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Homélie du dimanche 30 octobre 2011 PDF Imprimer Email
Année 2011

1ère lecture : du livre de Malachie (1,14b-2,1.2b.8-10)
2ème lecture : de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens (2,7b-9.13)
Evangile : selon saint Matthieu (23,1-12)

"Ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, ne donnez à personne sur terre le nom de père, ne vous faites pas appeler maîtres" ! Voilà encore une fois des paroles de Jésus qui ne sont pas enrobées de chocolat ! Si elles visaient explicitement les scribes et les pharisiens de son époque, on peut dire qu'elles ridiculisent et bousculent aussi la vanité et l'orgueil humains qui menacent bien des hommes qui exercent une quelconque autorité ! Hier comme aujourd'hui encore ! L'Eglise n'est pas à l'abri de tels dérapages ! Loin s'en faut !

C'est en effet très tentant de faire une transposition immédiate : "Ne vous faites pas appeler Monseigneur, Excellence, Eminence, Sa Sainteté ou Très Saint Père... ni même encore "mon Père" !"...avec des majuscules bien sûr !...

Soyons justes : depuis le concile Vatican II dont nous nous apprêtons à fêter l'an prochain le cinquantième anniversaire de son ouverture, des efforts de simplification et de correction évangélique ont été faits ! Ils ont le mérite d'exister, même si la tentation est toujours là d'user de ces titres ronflants et de voir resurgir des nostalgies et des déviances passéistes ! Cette tentation a été, de fait, l'une des tentations récurrentes et les plus difficiles à combattre tout au long de l'histoire de l'Eglise. C'est la tentation du pouvoir, qui devient très subtile et très dangereuse quand elle se pare des couleurs de la spiritualité !

Pourquoi Jésus insiste-t-il tellement ? Il le dit explicitement. "Ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n'avez qu'un seul enseignant, et vous êtes tous frères... Vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux." Voilà qui fonde notre commune dignité. Nous n'avons qu'une seule origine, l'amour créateur, un seul Père qui "ne fait point acception des personnes". Dès lors, pas moyen, avec Jésus, d'inventer des prétextes pour me dire supérieur aux autres, de dresser des barrières et de réclamer des privilèges. Oui, Dieu a bien des privilégiés, mais ce sont les petits, ceux qui sont méprisés par les autres hommes, rejetés en marge de la société ou même de l'Eglise. Parce que les pauvres ont besoin de recevoir davantage d'amour pour découvrir justement leur inaliénable dignité d'enfants de Dieu.

Dans notre Eglise elle-même, nous avons toujours des efforts à faire pour mieux prendre conscience de ce rappel de Vatican II et pour le mettre en pratique : en raison de l'amour premier de Dieu pour nous et de notre baptême, "il règne entre tous les fidèles (et le pape, les évêques et les prêtres sont avant tout des fidèles !) une égale dignité".

Bien sûr, dans toute société, y compris dans l'Eglise, il y a la nécessité d'une autorité. Mais Jésus a suffisamment répété à ses disciples que l'autorité qu'il leur confiait n'était pas une promotion sociale, encore moins une gloriole personnelle, mais uniquement un service pour aimer davantage et toujours faire naître et renaître la fraternité. "Vous êtes tous frères".

Lors des célébrations de funérailles, il m'arrive souvent de mettre en valeur cette image emblématique de Dieu et la vision qu'il nous donne de la Vie éternelle quand Jésus nous raconte qu'au soir de notre vie - si nous avons vécu ici-bas dans un bel esprit de service fraternel - nous serons alors époustouflés de découvrir le vrai visage de notre Dieu : il sera lui-même en tablier et c'est lui-même qui nous servira à la table de l'éternité !

(Homélie largement inspirée de la revue "Signes d'aujourd'hui" n°216)

Abbé Jean-Marie JADOT - Doyen de Saint-Martin