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''Informez en vérité'', voilà le thème de la prochaine campagne des médias catholiques. Les médias d'Eglise aideront tout spécialement la radio RCF et Cathobel. Les collectes sont programmées pour le dimanche 30 septembre mais c'est tout au long de l'année que les médias ont besoin d'être soutenus.

Homélie du dimanche 7 avril 2013 PDF Imprimer Email
Année 2013

Frères et sœurs, Jésus dit : « heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru ! ». Et nous voilà tous concernés !! Je ne connais certainement pas tout de vos vies spirituelles, mais je ne pense pas trop m'avancer en disant qu'aucun d'entre vous n'a rencontré Jésus lui-même ! Pourtant, si vous êtes là, c'est que la foi vous porte, qu'elle vous conduit à vous rassembler. Heureux donc êtes-vous, qui, sans avoir vu avez cru !!

On a fait à Thomas une solide réputation. Dans d'autres passages de l'évangile, on montre qu'il comprend toujours à retardement et qu'il a besoin d'explications. Mais voir en lui un rationaliste avant l'heure qui ne croit que ce qu'il voit relève de la caricature. Le récit que nous venons de proclamer raconte comment il est devenu croyant. Parce qu'il était absent lors de manifestation du Christ, Thomas n'a pu rencontrer le ressuscité et il doit faire confiance au témoignage des Douze qui lui disent : « Nous avons vu le Seigneur ». Thomas refuse de fonder sa foi sur l'expérience d'autrui. Il veut fonder sa foi sur sa propre expérience, directement et sans médiation. Ensuite, Thomas cherche une preuve tangible qui confirmerait ce qu'il a entendu : Il veut voir et toucher. Il veut s'assurer que ce qu'ont vu les Douze est bien le crucifié, à nouveau vivant, et qu'ils ne sont pas victimes d'une hallucination collective. Enfin, si au début de sa rencontre avec le Ressuscité le doute de Thomas est bien réel, très vite, il passe du voir au croire. Il faut savoir que voir et croire ne s'opposent jamais chez Jean. Il faut voir pour croire (le disciple bien-aimé au tombeau) et il faut croire pour voir (l'aveugle né). De là nous constatons que la confession de foi de Thomas est sans équivalent dans les récits de la Résurrection : "mon Seigneur et mon Dieu !". Elle est une démarche profondément personnelle. Ce qu'il confesse va bien au-delà de ce qu'il constate (il n'est d'ailleurs pas dit que Thomas touche les plaies de Jésus). Autre est ce qu'il a vu, autre est ce qu'il a cru. Comme Thomas, il faut être croyant là précisément où nous sommes incroyants. En fin de compte, pour Saint Jean, il y a deux voies d'accès au Christ ressuscité : Celle des Douze et de Thomas qui identifièrent le Ressuscité avec le crucifié et qui, dans la force de l'Esprit ont rendu témoignage de leur expérience et qui nous ont transmis les signes que Jésus a fait afin que nous croyions que Jésus est le Messie, le fils de Dieu. L'autre voie c'est la nôtre dont la foi en la résurrection repose sur les témoignages des premiers témoins et qui « croient sans avoir vu », mais à qui il appartient de manifester à ce monde la puissance de la Résurrection.  Pour nous aider dans cette mission, deux mots de cet Évangile retiendront notre attention : verrouillés et envoyés. Sommes-nous, nous aussi, les chrétiens verrouillés de la foi ? Ou sommes-nous les témoins audacieux qui se savent les envoyés du Seigneur ? Les apôtres sont cadenassés, verrouillés, enfermés à double tour, retranchés, barricadés : ils ont peur. C'est vrai que ce n'est pas toujours facile d'être un chrétien dans notre monde mais c'est en Jésus qu'il vous faut marcher, enracinés et fondés dans la foi. Le Christ, en ces jours de Pâques, ne nous dit pas de nous verrouiller, cadenasser dans nos abris bétonnés. Il envoie ses apôtres en mission. Quittons donc nos sécurités et nos peurs et soyons des envoyés : devenons  des porteurs de paix comme le Seigneur lui-même l'a dit : la paix soit avec vous. Ce souhait du Christ, chaque chrétien en est porteur pour ses frères. Dans un monde qui sait qu'il ne trouvera pas la solution à ses problèmes dans la science ou l'économie de marché, dans l'habileté d'un politique ou les plus impressionnantes des manifestations, les chrétiens savent que ce qui fonde l'espérance, c'est la foi en quelqu'un, en ce Christ ressuscité, seul capable de changer les cœurs, et de nous donner la paix.

Frères et sœurs : « heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru ! ». A cette interpellation, puissions-nous tous sortir de nos peurs pour répondre avec autant de conviction que Thomas : Mon Seigneur et mon Dieu !! Et soyons des missionnaires de la paix du Christ. Amen.

Abbé Arnaud NGOUÉDI - Vicaire à Saint-Martin