MARCHE DE NOEL du 8 au 10 décembre

Place Léopold ARLON

Comme chaque la restauration est assurée par les Service Clubs de la région et la paroisse St-Martin au profit d'associations de la région.

La paroisse vendra des crêpes. Si vous voulez nous aider  merci de contacter Dominique Mayon

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Homélie du dimanche 24 février 2013 - 2ème dimanche de Carême PDF Imprimer Email
Année 2013
1ère lecture : du livre de la Genèse (15,5-12.17-18)

2ème lecture : de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens (3,17-4,1)
Evangile : selon saint Luc (9,28b-36)

« Pendant que Jésus priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d'une blancheur éclatante » Lc.9,29. Mathieu arrivera même à dire que le visage du Christ resplendissait comme le Soleil !

Face à une telle description, comment ne pas penser tout de suite à toutes ces couverture de magazines qui nous imposent des hommes et des femmes à l'image parfaite.

Vous avez déjà été chez le coiffeur, n'est-ce pas ?! Tu es sensé ressortir de là avec une meilleure image de toi. Et non ! Non pas que le coiffeur t'ait raté, mais c'est parce que tu es tombé sous le charme de tous ces magazines étalés sur la table basse. Qui ne les a pas déjà feuilletés, au moins une fois dans sa vie ?! Une vraie torture de Carême ! Le jeûne n'est rien en comparaison.

Tu les feuillettes, innocemment, et en quelques minutes, après avoir regardé tous ces corps parfaits, tu te sens un véritable ‘‘brouillon'', pour rester poli ! Et si tu ne les refermes pas assez vite, parce qu'on te le dis pas mais il y a un temps limite de sécurité, ensuite tu te sens presque le devoir de t'excuser au monde entier si tu n'as plus tous tes cheveux ou si ton sourire n'est pas blanc métallisé. Sans parler des abdos sculptés de tous ces mannequins. De vraies tablettes de chocolat. Toi tu te regardes dans le miroir et tu les as aussi ces tablettes ; la différence, c'est que les tiennes ont fondues !

Et pour ce qui concerne les femmes, personnellement je n'en ai pas encore connue beaucoup qui se trouvent parfaites telles qu'elles sont. Parmi celles que je rencontre, certaines luttent encore contre leur image, tandis que la plupart ont fini par se résigner. Tu les entends parler entre elles, elles n'ont jamais la bonne taille, jamais les bonnes mesures. Quand elles sont encore jeunes, elles se trouvent trop plates, avec pas assez de formes. Elles ont peur que les garçons ne les regardent pas. Ensuite, quand elle grandissent, elles prennent finalement des courbes. Mais plutôt qu'en être toutes contentes, elles se plaignent encore, parce que finalement toutes ces courbes ne sont jamais au bon endroit !

Mais ce qui tue, dans ces magazines, c'est le culte du charme, du ‘‘Sex appeal'' comme disent les américains. Toi tu rentres chez toi et ce n'est pas du ‘‘appeal'' que tu trouves, mais du ‘‘à poil'' ; et parfois à long poil, partout. Et tu en veux quelque part à ton mari ou à ta femme, parce qu'après avoir feuilleté toutes ces revues, tu te sens roulé sur la ‘‘marchandise''. En tous les cas, heureusement que pour survivre à ce désespoir, on a tous à disposition ce bon vieux remède qui dit : « Lorsque je me regarde, je me désole, mais quand je me compare qu'est-ce que je me console ! ».

Reconnaissons que nous sommes tous, qu'on le veuille ou pas, submergés par cette culture de l'image, du paraître. Il suffit de voir dans nos budgets combien nous dépensons chaque année en produits de beauté, pour entretenir ou restaurer nos ‘‘façades''.

C'est justement de beauté que le Seigneur veut nous parler ce dimanche, par cet évangile sur la Transfiguration.

Il faut déjà comprendre une chose : la vraie beauté est une beauté qui jaillit de l'intérieur, et non pas l'inverse. Aucun produit de beauté, aucun lifting ne pourra jamais remplacer en effet une telle beauté. C'est bien cette forme de beauté qui illumine le regard et qui transfigure le visage.

Mais la grande tentation, c'est de croire que pour arriver à dégager une telle beauté, il faut d'abord enlever de notre vie toute forme de tension, toute occasion de stress, tout conflit, tout soucis. On croit souvent en effet que c'est lorsqu'on sera ‘‘zen'' que notre regard pourra enfin être plein de lumière et notre visage détendu.

Et bien, c'est faux ! La beauté est le fruit d'une profonde paix intérieure, là où pour paix il ne faut pas entendre l'absence de soucis, mais plutôt la conscience ferme d'être à notre place, là où le Seigneur nous attendait.

Revenons à l'évangile de ce dimanche, par exemple. A un moment donné il est dit : « Moïse et Elie parlaient (à Jésus) de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem » Lc.9, ....... Le Christ est très conscient que s'il va à Jérusalem, il sera crucifié. Mais il sait aussi, et Moïse et Elie sont là pour le lui confirmer, que c'est la volonté de Dieu : qu'il aime le monde par le don total de lui-même sur la croix. Voilà pourquoi, c'est à partir du moment où il choisit de rentrer dans la volonté de Dieu que son visage devient radieux.

Comprenons que ce sont les choix du Christ, cette conscience profonde que Dieu est présent dans l'histoire qu'il vit, qui font toute sa beauté. Voilà pourquoi je vous ai déjà dit un jour que la beauté de l'orchidée la plus rare ou du diamant le plus grand n'a rien à voir avec la beauté que peut acquérir l'homme. Parce que l'orchidée comme le diamant n'ont pas le choix d'être différents de ce qu'ils sont. Ils ne prennent aucun risque, tandis que l'homme par ses choix assume un risque énorme, celui de faire de sa vie un chef-d'œuvre magnifique ou un brouillon horrible. C'est ce risque, lié à ses choix, qui fait toute la beauté de l'homme.

Mais pour savoir quelle est notre place dans la vie, pour savoir si nous sommes en train de faire la volonté de Dieu, là, il n'y a que la prière : « Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il alla sur la montagne pour prier. Pendant qu'il priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d'une blancheur éclatante » Lc.9,28-29

Je termine alors sur une pensée du cardinal Suenens, à propos de la prière. Il semble qu'il ait dit un jour que prier beaucoup ce n'est pas prier jusqu'à ce que Dieu entende notre volonté, mais c'est plutôt prier jusqu'à ce que nous entendions la volonté de Dieu.

Alors, en ce temps de Carême prions beaucoup, c'est-à-dire demandons au Seigneur le discernement pour comprendre le dessein qu'il a sur nous, sur notre vie, et demandons lui aussi la force d'y rentrer. C'est alors qu'on sera vraiment en paix et que notre regard sera enfin lumineux.

Enfin, que nous puissions tous devenir, le plus tôt possible, des hommes et des femmes au regard transfiguré ! Voilà mon souhait pour vous et pour moi en ce pèlerinage vers Pâques.

Abbé Pietro CASTRONOVO - Vicaire à Saint-Martin