Grande récolte de dictionnaires français et anglais
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À déposer à la librairie du CDD, rue de Bastogne 46 (Arlon)

Ils seront redistribués aux élèves de Lokolama (Congo).

Merci pour eux !

Homélie du 11 août 2013 PDF Imprimer Email
Année 2013

L'Evangile de ce Dimanche commence par cette invitation de Jésus : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.» Luc a délibérément placé cette parole de Jésus dans un temps de peur. Jésus se dirige vers sa condamnation à mort, et ses disciples effrayés le suivent avec appréhension. Selon toutes apparences, c'est l'échec définitif qui approche: l'échec d'un projet, l'échec d'une vie.

Chacune de nos vies a un peu la saveur de la défaite... occasion manquée, désillusion dans nos projets de vie, maladie, incapacité de mettre fin à une habitude qui porte atteinte à notre santé (cigarette, drogue, alcool), échec dans la carrière, problèmes familiaux, etc. Ce qui fait que dans la vie quotidienne, les gens vivent dans la peur : peur des échecs. Et pourtant, notre vie a un sens, même si, pour une raison ou pour une autre, elle a une apparence d'échec, même si nous sommes trahis par nos amis, démolis par nos adversaires, incompris par notre famille, terrassés par la maladie. C'est pour cela, dans notre pèlerinage plein d'obstacles, le texte d'aujourd'hui nous invite à bannir la crainte pour vivre dans l'espérance, la vigilance : « Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour de noces...». Jésus a souvent parlé de cette longue attente, et les évangélistes ont pu regrouper plusieurs paraboles de Jésus, prononcées en diverses circonstances, mais toutes centrées sur la nécessité de rester vigilants. Mais « Qu'est-ce donc que veiller ? demandait le cardinal Newman. Je crois qu'on peut l'expliquer ainsi : Savez-vous ce que c'est que d'attendre un ami ? D'être en attente de quelque événement important qui fait battre vos cœurs ? Veiller dans l'attente du Christ est un sentiment qui ressemble à ceux-là» Veiller, ce n'est pas attendre dans la peur, mais dans le désir ardent de la rencontre. Y a-t-il encore place en nous pour l'espérance ? Attendons-nous vraiment la visite du Seigneur ?  Notre monde sécularisé, qui réduit tout à la seule dimension terrestre, ne s'y intéresse pas vraiment. Il y a un décrochage entre notre foi et ce que clame notre société. L'au-delà est devenu une plaisanterie, une exigence tellement incertaine que plus personne ne la respecte, plus encore ne l'envisage, si bien que la pensée même qu'il a existé un temps où cette idée transformait l'existence tout entière, fait sourire. En effet, autour de nous, il y a des chrétiens tentés par un christianisme light, par une foi passée au mixeur, diluée et qui s'adressent à un dieu spray, pour citer le pape François, qui ajoutait : il faut dire non à un christianisme liquide sans foi en un Christ ressuscité. A l'heure même où des problèmes monumentaux surgissent de toutes parts : chômage, fracture sociale, guerre économique entre les nations, nous devons prendre de la hauteur, car la terre ne sera jamais le paradis. La vie terrestre a un sens si nous la considérons pour ce qu'elle est vraiment : un lieu de passage. Nous devons vivre avec une espérance fabuleuse : nous sommes sur terre pour nous préparer à une rencontre exceptionnelle. En cela, notre vie à un sens car nous marchons vers un rendez-vous. Inconsciemment, tous les hommes sont plus ou moins en attente. Ils attendent toujours quelque chose : une lettre à la boîte, un changement de vie, une promotion, un mari plus bavard, une épouse plus désirable et plus désirante, que sais-je. L'homme vit d'espoirs : Demain, j'aurai une moto, puis plus tard une voiture. Dès qu'un espoir est satisfait, il en crée un autre. Ce sera merveilleux quand nous serons mariés. Puis Merveilleux quand nous aurons un enfant. Puis Merveilleux, quand nous aurons enfin notre petit pavillon. Nous serons inévitablement ici-bas toujours en manque, en recherche, en quête jamais comblée. Ne faisons pas de faux espoirs, et accueillons la finitude humaine. Et comprenons que cette soif de l'infini a un sens : un jour, nous rencontrerons celui  qui est seul capable de nous combler. C'est pourquoi Jésus nous dit dans l'évangile d'aujourd'hui : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. »

Abbé Arnaud Ngouédi