Inscriptions à la catéchèse

L'ÉVEIL À LA FOI : 1E ANNÉE (enfants nés en 2012)
20/9
à 20h  ou 27/9 à 20h
Salle St Martin 17 rue Jean Koch

LA DÉCOUVERTE DE JÉSUS : 2E ANNÉE*
13/9 à 20h  ou 25/9 à 20h
Salle St Martin 17 rue Jean Koch

L'ACCUEIL DU PAIN DE VIE : 3E ANNÉE*
11/9 à 20h  Salle St Martin 17 rue Jean Koch ou 17/9 à 20h à l'église St Donat

* la participation à l'étape précédente est une condition indispensable à l'inscription à cette étape

PROFESSION DE FOI ET CONFIRMATION

(enfants nés en 2008). Mercredi 19 septembre à 17h et à 20h (au choix) à la salle paroissiale 17 rue Jean Koch.

Si vous avez raté la réunion, merci de prendre contact le plus rapidement possible avec le secrétariat paroissial ou Anne Jaspart 0495/88.71.44


Homélie du dimanche 26 mai 2013 - Trinité PDF Imprimer Email
Année 2013

En regardant notre assemblée de ce matin, je vois beaucoup de chaises vides. Hier soir en ville, c'était la fête du Maitrank et beaucoup ce matin ont du préférer faire la grasse matinée au lieu de venir à la messe. Comme si leur bonheur dépendait de cela !

Et bien, si vous analysez la phrase que je viens de vous dire, non seulement il s'agit d'une interprétation, tout à fait subjective de ma part parce que rien ne laisse entendre que ceux qui ne sont pas là ce matin étaient forcément à la fête hier soir. Mais en plus, cette phrase est chargée d'un jugement moral ; et dans le ton que j'utilise et dans les mots employés, je laisse clairement entrevoir qu'être venu à la messe ce matin était plus important que d'aller à la fête hier soir et de faire la grasse matinée aujourd'hui.

Pourquoi est-ce que je vous dis cela ? Parce que ce dimanche, à l'occasion de la fête de la Sainte Trinité, il est intéressant de remettre sérieusement en question la qualité des relations que nous entretenons avec notre entourage. Cette profonde communion qui existe entre le Père et le Fils et le Saint Esprit est un modèle parfait de toute relation épanouissante.

Si le livre de la Genèse, dans les toutes premières pages de la Bible, nous révèle que nous avons étés crées à l'image et à la ressemblance de Dieu, c'est pour nous aider à tendre à cette profonde communion qui est propre à Dieu, au lieu de risquer de nous embourber dans des relations superficielles, ou fausses, hypocrites, voir dysfonctionnelles.

Comment rejoindre maintenant ce niveau de communion ?

S'il n'y a pas d'intimité possible sans nudité, cela signifie, sur un deuxième degré, qu'il n'est pas possible vivre une communion profonde entre deux êtres tant que chacun garde un masque, tant qu'il joue un personnage. Pour réaliser la communion, il faut en effet un travail préalable de vérité des deux côtés.

Et une menace à la réalisation de cette communion, dans la vérité, c'est justement cette double tentation : celle d'interpréter sans vérifier notre intuition, d'une part ; et, d'autre part, celle de juger la personne dans ce qu'elle est, au lieu de s'arrêter à l'acte qu'elle pose.

Pour comprendre la différence entre interpréter ce que l'autre dit, ou ne dit pas, et vérifier ce qu'on croit comprendre de ce qu'elle veut nous dire, je vous raconte une petite histoire.

On dit qu'un jour, un sultan indhou avait entendu parler de trois hommes qui étaient arrivés dans son royaume. Les uns disaient qu'ils étaient des sages ; d'autres disaient le contraire. Pour se faire une idée personnelle, le sultan les appela dans son palais et les introduisit, l'un après l'autre, dans une pièce obscure en leur demandant de lui décrire ce qu'il y avait à l'intérieur de cette pièce.

Le premier entra, et touchant quelque chose en forme de cylindre, il se dit qu'il s'agissait probablement d'une colonne ; ensuite, en touchant quelque chose qui ressemblait à une corde, il se dit qu'il devait s'agir de la corde pour ouvrir le rideau du temple. En sortant, il affirma qu'il devait s'agir de l'entrée du temple avec ses colonnes et ses rideaux. Le deuxième entra à son tour, il toucha la même forme cylindrique et à, côté d'elle, quelque chose de grand et plat. Il se dit qu'il devait s'agir d'un grand bananier avec son tronc et ses feuilles. Une fois que même le troisième sorti de la pièce, le sultan les interrogea pour savoir ce qu'il y avait dans cette pièce. Le premier insistait pour convaincre les autres qu'il devait s'agir de l'entrée du temple ; le deuxième insistait pour convaincre les autres qu'il devait s'agir d'un bananier ; le troisième, quant à lui, écoutait les deux premiers discuter entre eux sans rien dire.

Le sultan l'interrogea, et il lui répondit qu'il s'était fait sa propre idée de ce qu'il pouvait y avoir dans la pièce mais qu'il ne pouvait rien affirmer tant qu'il n'aurait allumé la lampe. Le sultan le laissa faire. Ce dernier entra à nouveau, il alluma la lampe, et tous purent voir qu'il ne s'agissait ni de l'entrée du temple, ni d'un bananier, mais que la partie en forme de cylindre, celle en forme de corde et celle qui était plate, n'étaient rien d'autres que les jambes, la queue et les oreilles d'un grand éléphant.

