité ne manque pas, aujourd'hui encore. Mais chacun porte aussi en lui du moins bon, un penchant à l'égoïsme et au mal, un penchant de mort ; la chronique judiciaire des médias montre cela chaque jour. Mystère que cette fracture qui atteint tout être humain dès sa venue au monde.

- Par l'Alliance qu'il offre à l'humanité, Dieu vient guérir le cœur de l'homme. Il envoie son prophète auprès du roi David, après que celui-ci a pris la femme d'un de ses soldats (II Sam. 11-12). A la suite du dialogue et de la parabole de la brebis volée au pauvre, David reconnaît sa faute : « Pitié pour moi, Seigneur, en ta bonté. Dans ta tendresse, efface mon péché (Ps. 50). L'appel à la conversion est présent tout au long de l'Évangile. Jésus part à la recherche de la brebis perdue pour la ramener dans la chaleur de la bergerie, là où elle sera en sécurité et trouvera sa nourriture. Dieu lui-même se met à rechercher le pécheur ! L'Alliance est tissée par les multiples pardons de Dieu à son peuple. De même, au début de l'Évangile, Jésus commence sa prédication par ces mots : « Les temps sont accomplis ; le Royaume de Dieu est tout proche. Repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Marc, 1, 15). Remarquez que Dieu commence par « inviter » à accueillir le don du Royaume (sa venue parmi nous) avant de « demander » la conversion (se débarrasser des « encombrants ») et la foi. Toute la structure du sacrement est présente en ces quelques lignes : c'est une rencontre entre Dieu et nous ; une rencontre fondée sur la foi ; un jeu d'alliance entre Dieu et son peuple. De même le pardon de Dieu est un sacrement qui suppose la foi et non une thérapie d'ordre psychologique. Tous les lieux de pèlerinage invitent à la conversion, comme Marie l'avait déjà demandé à Bernadette, afin de grandir dans la vie évangélique tissée par les Béatitudes.

Chacun est une personne unique pour Dieu ;

chacun est aussi membre de la communauté !

- Dans notre relation de foi, chacun et chacune est unique devant Dieu, connu par son nom. Chacun est libre et responsable de sa vie. Dieu a un projet personnel pour tous les frères et sœurs. Cette dimension personnelle est soulignée par la démarche individuelle du sacrement du pardon telle qu'elle a été vécue pendant bien des siècles. Elle est très importante ; nous ne sommes pas un numéro dans un collectif !

- Par ailleurs, Dieu nous a créés comme membre d'une humanité et par le baptême, nous faison partie de la communauté chrétienne, du Corps du Christ, de la famille du Père. Le sacrement du pardon a donc aussi une dimension communautaire. Nous nous rassemblons ; nous écoutons ensemble la Parole de Dieu, nous rendons grâce ensemble, etc. Cette dimension ecclésiale a été retrouvée notamment avec le concile Vatican II. Tous les rituels des sacrements s'efforcent de la mettre en valeur. N'est-ce pas ensemble qu'il nous faut devenir disciples du Christ ? N'est-ce pas ensemble qu'il nous faut porter témoignage, notamment par l'eucharistie dominicale, l'intérêt pour les frères et sœurs qui nous entourent, la solidarité au plan national et international ?

« Vous êtes la lumière du monde... » (Mt 5)

L'évangile de ce jour nous rappelle notre condition de chrétien et notre fraternité au quotidien.

D'ailleurs, remarquons le pluriel employé par Jésus « Vous êtes la lumière du monde... Que votre lumière brille devant les hommes. Ainsi en voyant ce que vous ferez de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux ».

Le sacrement du pardon nous met sur un chemin de lumière, le chemin de Dieu, car « Dieu est lumière ». La lumière dont il s'agit est celle de l'Évangile qui éclaire nos vies et nos choix. Elle est la lumière de notre témoignage en paroles et en actes. « En voyant le bien que vous ferez, ils pourront rendre gloire à Dieu », c'est-à-dire le connaître et l'accueillir comme Père.

Le sacrement du pardon fait grandir la lumière en nous, renforce notre baptême, sacrement de foi et de lumière. Par le sacrement de pardon accueilli en Église, les baptisés redeviendront lumière du monde !

Abbé André HAQUIN - Président de la Commission diocésaine d'Art sacré et de Liturgie

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