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Homélie de la Toussaint 2011 PDF Imprimer Email
Année 2011

1ère lecture : de l'Apocalypse de saint Jean (7,2-4.9-14)
2ème lecture : de la première lettre de saint Jean (3,1-3)
Evangile : selon saint Matthieu (5,1-12a)

Au seuil de l'hiver l'Eglise nous propose de fêter la gloire des hommes et des femmes qui ont quitté ce monde et vivent de la gloire de Dieu. C'est dans la joie donc que nous fêtons tous les saints dont nous croyons qu'ils vivent désormais près de Dieu et où ils intercèdent pour nous.  En fêtant tous les saints, l'Eglise nous invite pour ainsi dire  à vivre dans l'espérance du renouveau par-delà la mort. Elle veut aussi nous rendre conscients non seulement de notre solidarité avec tous ceux qui sont entrés dans le monde invisible, mais aussi du fait que « la sainteté est possible ».

Les rationalistes et les sceptiques n'hésiteraient pas à se demander si les morts sont encore vivants. Y a-t-il des preuves probantes à donner ? La question est réelle et très embarrassante. Mais, ce qui motive notre prière, c'est notre foi en la résurrection. La foi en la résurrection est vraiment au cœur de l'espérance chrétienne. Jésus dit de son Père : « Il n'est pas le Dieu des morts mais des vivants. ». Au matin de Pâques, les femmes n'ont trouvé qu'un tombeau vide. Personne n'a assisté à la sortie de Jésus de son tombeau ni à sa résurrection. Personne ne sait ce qui s'est passé entre la mise au tombeau et le matin de Pâques. Les évangiles nous rapportent seulement les apparitions de Jésus ressuscité aux uns et aux autres dans les jours qui ont suivi « le premier jour de la semaine. » Des femmes ont été les premières à témoigner par leur parole du tombeau vide et de l'absence de celui qu'elles avaient accompagné sur les routes de Palestine. Elles ont été les premières messagères de la victoire de Jésus. Un ange les avait chargées de retourner à Jérusalem pour annoncer cette bonne nouvelle : « Il est vivant, il a vaincu la mort ».

Notre foi en la résurrection est donc fondée sur une parole. Si nous croyons, c'est parce que nous faisons confiance à cette parole. Depuis vingt siècles, cette parole a fait vivre des hommes, des femmes et des enfants. Beaucoup ont préféré mourir plutôt que de la renier en défendant la foi, la paix, la justice et l'unité entre les hommes. Ils font partie de ces saints connus et inconnus que nous célébrons. Nous y aspirons, nous aussi, chacun à sa manière. L'important c'est que nous ne cessions de faire confiance en celui qui a dit : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra éternellement. ».

Les textes choisis pour cette fête nous montrent deux foules : l'une, immense, que personne ne pouvait dénombrer, composée de toutes nations, races, peuples et langues (Ap 7, 2-4.9-14). C'est l'image de la multitude de tous ceux qui affluent au-delà de la mort, vers le Dieu qu'ils acclament ; l'autre est celle qui est regardée par le Christ. « Quand Jésus vit toute la foule qui le suivait, il gravit la montage» (Mt 5, 1-12). C'est la foule des vivants qui ont besoin de la Bonne Parole, la parole sûre. Entre ces deux perceptions de la foule se déploient les dimensions de la sainteté. Si nous voulons aspirer à la sainteté et envier le sort de ceux qui se tiennent devant Dieu, avec les palmes à la main, le chemin de la victoire passe par les joies et les peines de cette vie terrestre, au cœur d'une foule qui marche sur les chemins pierreux et difficile de la charité fraternelle et de la réconciliation.

En fait, pour accéder à la sainteté, le chrétien est appelé à reconnaitre et à trouver en Jésus-Christ la source de tout ce qui est bien, juste et beau dans la vie humaine. Voyons dans les béatitudes qu'il proclame non pas les principes théoriques de la vertu, mais un véritable appel à la sainteté, et donc à la conversion. Jésus nous dit ce qui est possible et réalisable dans la vie des hommes parce qu'il a lui-même guéri et consolé les pauvres tout en renonçant à un pouvoir facile. Il a fait l'expérience du bonheur de la douceur et de la paix, mais aussi de la calomnie, de l'injustice et de la contradiction. Pour aspirer à la sainteté, il faut finalement accepter d'être enfant de Dieu et incarner son amour. « Mes bien-aimés, voyez comme il est grand, l'amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu, et nous les sommes » (1Jn, 31-3)

Abbé Adolphe BONYANGA - Vicaire à Saint-Martin