Inscriptions à la catéchèse

L'ÉVEIL À LA FOI : 1E ANNÉE (enfants nés en 2012)
20/9
à 20h  ou 27/9 à 20h
Salle St Martin 17 rue Jean Koch

LA DÉCOUVERTE DE JÉSUS : 2E ANNÉE*
13/9 à 20h  ou 25/9 à 20h
Salle St Martin 17 rue Jean Koch

L'ACCUEIL DU PAIN DE VIE : 3E ANNÉE*
11/9 à 20h  Salle St Martin 17 rue Jean Koch ou 17/9 à 20h à l'église St Donat

* la participation à l'étape précédente est une condition indispensable à l'inscription à cette étape

PROFESSION DE FOI ET CONFIRMATION

(enfants nés en 2008). Mercredi 19 septembre à 17h et à 20h (au choix) à la salle paroissiale 17 rue Jean Koch.

Si vous avez raté la réunion, merci de prendre contact le plus rapidement possible avec le secrétariat paroissial ou Anne Jaspart 0495/88.71.44


Homélie du dimanche 29 septembre 2013 PDF Imprimer Email
Année 2013

«Abraham, mon père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l'eau le bout de son doigt, pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise» Lc.16, ...

Combien d'artistes, aussi bien dans la peinture que dans la littérature, n'ont-ils pas étés inspirés par cette page de l'évangile de Luc?! A toutes les époques, en effet, on retrouve des représentations de l'enfer comme d'une fournaise avec ses flammes éternelles. On vise là, dans ces représentations, surtout la douleur physique, la douleur de ces corps torturés. Mais si la souffrance, la véritable souffrance, était d'un autre ordre que simplement une douleur physique, aussi dramatique qu'elle soit?!

Pensons par exemple un instant aux camps de concentration juifs. Dans les images d'époque, on est confronté à des corps torturés par la faim, par le froid, par le travail, par les sévices. Mais si on demandait à un juif croyant ce qui avait été la pire des tortures, dans ces enfers humains, il nous dirait probablement que ça a été le sentiment de l'absence de Dieu plus que d'une absence de nourriture ou de vêtements. La Shoah, en effet, a remis en question la foi de beaucoup de juifs: si Dieu existe, comment peut-il permettre toute cette horreur?!

C'est à ce moment-là qu'on passe de la douleur à la souffrance! On touche la souffrance quand on touche l'absence de sens, l'absence de Dieu. Ce ne sont pas des hommes qu'Hitler visait en construisant ces enfers barbelés. Je crois qu'il était bien plus lucide et bien plus ambitieux que ça. C'est Dieu lui-même qu'il a voulu tuer, par là! La Shoah est plus qu'un génocide. Ça a voulu être un ''théocide''. En effet, ce n'est pas tellement la volonté d'exterminer un peuple qui l'inspirait le plus; mais plutôt la volonté d'exterminer Dieu du cœur de ce peuple. Lui arracher son âme. Le plonger dans le désespoir.

C'est là le véritable enfer!

C'est pourquoi, je sais bien que nous ne sommes pas à la radio mais aujourd'hui je voudrais quand même faire une dédicace. Je voudrais dédicacer cette journée aux ''désespérés de la vie''. Surtout à ceux qui nous sont proches, parfois très proches! Si le 5 février c'est la Journée Mondiale du Nutella (et tant mieux pour nos amis de Ferrero), on a bien le droit de souhaiter la création d'une Journée Mondiale de l'Espérance, je crois, en souvenir des désespérés de la vie! Qui je vise par là? Je vise tous ceux qui, à un moment ou l'autre de leur vie ont connu l'épreuve de se sentir impuissants, l'épreuve du découragement prolongé, de la déprime au quotidien, d'un grand vide en eux, de la dépression, voir du burn-out, ou même de la tentation du suicide. Et je ne parle pas que des adultes. Trop souvent on minimise la souffrance de nos jeunes et de nos enfants. Mais derrière une façade parfois lisse, sans beaucoup de vagues en surface, ils peuvent se cacher des courants subjacents très violents. Ne les minimisons pas.

