Nous avons le plaisir de vous communiquer le lien vers la vidéo du spectacle « En Chemin » à l'église Saint-Martin sur YouTube (version complète - 1h10)
Homélie du dimanche 19 mai 2013 - Pentecôte PDF Imprimer Email
Année 2013

Dans notre vie de chrétien, l'Esprit saint n'est-il pas souvent le grand oublié ? Dans le ronron des occupations quotidiennes, une semaine passe très vite sans qu'on ait le temps de penser à lui. Et pourtant, aujourd'hui comme au jour de la Pentecôte, l'Esprit Saint est prêt à surgir, à temps et à contre temps, pour nous arracher à la pesanteur de nos tracas quotidiens. Il l'a fait et continuera de le faire pour l'Eglise. Il le fera pour chacun de nous à condition que nous nous  placions en état de réceptivité. Peut-être faudrait-il commencer par faire taire les bruits du dehors pour s'enfermer dans sa chambre comme les apôtres. Surtout, comme les apôtres, il est essentiel de prier, de prier, il est essentiel d'appeler la venue de l'Esprit comme nous appelions la venue de Jésus à Noël. Nous savons que l'attente des apôtres a été récompensée car l'attendu, l'Esprit Saint s'est manifesté. Ce qui va les pousser à aller témoigner le Christ car ils ont avec eux le Défenseur dit l'Evangile, celui qui sera à leurs côtés dans les turbulences qui les attendent et leur suggèrera les paroles et les comportements opportuns.

Chers frères et sœurs, dans tous les siècles, le Saint Esprit s'est manifesté au monde. Il a bouleversé les cœurs de bonne volonté qui n'avaient pas encore perçu la lumière de la foi. De Saint Paul, littéralement foudroyé sur le chemin de Damas, à Blaise Pascal, de Paul Claudel à la petite Thérèse, de Jacques Lebreton à André Frossard. En effet, pour Blaise pascal, c'est le lundi 23 Novembre 1654, à 10 heures et demie  du soir qu'il a la certitude de l'existence du Dieu de Jésus Christ ; il griffonne alors ces mots : «  certitude, certitude, sentiment, joie, paix, je t'ai connu. Joie, Joie, Joie, Joie, pleurs de joie ». Paul Claudel de son côté, appréciant la beauté de Notre Dame le 25 décembre 1886, se trouve vivre soudain l'événement qui domina ensuite toute sa vie : «  En un instant, mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d'une telle force d'adhésion, d'un tel soulèvement de mon être, d'une telle certitude ne laissant place à aucun doute que depuis, tous les livres, tous les raisonnements n'ont pas ébranler ma foi ». Jacques Lebreton, foudroyé par une grenade qui lui enlève ses yeux et ses mains, trouve Dieu sur son lit d'hôpital. Mais pour l'abandonner bientôt, avant de le redécouvrir, dans une deuxième conversion : «  Il a fallu, disait-il, que je lâche Dieu pour découvrir son véritable visage, le visage du vrai Dieu miséricordieux ».

Chers frères et sœurs, l'Esprit saint est toujours à l'œuvre. Un jour ou l'autre, il frappe ou frappera à notre porte. Il nous bouscule soit par des conversions éclairs, une illumination soudaine, une clarté forte qui ouvre des horizons nouveaux et donne sens à tout, une joie indescriptible, soit par une lente évolution où, progressivement, les brumes du doute se dissipent. Le Saint Esprit, longtemps oublie doit revenir en force dans nos vies car son action ne s'est pas arrêtée à cette irruption spectaculaire dans le cénacle des apôtres. L'Esprit est à l'œuvre partout, dans l'Église et hors d'elle. A nous de repérer sa présence à travers les signes les plus simples de notre vie. Il est l'Esprit d'unité. Il fait lever les artisans de Paix, là où règne la division : ce sont les « Nobels de la paix » connu et non connu. Il est l'Esprit de vérité, qui souffle des paroles aux prédicateurs de la Bonne Nouvelle. Il parle au fond de nos cœurs. Il est aussi l'Esprit de force qui donne le courage à tant d'hommes et de femmes le courage pour défendre la justice, mais aussi la force d'être témoins dans le monde. Il est l'Esprit d'amour : il a fait germer la vie, puis l'intelligence qui a humanisé notre terre. Il poursuit l'objectif  final du plan divin : mettre l'amour au cœur des humains, le respect des différences, l'esprit démocratique, le souci d'une justice sociale, l'attention aux déshérités.

En ce jour de pentecôte, ne contristons pas l'Esprit, ouvrons lui nos cœurs car c'est lui, nous dit l'évangile : « Le défenseur » « c'est lui qui nous enseignera tout » et c'est lui qui nous « fera souvenir de tout ce que Jésus nous a dit ».

Viens Esprit Saint ne tarde pas, viens renouveler nos, viens renouveler la face de la terre.

Abbé Arnaud Ngouédi - Vicaire à Saint-Martin