Grande récolte de dictionnaires français et anglais
et de manuels de sciences, physique, chimie, biologie, menuiserie et électricité.

À déposer à la librairie du CDD, rue de Bastogne 46 (Arlon)

Ils seront redistribués aux élèves de Lokolama (Congo).

Merci pour eux !

Homélie du mercredi 2 novembre 2011 - Jour des morts PDF Imprimer Email
Année 2011

« Pourtant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux ». Lc.10,20

Si nous sommes ici, ce matin, c'est parce que nous portons tous, inscrits au plus profond de nous-mêmes, des noms, des prénoms. Ces prénoms ont marqués notre vie et peut-être qu'ils résonnent en nous, encore aujourd'hui, d'une manière tout à fait particulière. Nous le verrons tout à l'heure, lorsque nous proclamerons ensemble une partie de ces noms, celle de ceux qui nous ont quittés cette année-ci.

Certains d'entre eux n'ont fait que traverser notre vie; l'effleurer, plus ou moins rapidement. D'autres l'ont partagé avec nous plus longtemps et plus en profondeur. En tous cas, on ne saurait pas rester ‘‘spectateurs'' de la mort d'un ami, d'un proche. Qu'on le veuille ou pas en effet, en nous quittant ces personnes partent toujours avec une partie de nous-mêmes. De là, souvent le sentiment qu'à chaque départ c'est toute une partie de notre histoire qui se retrouve entre parenthèses; toute une partie de notre vie qui nous est pratiquement enlevée, quasi arrachée.

Et c'est justement quand quelqu'un laisse en nous un vide, un creux profond, que le silence risque de s'y installer et d'y résonner d'une manière parfois insupportable. Si nous ne faisons pas attention, il peut même arriver à occuper toute la place, à tel point que tout ce qui ne serait pas de l'ordre du silence nous le ressentirons comme du ''bruit'', comme une violence subie. Et on peut se retrouver très rapidement, avant même qu'on s'en aperçoive, repliés sur nous-mêmes, coupés de tout désir de vivre, ou du moins, coupés de tout désir de ''survivre'' à cette personne. Elle est morte, et toute une partie de nous semble être morte avec elle. Même en le voulant, nous ne pourrions pas imaginer les choses autrement.

Mais le Seigneur, ce matin, voudrait venir briser cette chape de silence, d'absence, qui pèse sur notre âme. Et cela par une parole libératrice: « Réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux ».

Si c'est vrai que c'est dans un contexte bien précis que le Christ a prononcé ces mots, c'est vrai aussi que ce matin ces mêmes mots nous renvoient à un autre type de réflexion: si des personnes que nous avons aimé ou apprécié, plus ou moins intensément, sont montées au ciel en portant avec elles une partie de nous-mêmes, une parcelle de notre cœur, alors cela veut dire que nous aussi, quelque part, nous l'habitons déjà, avec elles, ce ciel. Par la présence de cette personne, le ciel nous est, du coup, beaucoup moins distant, beaucoup moins étranger.

Si notre nom est inscrit dans le cœur de cette personne, autant que le sien dans le notre, alors cette phrase du Christ: « vos noms sont inscrits dans les cieux » prend toute un autre sens à nos yeux. La mort d'un proche, d'un ami, arrête de n'être que séparation, déchirure, rupture ou absence; elle peut, de lors, devenir l'occasion de lancer un pont entre la terre et le ciel. La distance entre elle et nous n'est plus, désormais, qu'une question de ‘‘battements de cœur''. Là, en effet, où l'absence de corps nous sépare, la présence de cœur, la présence de l'un à l'autre, nous relie. Et ce nom, cette identité qu'elle avait à nos yeux, cette identité que nous avions à ses yeux, en est le symbole.

Alors, prier pour nos défunts, ce matin, les nommer et leur allumer une bougie c'est leur témoigner que leur nom continu à résonner en nous comme le notre continu à résonner en eux. Et Dieu lui-même se porte garant de cette présence: « Réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux » !

Abbé Pietro CASTRONOVO - Vicaire à Saint-Martin