Jusqu'au 18 août, le secrétariat paroissial ne sera ouvert que les mardis et vendredis matin.

Le CDD d'Arlon est fermé jusqu'au 5 août

Homélie de la messe de minuit PDF Imprimer Email
Année 2011
Messe de Minuit du 25.12.2011
La nuit de Noël 2008, il y a 3 ans de cela, je me souviens, avoir commencé mon homélie par cette question : "Sommes-nous des naïfs ou des provocateurs en osant souhaiter «Joyeux Noël» à notre monde" lançant ces mots à la cantonade au terme d'une année marquée par une crise financière et économique qui en avait touché plous d'un .... Nuit de Noël 2011, .... Je  crois que l'on peut toujours remettre le couvert. L'inquiétude est plus grande encore !
« Joyeux Noël !» .... Ces deux mots, parfois vite dits, rejoignent en effet les uns et les autres dans leur vécu et leur contexte social ambiant, un vécu fait de joies et de peines, d'inquiétudes et parfois même de drames, personnels, familiaux, sociétaires. Dieu sait, si aujourd'hui, la crise mondiale que nous traversons et qui touche tout autant le monde financier que politique ou social mais qui est aussi une crise morale et spirituelle, celle situation de crise doit nous rendre à la fois lucides, réalistes, vigilants, « indignés » - si nécessaire - et solidaires ! Bien des certitudes dogmatiques sur la toute puissance de l'argent et de l'économie volent, en ce moment, en éclats et nous obligent à nous reposer des questions fondamentales.
Mais par quel bout commencer ? On peut, sans doute, comme nos dirigeants, imaginer des plans de sauvetage .... Mais, en cette nuit de la nativité, je pense qu'il faudrait mieux se demander en quelle promesse nous voulons croire. Quelle vérité  voulons-nous entendre ? Qui est notre dieu ? L'argent ? le rendement ? ou alors ce Dieu déroutant, fragile comme un petit enfant né sur la paille, ce Dieu qui n'a de toute puissance que celle de l'amour ?
Frères et sœurs, mes amis, si nous avons le courage de regarder la vérité en face, rarement autant que cette année, la fête de la Nativité de l'Enfant de Bethléem ne vient interpeler notre vécu et le vécu du monde.
« Le peuple qui marchait dans les ténèbres, vient de nous rappeler le prophète Isaïe, a vu se lever une grande lumière ». Le pouvoir de l'enfant qui vient, ajouter le prophète « sera solidement établi sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours ». Cette espérance, elle veut prendre racines dans « le Verbe s'est fait chair et il a établi sa tente parmi nous » nous dit l'admirable première page de l'Évangile de Jésus qui exprime, à sa façon, le mystère de l'incarnation. Dieu a parlé, Dieu parle ! En nous donnant son fils, il nous donne une parole de vérité et de vie qui vient déchirer le voile qui cache nos mensonges, nos lâchetés et nos magouilles, une Parole d'Amour qui dénonce nos recherches de petits bonheurs égoïstes et éphémères, nos courses au fric et à la consommation.
« Seuls des bergers dans les campagnes de Bethléem - dit l'évangile de Luc - ont reconnu dans l'enfant pauvre de la crèche, l'enfant de la promesse ».
Et le prologue de Jean le dit encore à sa façon : « Le Verbe est la vraie lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde ... mais le monde ne l'a pas reconnu. Il est venu chez les siens et les siens le l'ont pas reçu. »
Quel réalisme dans ces mots qui nous remettent tous en question.
Au-delà d'une religion affective et superficielle à laquelle on a recours quand cela nous arrange, le christianisme est une formidable force de contestation, d'indignation (pour reprendre le mot du moment)  et de conversion.
Ce que Jésus vient apporter au monde, c'est la vraie Vie, celle qui a même le pouvoir de traverser la mort mais qui doit s'incarner dès aujourd'hui dans un combat permanent pour que naisse « la civilisation de l'Amour » !
A Noël, l'Église joue les trouble-fête en apportant une Parole tout à la fois de tendresse et de force, pacifiante et dérangeante. Noël, c'est Dieu qui offre à l'homme le salut. Ce salut, c'est quelqu'un : Jésus, l'Enfant de la crèche et le Ressuscité de Pâques. Ce quelqu'un, acceptons-nous de l'accueillir et d'entendre sa parole ?
Je vous souhaite à tous, mes amis, de ne pas rater la chance de cette rencontre.
Alors, Joyeux Noël !
Jean-Marie Jadot