La plupart du temps, ces personnes ne font pas grand bruit autour d'elles; elles ne font plus de bruit. Ce n'est pas évident de les remarquer. Et quand on les remarque, c'est souvent déjà trop tard, le mal est déjà bien installé et il les pourrit de l'intérieur. Le comble, c'est qu'on en a peur de ces personnes; ou plutôt ce serait plus juste dire qu'on a peur de ce qu'elles vivent, de ce qu'elles ressentent. Ce sont les nouveaux pestiférés! On se sent démuni, désemparé devant leur mal. On ne peut pas vraiment mettre des mots dessus. Eux non plus, tant de fois. Et c'est ça qui creuse encore plus cet abîme entre elles et nous: «De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous» si on paraphrase l'évangile de ce dimanche.

Je pense à toutes ces personnes qui, par leur fragilité émotive, par un grand événement traumatique ou par une série de petites déceptions l'une après l'autre, ou tout simplement par conséquence de leur orgueil et de leur égoïsme, comme dans le cas de ce riche de l'évangile, à un moment donné elles sont tombées en «enfer», avec ce sentiment de ''tourner à vide''.

Et bien, parfois on prie Dieu pour qu'il fasse un miracle pour ces personnes, qu'il fasse quelque chose d'extraordinaire. Mais là aussi, l'évangile est clair; quand le riche demande à Abraham: «si quelqu'un de chez les morts vient trouver mes 5 frères, ils se convertiront», qu'est-ce que répond Abraham? «Quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts, ils ne seront pas convaincus».

On a envie de baisser les bras devant une telle réponse. C'est justement l'inverse: et si nous étions, nous-mêmes, ce ''miracle''?! C'est là toute la bonne nouvelle de ce dimanche. On a malheureusement une conception trop magique du miracle, comme toujours d'une intervention de Dieu lui-même. Mais Abraham ne reste pas sur une réponse en ''cul-de-sac'', sans issue possible; il ajoutera en effet: «Ils ont Moïse et les prophètes: qu'ils les écoutent».

Ça veut dire quoi cette réponse? C'est qui Moïse, c'est qui les prophètes?

Moïse a donné au peuple les tables de l'Alliance; il est du coup le garant de la Loi morale. Tandis que les prophètes sont les ministres de la conversion, ils sont porteurs d'un regard toujours nouveau de Dieu sur les événements. Moïse c'est le cadre, l'ordre moral; les prophètes ce sont l'esprit de renouveau et le discernement, à l'intérieur de ce cadre.

Le cadre seul, étouffe, en faisant de la règle un but en soi; et simplement l'esprit peut nous étourdir et nous disperser, en dissociant le concept de liberté de la notion de responsabilité. A chacun de nous, ce matin, de trouver dans notre relation à Dieu aussi bien le ''cadre'' dont on a besoin que la souplesse de ''l'esprit''. Le cadre est ce qui peut nous sécuriser, rassurer; l'esprit ce qui nous donne envie d'élargir de plus en plus les frontières de ce cadre en y mettant de la vie, sans pour autant les transgresser.  J'ai en France une chère amie thérapeute, Françoise Muhr (à l'éthique irréprochable), qui aime me rappelle toujours les trois règle d'or de l'accompagnement: Fond, Forme et Contexte.

L'étape suivante sera d'essayer d'aider ceux et celles qui nous sont proches et qui se sentent peut-être incompris, ''à côté de la plaque'', les aider à traduire ce cadre et cet esprit dans leur propre vie. Devenir des «passeurs», en quelque sorte!

Courage alors, parce que d'une part les miracles sont plus proches de nous de ce que l'on imagine (même si c'est vrai qu'ils ne se présentent pas toujours à nous comme on s'y attend). Et d'autre part, peut-être que nous-mêmes nous sommes déjà un miracle pour d'autre, à notre insu.

Alors, déjà bonne Journée Mondiale de l'Espérance à tous, que vous soyez peut-être encore désespérés ou déjà prophètes d'espoir.

Abbé Pietro CASTRONOVO - Vicaire à Saint-Martin

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