Nous avons le plaisir de vous communiquer le lien vers la vidéo du spectacle « En Chemin » à l'église Saint-Martin sur YouTube (version complète - 1h10)
Homélie du dimanche 23 juin 2013 PDF Imprimer Email
Année 2013

« Pour les gens qui suis-je ? » Lc.

Là Jésus Christ ose ! Il ose poser LA question ! « Pour les gens, qui suis-je ? »

Et vous ? Avez vous déjà osé vous poser la question à la première personne ? Moi, Pietro, ou Luc, ou Claudette, ou Michel... « Pour les gens, qui suis-je ? ».

Ça me fait penser à un film où l'acteur principal, un riche milliardaire, s'était fait passer pour mort et s'était invité à son propre enterrement. Déguisé, bien entendu ! Il avait fait tout ça pour écouter ce que les gens diraient de lui, publiquement, au micro, devant tout le monde. C'était très cocasse. Je vous assure qu'il ne s'est pas ennuyé. Surtout en écoutant tout ce que les gens chuchotaient à son propos en coulisses, en aparté.

Je peux vous dire qu'après être ‘‘revenu à la vie'' il a fait rapidement changer le contenu de son testament ! Et il a carrément changé son carnet d'adresses!

Si ce matin je vous posais la question de savoir ce que vous imaginez que les gens diraient de vous le jour de votre enterrement, qu'est-ce que vous répondriez? Je vous laisse quelques instants pour réfléchir. Qu'est-ce que vous imaginez que les gens mettraient en avant de vous le jour de votre enterrement ? Ce qu'ils mettraient en avant de vous publiquement, non pas en aparté. Non, je ne veux quand même pas être sadique avec vous en vous gâchant à l'avance le jour de votre enterrement... quand même pas. En tous cas, pas tout de suite, pas avant de vous avoir demandé ce que vous pensez que les gens mettraient en avant, en valeur, de vous ?

Et bien, qu'est-ce que votre femme ou votre mari dirait de vous ? Qu'est-ce que vos enfants diraient de vous ? Vos collègues de travail ? Votre voisine ? Vos parents, s'ils étaient encore en vie à ce moment-là ? Vos subordonnés ? Votre belle-mère ?...

Bon, maintenant vous êtes prêts pour vous poser la deuxième question : si vous deviez imaginer tout ce qui se dit en aparté, en coulisses, derrière votre dos ? Qu'est-ce qu'on dirait probablement de vous ?

Ça fait flipper, n'est-ce pas ?!

Pourquoi est-ce que je vous demande cela ?! Parce qu'il y a un deuil qui attend chacun de nous : celui de vouloir plaire à tout le monde. Ça me fait penser à l'histoire de ce caméléon qu'on a trouvé mort sur une nappe écossaise (quel effort pour être aimé à tout prix !). Le Christ est conscient qu'il faut faire une distinction entre les gens, au sens large, et les proches. On ne peut pas mettre tout le monde sur le même plan. C'est pourquoi, si d'abord il demande : « pour les gens, qui suis-je ? », tout de suite après, il demandera: «Et pour vous, qui suis-je ? ».

Mais comment distinguer les ‘‘proches'' des ‘‘gens'' au sens large ? Les proches ne sont pas forcément ceux qui nous côtoient le plus souvent ; les proches sont ceux à qui Dieu donne de voir ce que nous sommes réellement et non pas tous ceux qui collent sur nous une étiquette, une image négative, réductrice, ou qui projettent sur nous un personnage, si beau et séduisant qu'il soit. Jésus Christ en effet n'est pas Elie ou Jean-Baptiste, ou l'un des prophètes de l'Ancien Testament. Il est le messie, tout court. Ni plus ni moins. Et Pierre au fond de lui-même le sait. C'est pourquoi le Christ pourra lui dire : « ce n'est pas la chaire ou le sang qui t'ont révélé cela, mais mon père qui est aux cieux ». De ce fait, Jésus peut aller plus loin avec lui, entrer dans l'intimité et l'accompagner à vivre lui aussi ce même deuil de l'idéal, de la projection : « qui veut me suivre (sur ce chemin de vérité), qu'il renonce à sa vie, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ». Jésus Christ accomplira ce chemin de vérité sur la croix, là où tout idéal, toute projection révèle sa limite. Ce n'est que dans l'épreuve, au moment de nos croix, qu'on peut savoir si oui ou non nous sommes vrais avec nous-mêmes. La croix c'est le moment de vérité ultime.

Alors, la question qui s'impose à nous ce matin, c'est de savoir reconnaître qui sont vraiment nos proches, quel est le deuil qui nous attend pour être vrai avec nous-mêmes et quelle est la croix, l'épreuve qui nous aidera à vivre jusqu'au bout ce travail de deuil. Quel personnage, quel avatar, devons-nous quitter ?

Demandons au Christ de nous accompagner sur ce chemin de vérité. Si lui a pu poser cette double question aux siens, « pour les gens et pour vous qui suis-je ?» c'est parce qu'il était profondément libre par rapport à la réponse. Il pouvait entendre tout type de réponse, parce qu'en tous cas, il savait qui il était, lui. Dieu lui-même le lui avait révélé le jour de son baptême : « tu es mon fils bien aimé, en toi j'ai mis tout mon amour ». Alors, ne soyons pas des kamikazes : ne posons pas cette question à nos proches, et encore moins n'écoutons pas ce qui se dit sur notre dos, avant d'avoir laissé raisonner en nous, encore aujourd'hui, très sérieusement, cette parole que Dieu nous a adressé, comme à son fils, le jour de notre baptême : « tu es mon fils bien aimé, en toi, j'ai mis tout mon amour ». Ce n'est qu'à ce moment-là que nous pourrons être vraiment libres, libre de tout entendre.

Abbé Pietro CASTRONOVO - Vicaire de Saint-Martin

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