Le sultan apprécia la sagesse du troisième homme, qui n'avait pas cédé à la tentation de faire d'un simple indice une vérité, la sienne !

Ne confondons pas vérité et sincérité. Les deux autres ont été sincères, en disant ce qu'ils croyaient être vrai ; mais le troisième a su être vrai, en n'affirmant pas comme vérité, sans l'avoir vérifiée, ce qu'il savait n'être qu'une opinion, une croyance, une hypothèse, aussi probable qu'elle puisse sembler.

C'est pourquoi, dans l'évangile de ce matin, Jésus dira avec force : « Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière'' » (Jn.16,13). Et si la vérité, alors, n'était pas une chose a posséder une fois pour toutes mais un chemin à parcourir, jour après jour ?! Il n'y a qu'une seule vérité, et c'est Jésus Christ. A nous, il ne nous est demandé que de marcher dans cette direction, vers la vérité de cet amour, pour l'incarner de plus en plus profondément.

Alors, qui d'entre nous peut dire aujourd'hui qu'il possède la vérité ? Moi, probablement pas. Et vous ?

Même l'Église ne peut pas affirmer posséder la vérité toute entière. Je sais que je vous choque en disant cela. Mais acceptons que l'Église ne soit encore que toute jeune dans son parcours de croissance. Elle n'a que 2000 ans. C'est comme demander à un petit enfant de décrire son papa. Il nous dira probablement que son papa est le plus grand et le plus fort. Et c'est juste qu'il en soit ainsi, parce que l'enfant a besoin de se sentir rassuré, protégé pour grandir en toute sécurité.

Voilà pourquoi à un moment donné de son histoire l'Église a eu besoin de dire de Dieu qu'il était Tout-puissant. Aujourd'hui, peut-être que nous pouvons commencer à entendre cette Toute-puissance autrement.

Dans ce chemin d'apprentissage à devenir des êtres de communion, une fois que nous saurons éviter le piège d'interpréter sans vérifier vraiment l'intention de l'autre, il nous faudra encore dépasser un autre écueil, celui du jugement moral.

Parce que l'histoire est là et nous rappelle qu'on n'a pas hésité un instant à couper des têtes au nom de la vérité civique des Droits de l'homme, en 1789. On n'a pas non plus hésité un instant, durant tout le Moyen Age et même après, à inciter l'esclavage des noirs parce qu'on croyait qu'ils n'avaient pas d'âme ou à brûler vif des hommes et des femmes accusés de sorcellerie au nom de la vérité religieuse. Et encore aujourd'hui on n'hésite pas un instant à électrocuter des gens au nom de la vérité judiciaire ; ou à entretenir et aggraver la pauvreté dans beaucoup de pays du tiers monde, au nom de la vérité économique et des lois du marché.

Et si, au fond, toute vérité n'était pas bonne à dire ?!

Non pas seulement parce que que la personne n'est pas prête à l'entendre ; comme l'annonce l'évangile de ce matin : « À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : ''J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l"instant vous n'avez pas la force de les porter.'' » (Jn.16,12). Je ne pense pas seulement à cette situation.

Mais toute vérité n'est pas bonne à dire aussi du fait que peut-être nous ne sommes pas prêts nous-mêmes, à la dire !

Je pense par exemple à cet autre passage de l'évangile où Jésus dira de lui : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn.14,6). Pourquoi ne s'est-il pas contenté de dire qu'il était la vérité ? Pourquoi a-t-il du ajouter qu'il était aussi le chemin et la vie ?

Peut-être pour nous apprendre que toute vérité, si elle n'est pas dite avec amour et si elle n'ouvre pas devant la personne qui l'entend un chemin d'espérance et de croissance, peut devenir une arme redoutable. Et les gens ne sont pas dupes ; ils le sentiront tout de suite si nous leur balançons leur ''4 vérités'' pour les blesser ou parce qu'elles nous dérangent et que nous voudrions les voir changer. Ils sentiront si au contraire, ce que nous disons, nous le disons par amour pour elles, pour leur donner le choix d'utiliser ces informations comme une occasion de croissance humaine et spirituelle.

Mais alors, comment savoir si dans ce que nous faisons et dans ce que nous disons, nous nous rapprochons de la vérité ou si nous sommes en train de nous en éloigner ?

Je crois que plus nous avancerons vers la vérité, moins nous aurons besoin de juger les personnes qui nous entourent. Regardons le Christ lui-même : il était le seul en droit de juger qui que ce soit, et c'est justement lui qui a dit qu'il n'était pas venu juger le monde mais le sauver.

Et si la communion que nous mettons en valeur par cette fête de la Trinité était de cet ordre là : sauver par amour, au nom de la vérité, plutôt que d'interpréter et de juger au nom de nos opinions, nos croyances et nos vérités du moment... ?!

Je nous souhaite à tous une bonne fête de la Sainte Trinité.

Abbé Pietro CASTRONOVO - Vicaire de Saint-Martin