Fête nationale du 21 juillet

Célébration interconfessionnelle à 10h à St-Martin

Homélie du dimanche 22 septembre 2013 PDF Imprimer Email
Année 2013

"L'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue" aime à répéter la sagesse populaire ! Beaucoup de confrères prêtres seraient sans doute d'accord avec moi pour dire que les confessionnaux ne retentissent plus guère d'aveux ni de remords à propos de l'argent... même si tout ce qui se vit autour de l'argent est loin de sentir toujours bon ! On sait même que certains peuvent être "très près de leurs sous"... jusqu'à en perdre toute référence morale ! Avidité, cupidité, avarice, exploitation d'autrui, fraudes fiscales, pots de vin, goût immodéré du luxe,... etc, etc... Dans le domaine, c'est fou ce qu'on peut être inventif... jusqu'à en perdre son âme... !

N'est-ce pas justement ce que Jésus veut nous dire aujourd'hui. "Si vous n'avez pas été dignes de confiance avec l'argent trompeur, qui vous confiera le bien véritable ?" Que signifie cette perte de confiance avec l'argent "trompeur" ? ... C'est Jésus qui nous éclaire : c'est de dénaturer le sens de l'argent : en faire un maître et non plus un moyen pour échanger, entrer en relation, vivre avec autrui. Le péché, c'est de devenir esclave de son argent ou encore, par là, de faire esclaves les autres. "Vous ne pouvez servir deux maîtres ! C'est Dieu ou l'argent !" Au dire de l'Évangile, l'argent divinisé est le seul rival du Dieu-Amour.

Quand le pouvoir économique règne en maître, sans questionnement éthique, quand "le réel" est devenu économique, - nous en savons quelque chose aujourd'hui - l'homme perd sa liberté, à son insu il retourne en esclavage. Ce n'est plus seulement une question de technique financière ou de répartition du travail, cela conduit à la mort spirituelle, l'homme perd sa dimension spécifique, celle de l'esprit.

Oui, l'enjeu est capital ! Et, on peut dire, que ce dimanche encore, l'Évangile que nous venons d'entendre nous provoque de face et nous redit, si besoin est, toute la force interpellatrice et bienfaisante d notre présence à la Messe dominicale, dans nos vies de gens pressés, comblés, sur-occupés... et parfois menacés d'esclavage !

Je pense souvent en préparant les célébrations à la réflexion que m'a faite un jour l'un d'entre vous qui occupe un poste important dans la réalité économique de notre région, certes privilégiée, mais aussi menacée par le syndrome de "l'argent - dieu et dominateur". Il me disait : "merci de nous interpeller et de nous remettre en question ainsi chaque dimanche en nous annonçant la Parole de Dieu. C'est peut-être le seul moment dans ma semaine où j'entends un autre langage que celui de "l'économiquement correct" !

Oui, frères et sœurs,... voilà bien le sens et la force de la dimension "célébration" dans notre vie de chrétiens !  Oui, c'est ici, à l'écoute de la Parole de Dieu et en célébrant le mystère du Christ qui donne sa vie par amour, que nous échappons au dictat de l'économique et que nous laissons couler en nous la source encore intacte de l'amour gratuit. Célébrer, c'est s'offrir chaque semaine un espace d'interpellation et de réceptivité pour retrouver le vrai sur des choses et "laisser parler en nous cette voix qui défait les idoles et leur  séduction.

Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin