L'Avent coïncide cette année avec les 70 ans
de la Déclaration universelle des droits humains .

Souvent oubliés, remis en question, les droits humains ne sont ni un luxe ni un acquis : ils sont un combat de chaque jour, notamment pour vaincre l'exclusion sociale et la pauvreté. Pour le chrétien, ils font écho au message de l'Évangile.

La pauvreté est à la fois une atteinte aux droits humains et la conséquence du non-respect de ces droits. En cette année anniversaire, plus que jamais, nous sommes invités à regarder autrement les exclus de la société, celles et ceux dont on oublie les noms et auxquel-les on appose des étiquettes : sans-abri, sans-emploi, sans-papiers... Comme si ces personnes n'existaient qu'à travers ce dont elles et ils sont dépourvus, au mépris de leurs potentialités.


Lire la suite...
Homélie du dimanche 20 octobre 2013 PDF Imprimer Email
Année 2013

Saint Jean Chrysostome disait: « Ecoutez tous, vous qui ne savez pas encore prier. Quand je dis à quelqu'un : priez Dieu, conjurez-le, suppliez-le, on me répond : ‘je l'ai prié une fois, deux fois, trois fois, 10 fois, 20 fois et je n'ai rien reçu. Ne cessez pas mon frère, persévérez encore... ».

Les lectures d'aujourd'hui nous redisent cette invitation de Jean Chrysostome. Dans la première lecture, nous avons entendus que lorsque les Amalécites viennent attaquer les Hébreux, Moïse aussitôt repartit les tâches : « Choisis des hommes, dit-il à Josué, et va combattre les Amalécites. Moi, demain, je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main ». Et, la Bible ajoute, tant que Moïse tenait ses bras élevés vers Dieu, les Hébreux étaient gagnants. Dès que ses bras faiblissaient, les Amalécites étaient les plus forts. Aujourd'hui, devant les immenses besoins spirituels du monde, devant les souffrances diverses, après des prières sans résultat, comment ne pas avoir envie de baisser les bras, de se décourager ?

C'est la raison pour laquelle Jésus nous donne dans l'Evangile un enseignement utile pour toute notre vie en utilisant la parabole du juge inique « pour montrer à ses disciples qu'il faut toujours prier sans se décourager ». Regardez donc ce juge inique de la parabole : il n'a rien de sympathique. En face de lui, une personne qui n'a aucune valeur à ses yeux : une veuve. Or, dans la société antique, les veuves font partie des personnes les plus vulnérables socialement, car elles ne bénéficient pas de protection masculine. Visiblement, elle n'a aucune chance d'être entendue de ce personnage  car elle n'a pas les moyens de l'acheter, ni le charme pour le séduire, elle n'était pas en mesure de faire du lobbying pour influencer le juge, elle ne représentait aucun poids politique. Mais, la femme ne veut que justice lui soit rendue. Et le juge, pour avoir la paix, pour ne plus avoir les oreilles cassées, va accéder à sa requête. Nous remarquons que pour nous inviter à cette persévérance, Jésus établit le contraste flagrant entre le Dieu juste et ce juge inique. Le juge ne s'intéresse pas à la veuve, Dieu, au contraire, s'intéresse aux croyants parce qu'il les aime. Lorsque nous prions Dieu pendant une longue période sans observer le moindre signe de son support, il est naturel de se laisser aller au découragement. On a envie de tout abandonner. Et pourtant, par l'entremise des lectures d'aujourd'hui, Jésus nous dit, ‘Non, il ne faut pas vous décourager. Ne relâchez pas. Continuez à prier' ‘Fatiguez Dieu avec vos prières. Ne lui laissez pas une minute'.

Chers frères et sœurs, On pourrait presque dire qu'il n'est pas difficile de commencer à prier, mais que la difficulté commence lorsqu'il faut persévérer dans la prière. Pour ce faire, il est plus utile et efficace de s'appuyer sur notre faiblesse et notre pauvreté que sur nos capacité et richesses, humaines ou spirituelles. En effet, notre persévérance naîtra de la reconnaissance de notre dépendance envers Dieu. C'est la pauvreté de cœur. Cette dernière nous fait reconnaître nos manques et nos besoins, et la capacité du Seigneur à combler ces manques et ces besoins. La pauvreté de cœur est donc essentielle pour tenir dans la prière, mais elle est aussi nécessaire pour savoir reconnaître la manière dont le Seigneur nous exhausse. C'est cette même pauvreté de cœur qui nous permet de croire en Dieu mais aussi de croire en la bonté qui se trouve dans l'homme. Inspirons-nous en ce jour sur la pauvreté de cœur de la veuve de l'Evangile.

Ainsi, reconnaissons-nous que dans notre vie de tous les jours que nous avons besoin de la grâce de persévérance, nous avons besoin de la grâce d'espérance, nous avons besoin de la foi.

Abbé Arnaud NGOUÉDI - Vicaire à Saint-Martin